CONCLUSIONS
Nous nous sommes proposé, dans ce travail, d'établir une méthode d'absorption et de dosage de l'acide sulfhydrique produit par l’action réductrice des tissus sur le soufre et d'apporter notre contribution à l'étude du mécanisme de cette réaction. Nous recherchons ensuite quelle perturbation peut apporter, dans cette propriété des tissus, une maladie à métabolisme abaissé : l’avitaminose B.
La méthode de dosage employée permet d'obtenir des chiffres comparables entre eux et proportionnels au poids de tissu mis en œuvre. La différence entre les résultats de deux expériences identiques est presque toujours inférieure à 5 p. 100 et n'’atteint que très rarement 10 p. 100. La technique utilisée ne demande qu’une heure, ce qui présente l'avantage de permettre les dosages en série et de supprimer les erreurs par perte üe SH2. Nous opérons dans le vide, car en l’absence de l'air, l’absorption de SH2 est plus facile, son extraction plus complète et sa production plus importante.
La température — 38°, — la nature et la quantité de soufre. la division du tissu, l’addition d’eau ou de sérum physiologique, le pH sont soigneusement choisis pour réaliser des circonstances proches des conditions de la vie et pour obtenir la plus grande quantité possible de SH2.
Mécanisme de la Réaction.
L'emploi de cette méthode de dosage nous permet d'étudier le mécanisme du phénomène et d'arriver, avec la plupart des auteurs, à la conclusion qu'il s’agit d’une réaction réversible en deux temps :
1% TEMPS : Action du philothion et du glutathion sur le soufre. — Nous observons, sous l’action de l’acide monoiodacétique, la disparition complète du dégagement de l'hydrogène sulfuré. Le phénomène est donc dû à la réaction :
4 RSH + S$ =2 SH +2R-S5-S-R (1)
dans laquelle, ainsi que tous les auteurs l'ont affirmé, les diastases n’interviennent nullement.
2e Temps : Réduction du disulfure formé. — En comparant les quantités d'acide sulfhydrique obtenues et la teneur habituelle des tissus en glutathion, suivant les moyennes données par de nombreux auteurs, il est facile de constater une production d'hydrogène sulfuré bien supérieure à celle prévue par la réaction (1). Geci est dû à deux causes : la présence dans les tissus d’un dérivé sulfhydrylé insoluble, la régénération des dérivés sulfhydrylés par réduction des disulfures suivant la réaction :