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À partir de ce moment, le moignon pulmonaire souvent adhérent au médiastin attiré en même temps que lui par l’élasticité du côté opposé et refoulé par la pression gazeuse, peut sembler se comprimer davantage à un examen superficiel, car la cavité du pneumothorax s'agrandit encore. Mais ce n'est qu'une apparence. L'ombre du cœur et des vaisseaux peut servir à limiter la face interne du poumon, et l’on s'aperçoit que l'ombre du parenchyme pulmonaire présente la même largeur après une insufflation qui se termine à o ou à EG ECU + 10. Bien plus, la partie malade n’a souvent pas changé de volume au cours même de l’insufflation. Le bord externe du poumon est seulement refoulé de la même longueur que le bord correspondant du cœur.
Ce refoulement d'une part, l’ampliation de la paroi, l'abaissement du diaphragme d'autre part, en augmentant la cavité pleurale, donnent l’illusion du collapsus à la radioscopie. Pendant l’insufflation, cette augmentation de la cavité pleurale peut se faire d’abord sans que la pression s'élève rapidement, si ces diverses parois du pneumothorax ne sont pas encore très déformées. La courbe d'insufflation reste relativement peu ascendante et l’on continue à injecter de l'air, pensant que le collapsus se complète.
On crée, en somme, un pneumothorax par refoulement, comme dans les pneumonies caséeuses où le poumon, entièrement rempli d’exsudat, est réduit à un bloc sans aucune élasticité.
Il faut se méfier de cet aspect trompeur ; surveiller de très près le déplacement du médiastin et vérifier de temps en temps, par des orthodiagrammes, qu'on obtient bien un véritable collapsus par l'insufflation.
Les constatations radiologiques montrent que sur un poumon, malade ou sain, qui n'est pas adhérent, on ne peut guère dépasser le collapsus obtenu aux environs de la pression + o.
Nous avons voulu déterminer d’une manière plus précise le moment auquel toute élévation de pression devient illusoire. ,
À l’instigation de notre maître le D' GENÉVRIER, nous avons entrepris quelques expériences sur des poumons d'animaux tuberculeux.
Nous avons prélevé les poumons de plusieurs animaux tuberculeux (1 chien et 6 lapins) ; ces derniers tuberculisés par injection intra-veineuse de bacilles bovins et partiellement immunisés par l'antigène méthylique de Nègre et Bocquet (36). Ce prélèvement fut réalisé avec le plus grand soin pour éviter la moindre perforation pulmonaire, et immédiatement après la mort pour éviter que la coagulation, ou toute autre modification cadavérique, change l’élasticité pulmonaire.
Les lésions n'étant pas comparables sur les deux
poumons, nous n'avons opéré que sur un poumon à la fois. |
Ayant ainsi lié et sectionné une des bronches et sectionné la trachée le plus haut possible, nous avons introduit dans celle-ci un tube de verre sur lequel la trachée fut solidement ligaturée.
Le poumon pouvant ainsi Communiquer avec l'air extériéur fut placé däns un bocal fermé par un gros bouchon de caoutchouc percé de trois orifices laissant passer trois tubes.
L'orifice À donne passage au tube de dégagement coudé qui fait communiquer la trachée avec l'air extérieur, et qui aboutit sous une éprouvette graduée reposant sur une cuve à eau.
Dispositif d'expérience.
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L'orifice B laisse passer un tube qui fait communiquer l'atmosphère du bocal avec un manomètre à air libre. Nous avons employé le mercure comme liquide manométrique afin de pouvoir utiliser des pressions très élevées en comparaison de celles qu'on peut réaliser dans un pneumothorax.
Enfin, un troisième tube C sort du dernjer orîfice et est réuni à une pompe aspirante et foulante qui permet de faire alternativement des pressions positives ou négatives dans le bocal.
L'étanchéité de l’appareil fut obtenue en paraffinant largement le bouchon et les différents orifices et en ligaturant fortement tous les tubes de-caoutchouc sur les tubes de verre.
L'animal étant mort, et ses poumons étant en état de collapsus (pression atmosphérique), au moment de leur prélèvement, les poumons se trouvent pratiquement vides de sang. |
Les variations de volume du poumon peuvent.
donc être mesurées avec exactitude par le volume d'air qui sera refoulé ou aspiré dans l’éprouvette.
Le poumon se trouve introduit dans le flacon en état de collapsus, puisqu'il est soumis à la pression atmosphérique.
Si l’on fait le vide dans le flacon (vide tout relatif d’ailleurs), on voit le niveau de l’eau monter dans l’éprouvette, tandis que le poumon se gonfle.
