INSOMNIES NERVEUSES
Les insomnies dues à une hyperexcitabilité anormale du système nerveux sont les plus importantes. Elles peuvent être dues à des altérations organiques des centres, à des infections ou des intoxications, ou bien encore à une surexcitation d’origine fonctionnelle. Ces dernières comprennent toutes les insomnies, dites nerveuses, par surmenage, chagrin, émotion violente, fatigue cérébrale ou idée fixe. Ce groupe est excessivement important, car il s’agit de malades chez lesquels on se trouve parfois en présence d’un véritable cercle vicieux, l’insomnie exaspérant l’agitation, l’agitation entretenant l’insomnie, l’anxiété empêchant le sommeil et le manque de sommeil exagérant les sensations organiques pénibles des an-
xieux.
kb: 102 Nous relaterons ici des observations de malades, chez lesquels l'emploi du phényléthylbarbiturate de quinine a donné des résultats intéressants.
OBSERVATION I
M. Pill…, 45 ans, s’est présenté à la consultation pour amaigrissement progressif. On pose le diagnostic d’insomnie permanente consécutive à du surmenage, avec état dépressif, anorexie, constipation, asthénie, amaigrissement. On prescrit par pilules de 0,05 cgr., le phényléthylbarbiturate de quinine, à la dose quotidienne de 0,10 cgr., soit 4 cgr. de phényléthylmalonylurée.
Nous revoyons le malade après quinze jours de traitement; il nous déclare que le traitement que nous lui avons conseillé a ramené le sommeil dès les pre-
miers jours, et qu'il dort actuellement 7 à 8 heures
par nuit, d'un sommeil paisible et réparateur. Nons constatons, en effet, que son état général est
très amélioré, qu’il a repris des forces et du poids, et
qu'il peut immédiatement reprendre son travail.
OBSERVATION II
H... Charles, 35 ans, a été amené à l'hôpital pour des idées délirantes de persécution déterminant des réactions pantophobiques.
Le malade présentait le tableau clinique de la grande anxiété : yeux exorbités, grincement de dents, sueurs profuses, brusquement il se jetait contre les murs, cherchait à mordre, lançait au hasard bras et jambes.
La situation était si grave, qu’on dut recourir à la scopolamine morphine.
Les jours suivants, les phénomènes anxieux se reproduisirent avec la même intensité, on hésitait à continuer la scopolamine morphine à cause du mauvait état du cœur, les autres hypnotiques courants ayant échoué, on essaya le phényléthylbarbiturate de quinine, à la dose journalière de 0,10 cgr., puis 0,15 cgr., par pilules de 0,05 cgr.
La sédation des phénomènes anxieux apparut dès le début, mais se manifesta nettement à la dose de 0,15 cgr., le sommeil se manifesta à la dose de 0,20 cgr.. soit avec 0,08 cgr. de barbiturique.
OBSERVATION III
M. René, 45 ans, paralytique général, présente une agitation désordonnée qui résiste aux hypnotiques habituels.
Très difficile à maintenir, le malade s’épuise et s’achemine vers le marasme nerveux.
Le phényléthylbarbiturate de quinine aux doses journalières successives de 0,10 et 0,15 cgr., calme le
malade et lui permet de dormir.
OBSERVATION IV
Mme Jeanne J.., 49 ans, sans professsion.
Diagnostic et état actuel : présente un syndrome anxieux, avec insomnie intermittente et idées de suicide; l’insomnie devient totale aux moments des régles.
A partir du 20 juin 1937, nous lui faisons prendre 0,10 cgr pro die, de phényléthylbarbiturate de quinine, correspondant à une dose de 0,04 cgr. de barbiturique.
Ce traitement a ramené le sommeil qui est calme, et le réveil est euphorique.
OBSERVATION V
Mme A. R., 35 ans, employée.
Depuis un mois environ, elle se plaint de céphalée violente, elle a perdu l'appétit et ne peut plus dormir. L'examen des organes ne révèle rien à signaler.
Le 14 septembre, elle prend une pilule de 0,05 cgr. de phényléthylbarbiturate de quinine : la malade dort 4 heures environ.
Les deux jours suivants : même dose, la malade dort toute la nuit. Cependant, pendant la journée, la malade accuse des cépalées violentes.
Le 17 septembre, elle prend 0,10 cgr. de phényléthylbarbiturate de quinine, elle a un sommeil nor-
RÉ Lee
mal et les céphalées sont moins violentes le lendemain. |
Le 18 septembre, même dose, même résultat.
Le 19 septembre : pas d’hypnotique; insomnie suivie de céphalée violente.
Du 20 au 30 septembre : 0,10 cgr. chaque soir, sommeil normal, pas de trouble. Peu à peu, la céphalée a disparu, l'appétit est revenu, l’état général s’est amélioré. La tension artérielle s’est toujours maintenue aux environs de 12-6. Il ne subsiste plus aucun
trouble, on cesse le traitement.
OBSERVATION VI