AU VUS
moins parfaite de ces galeries où l'air pénètre difficilement à cause de leur étroitesse ou de leur obliquité. Non, répond M. Dransart, il y a plus de nystagmus dans ce cas, parce que le mineur, gêné dans ces boyaux exigus, est obligé de prendre des attitudes forcées, incommodes, de fatiguer sa musculalure oculaire, souvent même de travailler couché, le regard levé en l’air, le globe oculaire tiraillé par les élévateurs et les droits externe et interne.
Et M. Romiée, assez rationnellement du reste, fait remarquer que, dans les galeries étroites, l’aération est insuffisante, les gaz inflammables plus nombreux par conséquent et par suite l'emploi de la lampe de sûreté indispensable : c’est elle le grand coupable.
Mêmes divergences d'opinions dans la fréquence relative du nystagmus dans les galeries éclairées par des lampes de sûreté ou par des lampes à feu nu. Nous avons vu tout à l'heure en étudiant la théorie de M. Romiée.
Les chiffres donnés par les uns sont discutés par les autres : l'interprétation des statistiques est variée.
L'accord est donc loin d’être fait sur cette question pleine d'intérêt, et il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, dé se faire une idée juste et exacte de la pathogénie du nystagmus essentiel, à la seule lecture des nombreux travaux que nous venons de passer en revue. Tous sont approfondis, bien documentés ; leurs auteurs sont des médecins miniers qui, dans une longue et intelligente pratique hospitalière, ont vu défiler devant eux une quantité considérable de houilleurs : ce sont des ophtalmologistes distingués, avec titres à l'appui ; léurs opinions sont empreintes de la plus parfaite bonne foi, mais elles s’infirment les unes les autres, se combattent victorieusement entre