A) LE PHÉNOMÈNE DE BABINSKI CIHEZ L'ENFANT
Les primiifs italiens, comme le fait remarquer M. Laignel-Lavastine, représentent l'enfant Jésus se prélant à l’adoration des Mages avec les orteils en extension. Ce fait d’observalion ancienne était immédiatement reconnu vrai, aussitôt que le signe de Babinski était décrit. Tous les auteurs sont d'accord sur l'existence du phénomène chez le jeune enfant, mais les avis divergent sur.l'âge à partir duquel il faut le considérer comme re es Selon Déjerine, le réflexe cutané plantaire n’apparaîl qu'au sixième mois et, à partir de ce moment, jusqu’à l’âge de deux ans et demi, il se fait en extension, Le réflexe normal en flexion apparaît parfois bien plus tardivement vers l'âge de cinq à six ans ou même dix-douze ans chez les enfants relardataires.
James Collier en 1899 distingue un type infantile du signe de Babinski. Ce type se caractériserait par sa spontanéilé et sa production à la suite d'excitations peu importantes. Il distingue nettement cette extension des orteils des réflexes de défense, comme le fait du reste Babinski aussi, Wolpert, en 1921, distingue également le signe de Babinski imfantile qui serait dû à une insuffisance des corps striés. Mais nous aurons encore l’occasion de revenir plusieurs fois sur la question de l’origine du signe de l'extension des orteils, ici, nous nous contenterons d'exposer les slatistiques
des différents auteurs qui se sont occupés de la question et nous nous permettrons d'y ajouter notre statistique personnelle recueillie à l'Hospice de Brévannes. La valeur de ces statistiques est nécessairement fort inégale ; certaines d’entre elles ne tiennent pas compte de l’âge des enfants, nous avons pourtant vu que. celui-ci avait une importance primordiale. Nous nous contenterons de ciler celles-là sans y insister davanlage.
Engstler a trouvé sur 891 enfants l'extension des orteils en 73,3 % des cas ;
Schufer a trouvé sur 60 enfants l'extension des orteils en 50 % des cas ;
Morse a trouvé sur 194 enfants l'extension des orteils en 33 % des cas ;
Finizio a trouvé sur 500 enfants l'extension des orteils en 16 % des cas ;
Feldmer a ,trouvé sur 426 enfants l'extension des orteils en 16,4 % ‘des €as.
Il est évident que les proportions si discordantes de ces statistiques pourront toujours être discutées à cause de l’âge inconnu des enfants qui ont servi à les établir. Il nous est donc impossible d'en tenir compte.
Léri a étudié l'extension des orteils sur 166 enfants âgés de un Jour à trois ans. Il a trouvé que l'extension élait constante chez le nouveau-né et que la réaction normale débutait vers le cinquième et sixième mois, mais quelle ne devenait constante qu'à partir de la troisième année. Cet auteur conclut que l'extension
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des orteils doit être considérée comme pathologique à partir de la troisième année.
Wolpert examine quarante-huit nourrissons de cimq à huit mois. Chez trente et un de ces nourrissons il trouve le réflexe cutané plantaire en flexion, chez quatre la réaction est douteuse, chez treize enfin, le réflexe se fait en extension. |
La statistique de de Bruin, publiée en 1928, est très détaillée. Il fait en même temps une étude comparative des diverses épreuves analogues que nous ne reproduirons pas à cause de la délimitation nelte de notre travail qui se borne à l'étude du signe de Babinski proprement dit.
De Bruin trouve :
Jusqu'à une semaine......... no % en extension ; DS MO Me AI ee 90 % —— ; RO NITOIe MOIS 7 LR El, 96 % — 3 er Éd TOMOIS Rue 77% = RE IT OMIOIS ten latest SUP — :
—, SiX MOIS..... PARUS ES 68 & — S ES HAN AMOIS RE 92 % — :
A NDS AUS LATE Er. HULS — à HUE AN ser TA ET AT 80 % — s CID Ze MOIS A dre DSC — ; AU RNA INR RP Me 80 % — :
TA ITOÏIB RAS sue TASSE — ;
On voit qu'à trois ans, limite proposée par Lér pour le signe Babinski normal, 80 % des enfants présentent encore une extension des orteils. Notre statistique portant sur 148 ansfants a été recueillie à
NIGER — l'Hospice de Brévannes, dans le service de M. le docteur René Marie. Nous-sommes heureux de pouvoir le remercier ici de l’obligeance avec laquelle 11 a mis son beau service à notre disposition. Cette statistique se porte sur des «enfants relativement grands, la plupart d'entre eux ayant dépassé trois ans. Notre statistique peut ainsi servir de complément à celle de De Brum, qui s’arrêle à trois ans.
Les 148 enfants sont âgés de cinq mois à dix ans. Un seul d’entre eux a moins d’un an, deux sont entre J et 2 ans, six entre 2 et 3 ans, vingt-six entre 3 el 4 ans, vingt-six entre 4 et 5 ans, vingt-trois entre 9 et 6, vingt-deux entre 6 et 7, treize entre 7 et 8, enfin, vingt-neuf sont âigés de 8 à 10 ans.
Au point de vue global les chiffres sont les suivants
Dans trente-trois cas, extension nette des orteils, soit 22 % s
Dans 103 cas, flexion des orteils, soit 70 % ;
Dans 11 cas, réaction nulle, 7,5 % ;
Dans 1 cas, réaction douteuse. ,
Ces chiffres globaux n’ont évidemment aucune imporlance et nous les citons uniquement pour indiquer les proportions (des diverses réactions chez l'enfant àgé de moins de dix ans. Voici le détail de notre statistique
1 nourrison de cinq mois : extension ;
2 enfants entre 1 et°2 ans : flexion :
6 enfants entre ? et 3 ans : 4 en extension (66 %) ; 2 'entflexion (33%) :
pose
26 enfants entre 3 et 4 ans : 12 en extension (45 %) :
ee
14 en flexion (55 %) ;
26 enfants entre 4 et 5 ans : 8 en extension (30 %) : 17 en flexion (65 %) ; 1 réaction nulle.
£3 enfants entre 5 et 6 ans : L en extension (6%) : 19 en flexion (75 %) ; 2 réactions nulles ; 1 réaction douteuse ;
22 enfants entre 6 et 7 ans : 3'en extension (15 %) ; 16 en flexion (70 %) ; 3 réactions nulles ;
13 enfants entre 7 et 8 ans : 1 extension (7 %); 10 en flexion (80 %) ; 2 réactions douteuses ;
29 enfants entre 8 et 10 ans : 4 en extension, soil 7,25 % ; 23 en flexion, soit 88 % ; 3 réactions douteuses et nulles.
Plusieurs remarques importantes sont à faire à propos de cette statistique : les unes d'ordre technique, les autres d'ordre général concernant les statistiques. Il y à sans aucun doute de nombreuses causes d'erreurs dans des recherches de cet ordre. Minkowski a montré l'importance des mouvements spontanés des orteils, que l’on supprime difficilement chez le nourrisson et l'enfant jeune. De Bruin signale Ja diversité des réactions d'un examen à l’autre, diversité qui est expliquée de manières différentes par les auteurs. Pour de Bruin, l'enfant ayant présenté la réaction normale de l'adulte, c'est-à-dire la flexion, passerait par une phase mixte pendant laquelle l'excitation provoque tantôt Ja flexion, tantôt l'extension. Sohlasinger étudie les . diverses modalités de l'extension et il y aurait pour lui des formes intermédiaires difficiles à interpréter. Il classe