‹ Contribution à l'Étude du Philothion: Variations dans l'Avitaminose B et l'InanitionChapitre 8 sur 61 · CO2H-CH-CH2-CH2-CO-NH-CH CH-NH-CO-CH2-CH2-CH-CO2H · texte numérisé non relu

CO2H-CH-CH2-CH2-CO-NH-CH CH-NH-CO-CH2-CH2-CH-CO2H

Kx CO2H Lo UE

Le glutathion-dipeptide est une poudre blanche hygroscopique douée d’un pouvoir rotatoire lévogyre : [a]p — -98°3.

Il donne la réaction au nitroprussiate et possède la propriété de donner avec le soufre de l'hydrogène sulfuré. Hopkins observe en outre que le «système glutathion réduit - glutathion oxydé » à une facilité de transformation plus grande dans les deux sens (oxydation et réduction) que le « système cystéine-cystine ».

Stewart et Tunnicliffe (108) font la synthèse de la diglutamylcystine, ils obtiennent un composé présentant les mêmes propriétés que le dipeptide préparé par Hopkins et confirment la constitution indiquée par cet auteur.

| TRIPEPTIDE Brand et Standberg (16) d'abord, puis Hunter et Eagles (Ai) en

SRE

partant soit du foie ou du sang de mammifère, soit de la levure de bière, préparent un produit contenant un pourcentage de soufre inférieur à celui que la théorie fait prévoir. Hunter et Eagles, après avoir constaté sur un matériel d'extraction différent la similitude du composé obtenu, émettent l'hypothèse que celui-ci ne serait pas un di- mais un tripeptide. Hopkins (36) attribue le fait observé à une perte de soufre imputable aux alcalis employés.

Johnson et Voetglin (42) préparent, eux aussi, un glutathion ne répondant pas à la formule théorique, ils arrangent leur méthode d'extraction de façon à obtenir le dipeptide. Benedict et Newton (12) mettent en doute la formule dipeptidique. Enfin Hopkins (37) en 1929 modifie sa technique d'extraction et obtient un tripeptide formé non seulement de cystéine et d'acide glutamique, mais encore de glycine.

Tout récemment d’ailleurs M. T. Régnier (77 et 78) vient confirmer cette formule après avoir préparé par une méthode personnelle 1,50 g. de tripeptide à partir d’un kilogramme de levure fraiche. L'originalité de sa méthode réside surtout dans le liquide d'extraction qui est l’alcool ; une seule défécation à l’acétate neutre de plomb est suffisante et l'excès de métal est éliminé non à l'hydrogène sulfuré, mais à l'acide sulfurique demi-normal ; l’oxyde cuivreux, au lieu de sulfate de cuivre généralement employé permet d'obtenir avec un rendement suffisant un sel cuivreux qui, décomposé par l'hydrogène sulfuré, met en liberté le glutathion réduit qui reste en solution et que l’on fait cristalliser.

Le composé obtenu présente des propriétés analogues au premier dipeptide jamais obtenu à l’état cristallisé. D'après M. T. Régnier son point de fusion est de 190° et son pouvoir rotatoire de [a]jp = — 18°3 + 0°3. L’analvse élémentaire répond bien à son poids moléculaire de 307.

La nature tripeptidique du composé, confirmé par Harris (32) peu après la découverte d'Hopkins en 1929, pouvait faire présager un grand nombre de formules.

Pirie et Pinhey (61) se basant sur le pH des acides aminés et du glutathion lui-même, considèrent comme plus probable les formules correspondant à la glutamyl-cystéinyl-glycine.

CO2H - CH - CH2 - CH£ - CO - NH - CH - CO - NH - CH2 - COH NH? bis - SH ou la glutamyl-glycyl-cystéine :

CO2H - CH - CH2 - CH2 - CO - NH - CH£ - CO - NH - CH - CH2 - SH Nue Los

Cette hypothèse est confirmée par Kendall, Mac Kenzie et Mason

(44) et par Quastel, Stewart et Tunnicliffe (63) enfin Nicolet (57) en

1930 établit que le glutathion est la glutamyl-cystéinyl-glycine, fait confirmé peu après par Kendall, Mason et Mac Kenzie (45).

B — Généralités sur le pouvoir Oxydo-Réducteur des dérivés sulfhydrylés

Dès 1909, Mathews et Walker (52) montrent que la cystéine est capable d’absorber l'oxygène, et font varier les conditions expérimentales, réaction du milieu, traces de métaux. La décoloration du bleu de méthylène par l'acide thioglycolique obtenue par Strassner (109) en 1910 a déjà été notée plus haut, mais c’est surtout depuis la découverte du glutathion que se sont multipliés les travaux sur ces phénomènes : dès 1921 Hopkins (35) observe le pouvoir réducteur de son dipeptide sur le bleu de méthylène, le soufre, et étudie, un peu plus tard (38), son rôle dans l'oxydation des corps gras.

Nous n'avons pas la prétention de faire sur cette question un exposé complet qui dépasserait trop par sa portée et son importance le sujet de ce travail. Qu'il nous soit cependant permis de citer les noms de Meyeroff (54), Hopkins (35, 38 et 39), Hopkins et Dixon (40), Tunnicliffe (117), Dixon et Tunicliffe (23 et 24), Meldrum et Dixon (3), Abderhalden et Wertheimer (1), Wieland (121), Warburg et ses collaborateurs (119 et 120) ainsi que les monographies magistrales de Fabre (26), de Blanchetière, Binet et Mélon (15) et la thèse de M. T. Régnier (78).

Le mécanisme de l'oxydation et la réduction des dérivés sulfhydrylés peut présenter, pour nous, un certain intérêt, aussi est-il utile. de synthétiser ici les hypothèses auquelles ces auteurs ont abouti.

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