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n’est cependant pas poussée aussi loin qu’on l’observe ordinairement : les noyaux restent assez riches en chromatine ; les protoplasmes conservent une quantité de substance basophile, mais surtout les aptitudes reproductives des cellules sont conservées et nombre de celles-ci se divisent par karyokinèse.
En résumé il s’agit d’une inflammation chronique avec processus de caséification sans suppuration, avec tendance à la sclérose et à l’endovascularite oblitérante, avec métaplasie lymphoïde du tissu conjonctif par rapport aux axes vasculaires.
Tels sont les résultats des recherches histologiques. Nous verrons plus loin la façon d’interpréter les examens histologiques, et nous comprendrons mieux leur importance diagnostique. Disons dès maintenant cependant que l’hisiologie se trouve en désaccord d’appa-
rence avec la clinique.
SYMPTOMATOLOGIE
Le phagé dénisme peut se présenter sous des aspects divers, et quelle que soit la cause de l’ulcération première, on peut, avec M. le professeur Fournier, distinguer un phagédénisme en surface, extensif, susceptible de bien des degrés, et de nombreuses modalités (phagédénisme serpigineux, phagédénisme érosif), et un phagédénisme térébrant, capable de détruire tous les tissus, de toutes les mutilations.
Mais en somme nous pensons qu’au point de vue clinique, au double point de vue objectif et évolutif, 1l faut distinguer deux grandes séries de faits dans ce que l’on à appelé le phagédénisme :
1°) Des lésions à marche rapidement destructive, dans lesquelles le processus prèmier et l’état général du sujet jouent le principal rôle, qu'il s’agisse de lupus vulgaire (lupus vorax), d’épithéliomes, de chancres simples ou de syphilides.
2°) Des lésions à marche rapidement destructive, à
TA Pre physionomie vraiment spéciale, et pour ainsi dire identique, quelle qu'ait été la maladie première.
L’ulcération phagédénique dans ce premier ordre de faits se présente sous la forme d’un ulcère nettement délimité, encadré généralement d’une aréole rouge sombre, ulcère creux, à bords adhérents, plus ou moins entaillés, à fond inégal, tourmenté, à fond semé de débris bourbillonneux, à suppuration assez abondante.
Les lésions du second ordre de cas sont caractérisées par des ulcérations à marche envahissante, à bords infiltrés, surélevés, taillés à pic, souvent décollés, souvent criblés de petits abcès en caverne, de telle sorte que les tissus à leur niveau sont comme spongieux, et qu'on en fait sourdre du pus par la pression. La zone d'infiltration périphérique est d’un rouge très vif ; elle est souvent très accentuée, et peut avoir de 1 à 2 centimètres de diamètre. La forme générale de l’ulcération est géométrique: elle rappelle la configuration d'un cercle de trichophytie cutanée.
Du reste il suffira de se reporter aux observations que nous avons citées précédemment pour mieux se rendre compte du caractère objectif des ulcérations phagédéniques, et pour mieux juger leur aspect clinique. Nous insisterons sur plusieurs caractères : bord taillé à pic, cavités purulentes de ce bord, extension cireulaire ou ovalaire géométrique, zone d'infiltration périphérique inflammatoire. \
Rien de réglé et rien. de fixe dans l’évolution du phawédénisme. |
Il est des cas où le phagédénisme se développe et pro-
cède avec une rapidité extrême, au point de mériter Le terme de phagédénisme aigu. Rien ne semble devoir lui résister. Et tel était le cas, qui-nécessita une intervention chirurgicale.
Sa marche est parfois simplement rapide. Parfois même elle est subaiguë, comme dans le dernier cas observé ; parfois même le phagédénisme procède avec une lenteur relative. Mais tous les intermédiaires sont possibles.
Le phagédénisme peut évoluer aussi par poussées, par saccades, par recrudescences, et ces recrudescences sont toujours possibles, tant qu’il reste un fragment, un recoin de la plaie encore ouverte si imperceptible soit-il.
Nous n’insisterons pas sur les conséquences de tout ulcère phagédénique après guérison. Ces conséquences sont très diverses, très variées, et en somme se résument en trois genres : des cicatrices, qui parfois s’accompa- 8nent de rétraction inodulaire, deviennent irrégulières, anfractueuses, parcourues de brides; des destructions d'organes, des mutilations ; l’atrésie d'orifices ou de cavités. Nous ne décrirons pas toutes ces lésions, sur lesquelles les traités classiques et en particulier le traité de la syphilis de M. le professeur Fournier s'étendent longuement.
L'étude précédemment faite suffit à montrer toute la gravité du phagédénisme. Cette gravité tient à trois faits : 1° les lésions locales ; 2° la malignité de la syphilis sous-jacente ou l'infection secondaire ; 3° les récidives
fréquentes. Cependant les agents thérapeutiques énergiques permettent souvent d’enrayer les progrès de l’ul-
eère rongeant. Malgré tout, le pronostic devra toujours
être très réservé.