CHAPITRE IV
Modifications du poumon
Nous abordons ici le chapitre le plus important de notre travail, car les modifications apportées au poumon par l'insufflation, sont justement le but du pneumothorax thérapeutique.
Avant d'en commencer l'étude, il faut s'entendre sur la valeur de certains termes qui parfois employés les uns pour les autres ont pu jeter la confusion dans l'interprétation des faits.
Trois mots s'appliquent à la diminution de volume du poumon.
Le mot de collapsus est le terme le plus général, il s'applique à toute diminution de volume de l’organe. Nous l’emploierons cependant, dans un sens plus restreint, entendant par là, la perte du volume résultant seulement du passage de la pression pleurale physiologique négative à la pression atmosphérique. + La rétraction, d’après les idées d'AMEUILLE, re-
oO
présente un processus anatomique actif, indépendant des pressions pleurales, et conditionné par la sclérose cicatricielle des lésions tuberculeuses. Elle est favorisée par le pneumothorax, mais peut exister sans lui. Elle détermine souvent alors le rétrécissement de la poitrine.
Par compression, il faut entendre une diminution de volume déterminée par la pression pleurale lorsque celle-ci s'élève au-dessus de la pression atmosphérique |
C'est qu'en effet, gräce à son réseau de fibres. élastiques, et à sa constitution alvéolaire d’une part, srâce au « vide pleural », d'autre part, le poumon peut remplir la cavité pleurale, qui à la pression atmosphérique serait bien trop grande pour lui.
La surface de l'organe est donc le siège d’une véritable traction, qui développe, en sens contraire, une tension élastique dont la valeur est mesurée par la pression sous atmosphérique intra-pleurale.
Or, il faut faire trois parts dans la masse du poumon : une portion est solide, une autre est liquide, la troisième est gazeuse. LÉ
La partie solide est représentée par le tissu même du poumon, qu’il soit normal ou pathologique, il est bien évident que son volume reste invariable pendant l’insufflation.
La partie liquide est constituée par le sang et la lymphe. La pression qui règne dans la plèvre peut influer sur la quantité de ces liquides contenus dans le poumon, essentiellement parce que l’augmenta-