‹ Contribution à l'étude du Papillome Corné NévrothiqueChapitre 7 sur 13 · SN · texte numérisé non relu

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surélevés précédemment décrits. La lésion ne mesure guère que 3 à 4 centimètres de longueur ; elle se confond en haut avec celle de l’aisselle.

L’altération tégumentaire revêt, sur le segment moyen du membre supérieur, une forme nouvelle, non moins intéressante que les précédentes.

Le bord radial de l’avant-bras est parcouru par une ligne légèrement sinueuse, difficile à saisir. Elle s’y révèle surtout par la couleur jaunâtre de l’épiderme, très peu surélevé à son niveau. Sa largeur, uniforme, nedépasse pas 2 millimètres. La ligne est discontinue vers le poignet. Il n'existe plus à ce niveau que deux ou trois saillies cornées, plus petites qu’un grain de millet, sortes de jalons indicateurs destinés à relier la ligne précédente à la lésion que nous allons décrire sur le pouce.

La face dorsale de l'articulation phalangienne de ce doigt est coiffée dans sa totalité d’une corne épidermique jaunätre fissurée au niveau des plis d'extension. Son relief ne dépasse pas 3 millimètres. Le bord interne de l'index et externe du médius sont occupés, au niveau des surfaces articulaires, de plaques analogues, formées d’un bloc lisse etuni, de 1 millimètre et demi environ de hauteur. Quelques points saillants occupent également la surface d’union de ces deux bords. L’index ne porte aucune altération dans sa partie externe. Sur le métacarpe, dans le deuxième espace, se trouvent deux ou trois petites saillies cutanées, isolées. La face palmaire est intacte.

Le thorax présente aussi des altérations de même nature sous les formes suivantes : une traînée linéaire discontinue de rugosités mamelonnées suivant la direction du bord axillaire du grand pectoral. Au-dessous de celle-ci, et parallèlement à elle, existe une deuxième ligne également discontinue. Au niveau du creux épigastrique, sous J’appendice xyphoïde, les lésions sont groupées en un amas très irrégulier. Cette plaque, née sur la ligne médiane, se termine à peu près à la ligne mamelonnaire. Sa direction est celle des espaces intercostaux; sa largeur variable a son maximum au niveau de la ligne médiane. Elle est de 2 centimètres en ce point. La peau y présente de petites écailles cornées,

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jaunâtres, adhérentes, nombreuses, peu surélevées, non confluentes.

Les autres portions tégumentaires altérées, tant sur le thorax que sur le bras droit, sont difficiles à décrire.

Il existe en des régions très diverses une légère rugosité épidermique à peine saillante, à disposition généralement punctiforme. [L’olécrâne est le siège d’une saillie cornée unique, acuminée. Toutefois, la peau de cette région ne présente plus l’aspect lisse habituel du tégument. Une friction un peu rude y détermine la chute de l’épiderme, sous forme de desquamation furfuracée.

Au pli du coude, un peu en dehors de son milieu et perpendiculairement à ce pli, sur le bord interne de l’articulation huméro-cubitale, au niveau de l’apophyse styloïde du cubitus, se retrouvent quelques tubercules cornés isolés, disposés suivant l’axe du membre.

Aucune altération n’existe sur la face. Les cheveux sont de couleur identique des deux côtés du cuir chevelu.

Le revêtement cutané abdominal n'offre d’autre anomalie qu'une pigmentation brune de la ligne blanche, et quelques pellicules épidermiques isolées, au voisinage de la vulve. La grande lèvre droite, dans ses deux tiers inférieurs, et la racine du membre inférieur droit sont recouvertes de saillies papillaires aussi développées, aussi nombreuses qu’à l’aisselle, confluentes comme dans cette région. Elles y revêtent le même aspect. La muqueuse vulvaire est intacte.

