‹ Contribution à l'Étude du Nystagmus des MineursChapitre 9 sur 28 · SOC · texte numérisé non relu

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elles par des arguments, qui, pris isolément, semblent indiseutables, mais qui, placés en face les uns des autres se contredisent et se détruisent : témoin, les longues diseussions entre MM. Dransart et Romiée.

Entre toutes ces théories, nous n’en préférerons aucune, tout en les acceptant toutes, considérant que toutes peuvent avoir une importance dans la genèse du nystagmus des mineurs. Mais, pour nous, un facteur important existe dans cette genèse, c'est un trouble de la réfraction, une affection de l’œil ou bien essentielle, ou symptomatique d’une affection nerveuse à son début. Cette opinion nous a été inspirée par les faits que nous avons vus, parles cas qu’il nous à été donné d'examiner.

Nous ne prétendons pas effacer, du langage médical, l'affection intitulée #ystagmus des mineurs. Nul doute que, chez ceux-ci, il n'existe beaucoup plus fréquemment que dans toute autre profession. Le houilleur, quelle que soit la variété de son travail, se trouve dans les conditions les plus propres à lui faire contracter du nystagmus. Les causes de fatigue oculaires sont multipliées dans son travail : il est mal éclairé, même par les lampes à feu nu; souvent la position de son regard est forcée; il est obligé de faire des efforts d’accommodation variés ; ses yeux sont irrités par les poussières et les gaz délétères qui l’environnent. D'autre part, il fournit un travail relaüvement long, pénible ; il se trouve exposé à de nombreuses causes d’affaiblissement : fatigue musculaire intense, vie dans l’obseurité, hygiène défectueuse, habitudes alcooliques indispensables, peut-être même intoxication lente par les gaz nocifs : toutes causes concourant à cet état d’anémie si fréquent chez les mineurs que

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certains ont voulu en faire une anémie essentielle, mais qui, en somme, n’est que le résultat de toutes les causes débilitantes qui environnent l’ouvrier houilleur.

Mais, répétons-nous, quand ces causes multiples se jugent par un nystagmus, souvent on trouve un trouble des milieux réfringents de l'œil, une affection de la vue soit essentielle, soit symptomatique d’une affection nerveuse le plus souvent au début et qui, par cela même qu’elle débute, passe souvent inaperçue. Cest sur ces cas que nous voulons attirer l'attention des observateurs.

On objectera la curabilité du nystagmus par le repos, la vie au grand air. Dans nombre de cas, le nystagmus grave résiste à toutes les médications, condamnant l’ouvrier à l’inaction ou à prendre un autre métier. Dans les cas favorables, lorsqu'il se repose, le mineur, par la même occasion, soigne ses yeux, souvent il va consulter le médecin qui examine l'œil et trouve la lésion qu'il s’empresse de corriger.

Il est indiscutable que le maximum de nystagmiques se rencontre chez les ouvriers piqueurs ou boiseurs. Si ceux-ci sont plus frappés que les rouleurs ou les surveillants, c’est que leurs yeux sont exposés à plus de surmenage propre à favoriser l’apparition ou le développement de l'affection oculaire, qui produira le nystagmus.

Nous n'avons pas trouvé, dans le bassin houiller de Saint-Etienne, de fréquence notablement plus grande chez les mineurs qui se servent de la lampe de sûreté, comparativement à ceux qui travaillent à feu nu. Du reste, cette fréquence plus grande existerait-elle dans la première catégorie d'ouvriers, qu'elle ne pourrait infirmer l’opinion que nous soutenons : elle n’agirait qu’en

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