CHAPITRE III
DOSAGE D’UNE SOLUTION ALCALINE DE SULFURE PAR LA SOLUTION CENTINORMALE D’IODE
Raisons du choix d’une méthode à l’iote
L'action hydrogènante des tissus vis à vis du soufre se traduit par la production d'une quantité d'hydrogène sulfuré variant, d’après E. Sluiter de O0 à 1 mg. et dépassant rarement ce maximum pour atteindre jusqu'à 2 mg. pour des quantités de tissus allant jusqu'à r g. de tissu riche en dérivés sulfhydrylés (foie par exemple)-et des quantités plus importantes pour des tissus pauvres en ce composé (muscle).
Les organes peu volumineux des petits animaux, employés ultérieurement par nous-mêmes, nous obligent à utiliser une petite quanüté de tissu, tandis qu'il nous est toujours possible de réduire la prise d'essai d'organes plus volumineux des gros animaux. La méthode de dosage la plus utile est donc celle qui donnera un résultat exact avec des quantités infimes d'hydrogène sulfuré et en tout cas bien inférieures à 1 me.
D'autre part la quantité de soude décinormale — 10 em° — employée par le même auteur pour absorber l'hydrogène sulfuré nous a paru suffisante. En présence d’un excès de soude la réaction :
SH2 + 2 NaOH = S Na? + 2 H20 indique l'emploi d'un volume de liqueur alcaline plus de dix fois supérieur à celui nécessaire (10 cm3 de soude décinormale peuvent absorber théoriquement 17 mg. d'hydrogène sulfuré).
Les résultats obtenus au cours d'essais exposés plus loin (chap. IV) prouvent que ces 40 cm° sont suffisants pour absorber dans le vide jusqu’à 0,7 mg. d'acide sulfhydryque en un temps relativement court.
Le problème du dosage d'hydrogène sulfuré peut donc être posé de la façon suivante :
« Dosage du sulfure de sodium à des doses variant de 0 à 5,20 mg. en solution alcaline ».
Les dosages pondéraux sont inappliquables pour de si faibles doses et les inconvénients de la méthode colorimétrique de E. Sluiter nous incitent à ne pas l'employer. Le dosage volumétrique à l’iode centinormal nous parait le plus simple parce qu'il présente l’avantage d'une technique connue. Son application nécessite une légère mise au point à cause des faibles quantités employées et de la réaction relativement très alcaline de la solution.
Action de l’iode sur les sulfures alcalins
La facilité de cette mise au point est, nous devons l'avouer, une
autre raison de ce choix. Les propriétés oxydantes de l’iode sur les sulfures sont en effet des notions connues et classiques et nous nous excusons de les rappeler ici pour la clarté de cet exposé.
Cette action de l’iode sur les sulfures doit être considérée suivant la réaction du milieu :
1°) En milieu acide, les monosulfures alcalins sont d’abord décomposés par l'acide pour donner de l'acide sulfhydrique qui, au fur et à mesure de sa formation réagit sur l’iode suivant l'équation : à SH? + 2 I2 = 4 IH + S:? (1) 2°) En milieu neutre, l'iode agit de la même façon et la formation d'acide iodhydrique est remplacée par celle d’un iodure : 2 SNa2 + 2 I? = 4 INa + 562 (2) Les dosages à l’iode sont aujourd’hui considérés comme de véritables oxydations, l’eau intervenant dans le cycle de la réaction :