Sur la région postérieure du corps, suivant le pli interfessier et à droite de ce pli, on constate une bande de tubercules de même aspect, de même consistance que les autres, à relief très accusé dans la moitié inférieure de la fesse. Ils forment une traînée convexe en dehors, allant de la naissance du sillon iuterfessier à la grosse tubérosité de l’ischion. De la partie interne de celle-ci, jusqu’au tiers supérieur du mollet, sur la face interne de la cuisse, lPaltération tégumentaire présente une forme linéaire. L’épiderme y est d’un jaune brun, plus foncé par endroits; à peine saillant sur la partie moyenne de la cuisse, où se trouvent seulement quelques squames ; très épaissi au contraire au niveau des plis de flexion du genou. C’est dans cette

dernière région qu'a été pris le tubercule qui a servi à l’examen histologique de ce cas. La lésion s'arrête au tiers supérieur de la jambe. Dans la dernière portion de son trajet, elle passe de la face interne de la cuisse sur la face postérieure de celle-ci, ce qui explique sa présence dans le creux poplité.

C’est à la racine du membre inférieur que les lésions atteignent leur maximum de développement. Les papilles y sont très saillantes, elles atteignent 4 à 5 millimètres de hauteur; leur surface, irrégulière, offre une dureté caractéristique. ;

Tel est l’aspect macroscopique de l'affection. Son début exact a échappé à l’observation des parents. Sa marche a étè progressive durant les premières années de la vie; elle paraît au contraire stationnaire en ce moment. Elle revêt deux formes : la forme verruqueuse, qui constitue la presque totalité des lésions; la forme squameuse qui existe à peu près seule sur la plaque sous-sternale.

Le groupement des lésions se fait en bandes ou lignes disposées aux membres, suivant leur axe, au thorax suivant les espaces intercostaux.

À l’avant-bras, l'affection paraît en relation avec le nerf radial; sur l'index et le médius,avec les nerfs collatéraux des doigts. La région de l’aisselle est trop riche en filets nerveux pour arriver à un résultat satisfaisant dans la délimitation des territoires nerveux. À l’aine, les points intéressés sont innervés par la branche génitale du génitocrural. Ce sont là les seuls trajets nerveux connus que nous ayons pu relever.

OBSERVATION II (résumée).

Ichthyose hystrix congénitale.

(Publiée par M. Curris, in Archives of dermatology, t. VI.)

Enfant du sexe masculin, âgé d’une semaine quant il fut vu pour la première fois, bien contitué, vigoureux et en

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bonne santé. Il ne paraît pas porteur d'anomalies autres que les lésions cutanées qui vont être décrites. Pèrerhumatisant; mère tuberculeuse. |

L’éruption se compose de papules ou papulo-tubercules de la dimension d’un pois, d’un contour circulaire et uni, faiblement surélevés. Leur couleur uniforme est brunâtre. Ils sont groupés; mais il existe des papules isolées et dures. Les groupes ont des formes variées; leurs limites sont généralement bien définies. Leur surface est légèrement écailleuse; les écailles sont adhérentes, donnent une sensation rude; il n’y a pas de desquamation. L’épaississement de la peau n’est pas tel qu’on ne puisse la plisser entre les doigts. Les tissus ne sont pas profondément intéressés. La lésion est uniquement répartie sur la moitié gauche du corps, et est en grande partie confinée à la jambe et au bras. À la région pectorale, les papules sont éparpillées et moins développées. Le genou est le lieu de développement le plusintense de lalésion. Ses faces antérieure et interne sont recouvertes par une tache ayant les déux tiers de la paume de la main d’un adulte, de contour irrégulier mais généralement circulaire, se terminant parfois d’une façon tranchée sur la peau saine, parfois se fondant avec elle par un groupement plus épars des lésions. Cette tache est composée de papulo-tubercules très confluents. Elle est brune ou plus claire que le cuivre, cependant jamais jaune. La surface est entièrement sèche, et ni la première fois qu’on la vit, ni aujourd’hui, six semaines après, elle ne présente de tendance au développement de fissures. Elle offre une élévation uniforme, montrant seulement de légéres dépressions entre les papules contiguës. Ces dernières sont assez élevées, individuellement bien marquées. La tache suggère l’image du dos d’un crapaud. Elle est visiblement, bien que légèrement, écailleuse. La sensation communiquée au doigt est celle d’écailles étroitement adhérentes. Ce groupe peut être pris comme le point de développement le plus typique de la lésion.

Vers le bord inférieur de la tache, les papules sont moins confluentes et se terminent en une élongation linéaire. Celle-ci, dans ses parties les plus larges, a environ un demi-

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