MÉCANISME
Ces diverses théories peuvent être classées en deux groupes suivant leur point de départ :
1°) L'activation de l'hydrogène peut se faire en présence ou en l'absence d'oxygène ;
2°) La présence de l'oxygène est nécessaire à cette activation.
1°) Activation de l'hydrogène avec où sans oxygène.
A) D’après Hopkins (39) reprenant la théorie de Wieland (121) les équations exprimant ce mécanisme sont les suivantes : 4 RSI + O2 2R-S-S-R +2 H?20 RS - SR + H20 + M 2 R-SH + MO (M étant une molécule oxydable)
et RS-SR + MH? = 2? RSH + M (MH? étant un « donateur d'oxygène).
B) Au lieu de la formation d’eau, Meyeroff (54) admet celle d’un peroxyde qui intervient ensuite pour oxyder la molécule. OO ———— 0 | | DÉSIR O ZE LRS EEE H HESreSE
HORS SSSR OR, EE Mi 2 RSH + MO° | | O — O
C) Enfin Thurlow (115), reprenant la théorie de Heffter (33), intercale l’eau oxygénée à la place de l’eau ou du peroxyde, en anaérobiose :
RS M'bleu ==} R +, > Me blanc
et en aérobiose Ha CO H 0
R hu] re Del 2 | <a (8) H — 0
2°) Activation de l'hydrogène par l'oxygène.
Kendall et Nord (46) ne peuvent réduire le carmin d’indigo par la cystéine ou le glutathion réduit qu'en présence de traces d'oxygène, ils supposent la formation d’un peroxyde nécessaire même dans le cas de la réduction.
Dixon et Tunnicliffe (24) réfutent cette théorie et obtiennent la réduction sans passer par la formation du peroxyde.
RELATION ENTRE LE POUVOIR OXYDO-RÉDUCTEUR DES TISSUS ET LES DÉRIVÉS SULFHYDRYLES
Une tendance générale a voulu depuis 1921 attribuer au glutathion les propriétés oxydo-réductrices des tissus ; mais, « il a bien fallu reconnaître », disent Fabre et Simonnet (27) en 1930, « que cette solution n’est que partielle » et une dernière preuve, entre tant d’autres, vient d'en être donnée par E. Aubel, Y. Khouvine et G. Arragon (11) montrant que la réduction de l’acide pyruvique en acide lactique par le foie se produit en l’absence de dérivés sulfhydrylés.
De plus les dosages de glutathion effectués en clinique ont donné souvent des chiffres presque normaux dans des cas pathologiques pour lesquels le métabolisme est très certainement augmenté ou diminué. Il est surprenant, en particulier, de ne voir chez les malades consommant beaucoup d'oxygène comme les tuberculeux, aucune variation notable dans la quantité de glutathion. (P. Delore (20 et 21), Ferreira de Méra Fils (31), Ch. Achard, J. Lévy et G. Guthmann (9). Le premier de ces auteurs peut tout au plus observer une légère diminution dans la tuberculose bovine, diminution coïncidant avec celle observée dans certains Cas par Ch. Achard, J. Lévy et G. Guthmann (89) et attribuée par ces derniers à l’amaigrissement. Cet exemple montre une augmentation de la consommation en oxygène non expliquée par une augmentation des dérivés sulfhydrylés.
Dans une maladie à métabolisme considérablement abaissé au contraire, l’avitaminose B, L. Randoin et R. Fabre (64, 65 et 66) trouvent une diminution marquée de ce composé dans les muscles de pigeons carencés en facteur B, mais sont amenés à déclarer que cette constatation ne peut expliquer les phénomènes à elle seule de