Si l’on augmente, au contraire, la pression, on doit voir le niveau du liquide baisser dans l’éprou-
vette et le collapsus se compléter.
Il est très facile de gonfler le poumon en abaissant la pression dans le flacon. On constate que son volume augmente de 6 cc., 10 cc., 20 cc.,
quand on fait tomber la pression de o à — + cm. (pression normale chez le lapin *) — r cm. ou — 2 cm. de Hg.
Si l’on augmente la pression, au contraire, on s'aperçoit que le poumon ne rejette qu'un très faible volume d'air et que ce volume dépend d’une part du volume propre du poumon et d'autre part de l’étendue des lésions.
Et surtout, on s'aperçoit que cette petite quantité d’air (1/4 à 1/2 ce.) n’est recueillie dans l’éprouyvette que pour des pressions assez élevées (+ 4 à + 5 cm. de Hg, soit 50 à 60 cm. d’eau) et qu'elle n’augmente plus même si l’on élève considérablement la pression (+ 20 cm. de Hg).
Après sa compression, le poumon tuberculeux prend un aspect bosselé bien particulier : chaque relief correspond en effet aux parties malades (tubercules conglomérés, cavernes) qui ont conservé le même volume qu'avant la compression. Les dépressions, d’ailleurs légères, représentent les parties saines qui seules ont donc un peu diminué de volume.
Ces expériences ont été réalisées sur trop peu d'animaux, et surtout elles n’ont pas porté sur des poumons assez volumineux pour comporter une
(*) Nous avons constaté après d’autres observateurs, que la pression moyenne était de -- 6 cm. d’eau dans la plèvre du lapin.
l \ grande exactitude. Elles sont encore en cours et
nous nous proposons de les compléter.
Telles quelles, elles présentent cependant un intérêt, c’est qu'elles viennent confirmer les données de la radioscopie.
Il semble bien, en effet, que la plus grande par- ‘tie de l'air contenu normalement dans les poumons soit exprimée lorsqu'on soumet ceux-ci à la pression atmosphérique. :
De plus, le peu d'air qui reste se trouve dans les parties saines de l'organe, puisque celles-là seules. peuvent être un peu comprimées. Il n'y a donc pas d'intérêt à rechercher cette compression.
D'ailleurs c’est bien plus dans le poumon opposé que se fait sentir cette surpression. Ce poumon qui se trouve sur une de ses faces soumis à une pression négative, qui à conservé son élasticité, attire en bloc le médiastin et le poumon collabé. Cela peut créer une gêne importante pour le malade et même un réel danger. | Nous envisagerons plus tard les conclusions d'ordre pratique qui résultent de ces expériences et de ces observations.
MODIFICATION GCINÉMATIQUES DU POUMON COLLABÉ
La radioscopie montre que le moignon puilmonaire est généralement animé de mouvements. On voit le bord externe du poumon collabé se rapprocher de la paroi thoracique à chaque inspiration et s'en écarter à l'expiration.
En pression négative, ces mouvements peuvent présenter une certaine amplitude supérieure à l’amplitude des mouvements pendulaires du médiastin. Ils répondent alors à un certain degré de fonctionnement du poumon. Mais rapidement, l’amplitude de ce déplacement décroît à tel point que pour des pressions voisines de T o, et souvent inférieures, il ne correspond plus qu'au déplacement du médiastin. |
À partir de ce moment, il peut persister une très légère expansion inspiratoire de l'organe, mais le déplacement correspond essentiellement à un transport en bloc du médiastin et du poumon collabé.
La fonction respiratoire de l’organe est abolie.
Dans certains cas, évidemment, de larges adhérences entravant le collapsus, ce résultat ne peut. être obtenu complètement.
Dans un travail tout récent, le Professeur SER- GENT à montré que l'indépendance fonctionnelle des différents lobes du poumon normal, persistait
dans le poumon pathologique, lorsque les scissu-
res étaient respectées par le processus morbide. De très belles radiographies prises suecessive-
ment en inpiration et en expiration illustrent clai-
rement l'expansion inspiratoire des lobes sains
(quels qu'ils soient) alors que le poumon malade reste collabé.
Cela démontre, une fois de plus, que la rétraction cicatricielle a enlevé au lobe malade toute élasticité, et qu'il est inutile de chercher à la comprimer toute élévation de pression n’agissant que sur les parties saines de l'organe. |
Nos calques, pris sur des poumons dont les différents lobes étaient rendus solidaires par la soudure des scissures, pour n'avoir pas la netteté de ces radiographies, montrent des phénomènes tout à fait comparables. ù
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