‹ Contribution à l'étude du Narcyl (Chlorhydrate d'Éthyl-narcéine) de ses effets chez les tuberculeuxChapitre 9 sur 42 · DEF LA MORPHINE · texte numérisé non relu

DEF LA MORPHINE

Parmi les nombreux principes de l'opium, la morphine constitue le plus important en quantité et en qualité. Cet alcaloïde a été découvert par Sertuerner, de Hanovre, en 1816.

Nous avons déjà mentionné la variabilité de son action chez les animaux d’une part, chez l’homme d'autre part ; celui-ci est de beaucoup le plus sensible à son influence et cette sensibilité extrème fait de la morphine l’alcaloïde soporifique le plus toxique pour l’homme. Ajoutons qu'à ce point de vue, il faut égalemen tenir compte, comme pour l’opium, de la susceptibilité au médicament particulière à chaque individualité, de l’âge (c’est ainsi que les enfants sont exlrèmement sensibles au opiacés), de l’accoutumance, elc., autant de considérations qui changent, selon les cas, son activité toxique.

Quant à ses effets sur l'économie, on sait tout d'abord qu'ils apparaissent plus ou moins rapidement, suivant la voie

foi

— 18 — | choisie pour son introduction dans l'organisme : c'est ainsi qu'ils se montrent cinq ou dix minutes après l'injection sous-cutanée , un quart d’heure à une demi-heure après l’ingestion. | LA

A un degré encore plus élevé que l’opium, la morphine porte son action sur les centres nerveux et en particulier sur l'encéphale; elle est considérée, à juste titre, comme le premier de la longue série des hypnotiques. Le sommeil qu'elle procure diffère de celui de l’opium en ce qu'il est plus profond, moins enchanté, en ce que le réveil est de beaucoup plus lourd. |

La moelle épinière ne paraît intéressée que secondairement, d’où l’éréthisme des réflexes au début de son action.

L'expérience ‘quotidienne nous dispense d’insister sur sa valeur analgésique.

L'appareil digestif est intéressé par la morphine, que celleci soit prise par le tissu cellulaire sous-eutané ou par la bouche. Le sujet accuse comme premier phénomène une sécheresse de la muqueuse buccale en même temps qu'une augmentation de la soif; mais le plus grand inconvénient de son usage est la diminution et même la perte totale de l'appétit et, en deuxième lieu, la production de nausées et de vomissements. Trousseau a constaté que ces derniers accidents sont plus fréquents chez la femme que chez l'homme, particu- Hèrement chez les femmes à lempérament nerveux. Au surplus, on observe de la lenteur et de l'imperfection des digestions. À doses thérapeutiques moyennes, les nerfs de l'intestin, comme tous les autres nerfs, passagèrement excités tout d'abord, sont maîtrisés rapidement, d'où abaissement des mouvements péristaltiques et calme complet de l'organe, ce qui, jomt à une diminution des sécrétions, donne la clef de la conslipalion observée après l’usage de la morphine.

S'il est bien admis que les sécrétions intestinales diminuent

sous l'influence de la morphine, les autres sécrétions parais-

sent éprouver des modifications assez variables : l'atténuation ou la cessation de la sécrétion salivaire est la règle dans le morphinisme aigü ou chronique; d'autre part, dans la majorité des cas, on observe de l'hypersécrétion sudorale, ce qui explique l’abaissement ordinaire de la sécrétion urinaire. - En même lemps que cette diaphorèse, les sujets accusent du côté de la peau une sensation de chaleur et quelquefois

même le tégument externe est le siège de démangeaisons,

plus rarement de véritables exanthèmes. |

Sous l'influence de la morphine, la pupille se rétrécitet son degré de resserrement représente, jusqu'à un certain point, la mesure du narcotisme.

Injectée sous la peau, la morphine produit rapidement

une accélération du pouls, une légère augmentation de la température en même temps qu'une fréquence plus grande des mouvements respiratoires. Ces effets durent fort peu et sont rapidement suivis de l’état normal ou d'une légère diminution du pouls et de la température ; ce dernier résultat est d’ailleurs observé d'emblée lorsque le médicament est pris par la voie digestive, à cause de son absorption lente dans ce cas.

Les échanges -organiques chez l’homme sont ralentis sous l'influence de la morphine, d’après Nothnagel et Rossbach ; au contraire Fubini, à la suite de ses recherches, regarde les alcaloïdes de l’opium comme des agents de désassimilation.

« En résumé, dit Rabuteau, la morphine est plus soporifique que la narcéine, chez l’homme ; elle est anexosmotique et analgésique : mais ces avantages sont compensés par des inconvénients que les autres alcaloïdes ne produisent pas ou ne déterminent qu'à un moindre degré, tels que la perte de l'appétit, les nausées et même les vomissements ».

00 | Ajoutons que pour l’homme, elle conslilue l’alcaloïde de l'opium le plus toxique parmi les modérateurs réflexes.

DE LA CODÉINE

La codéine représente, avons-nous vu, le terme de passage entre les principes modérateurs réflexes et les principes convulsivants de l’opium.

Elle possède une vertu somnifère ; le sommeil qu’elle provoque est de beaucoup moins profond que celui de l'opium et de la morphine : endormis, les animaux répondent plus aisément aux influences extérieures ; le réveil codéique ne donne point lieu à l’hébétude du réveil morphéique.

Chez l'homme, 0 gr. 10 provoqueraient le sommeil (Barbier, d'Amiens, Gubler, Fonssagrives. etc.), mais au bout de, trois à quatre heures on voit apparaître, de même que chez les animaux, des tremblements intenses et persistants. Pour Rabuteau, la codéine ne serait pas soporifique aux doses de 5 à 15 centigrammes ; peut-être, ajoute l’auteur, le devientelle aux doses supérieures.

La sensibilité générale et spéciale est de beaucoup moins émoussée que par la morphine et la narcéine.

Les fonctions digestives ne sont point troublées. Elle n’est point anexosmolique ; la quantité des urines n’est pasmodifiée, d’après Rabuteau.

Des expériences de Laborde, il résulte que la codéine fait contracter la pupille, mais que cette action est primitive et ne tarde pas à être remplacée par de la mydriase. Cet auteur insiste sur celte dilatation pupillaire comme signe prémonitoire du développement des effets toxiques et convulsifs ; cette dilatation croît et se prononce de plus en plus, durant la période convulsive des accidents.

LE

ppareil respiratoire.

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