‹ Contribution à l'étude du pneumothorax artificiel (Méthode de Forlanini) dans le traitement de la tuberculose pulmonaireChapitre 26 sur 30 · TECHNIQUE ET CONDUITE DE LA CURE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE ET CONDUITE DE LA CURE

Instrumentation.

Elle comprend lappareil à injection, l'appareil à ponction et le gaz. :

1° Appareil à injeclion. — Nous nous sommes servi au sanatorium Bon Accueil d'un appareil modifié par M. le professeur (Gaussel et dont le principe e est celui de l'appareil de Küss.

de Appareil à ‘ponction. — Nous avons l'habitude

d'utiliser le trocart de Courmont pour la ou les pre-

mières ponctions, La description en est connue; elle se se trouve détaillée dans la thèse de Le Bourdellès.

3° Gaz. — Selon Billon et Eiglier P Az goménolé pla-

cerait le poumon dans’une atmosphère antiseptique favo-

VE

— 29 — Fa

rable : nous avons. que ljuefois employé celte” méthode

en er barboter le g gaz à injecter dans un flacon, à

deux tubulures contenant du goménol. Nous n'avons re- levé aucun inconvénient pour nos malades sans pouvoir constater l'influence heureuse annoncée par les auteurs -sur les pleurésies purulentes. |

L'air, stérilisé par fillrage double sur coton de Pair atmosphérique ne présente que le faible désayantage d'une résorplion un peu plus rapide que celle de lAz.

Comme la plupart des auteurs, nous employons habi-

Se

luellement lA:; gaz inerte, non toxique et se résorbant

plus lentement que les autres. Il aurait encore, d’après Robin, une action spécifique antibacillaire et P: Teissier

+ a constaté son, influence nocive sur le- développement

des cultures tuberculeuses. L ‘emploi de l'AÂz industriel, vérifié et comprimé en Pompes, est le procédé le plus

“pistique. PNR ei Gi

Technique.

Toute cause d'émotivité ayant élé évitée à Pavance,

‘nous faisons précéder les premières ponelions dun ec. de morphine elquelquefois même de 0,5 ce. de cocaïne

locale si le sujet est pusillanime ou impressionné, Le malade est ensuite couché sur le côté OPposé à la ponction, le bras relevé et maintenu par un aide, le thorax bombant légèrement grâce à un coussin. Nous utilisons le trocart de Courmont pour la première ponction, une aiguille ordinaire par la suite, toutes précautions d’anfisepsie étant prises. Le point de ponclion, variable, ne

doit pas ètre choisi au niveau des lésions pulmonaires

(la blessure de l'organe pouvant.donner lieu à ‘une in-

: — 96 — Re fection pleurale e directement ou par fistulisation), ni des zones où la radiostopie aura révélé des adhérences. En. dehors de ces règles, le lieu d'élection est le plus souvent la face latérale de lhémithorax où l’on évite Les grosses masses musculaires, dans les 6°, 7°, 8° espaces. intercoslaux, à peu près sur ie ligrie te antenante L'espace intercostal élant repéré par l'index vauche, le trocart est introduit lentement jusqu'au contact de la plèvre (2 em. 1/2 environ) qui donne alors une sensation assez nette de membrane tendue; on pénètre ensuite dans celle-ci avec le mandrin. Les oscillations manométriques modifiées par la respiration imdiquent qu'on est dans la cavité pleurale. Si le manomètre n'oseille pas, il faut enfoncer et relirer l'aiguille prudemment, manœuvrer le mandrin; si, malgré cela, les oscillations ne se produisent pas, on est tombé sur des adhérences et une nouvelle ponction sera pratiquée. L'injection gazeuse sera conduite lentement pendant que l'opérateur surveille attentivement le manomètre, prend de temps à autre la pression intrapleurale, les aïdes s'occupant de l'appareil et dù malade (pouls, respiration, facies). Nous RUE qu'il est bon de n'injecter la première fois qu'une quantité assez faible de gaz (3-100 ce.) pour éviter la gène fonctionnelle et une trop grande irritation pleurale. En général, nous nous arrêtons à une pression intrapleurale légèrement négative à la fin de l'opération, sauf, bien entendu, dans les cas de pneumothorax pratiqué pour hémoptysie. Le malade est mis. ensuile au repos et au silence, les calmants de la douleur et de la toux (morphine, héroïne) lui sont administrés, s’il y a lieu, ce qui est bien rare.

Pour arriver progressivement au collapsus et à la compression pulmonaires une série d'injections successives

PRROTE ESS

sont nécessaires. Par la suite elles sont pratiquées tous. les 3 ou 4 jours au début, avec des quantités d'Az variant en général de 500 à 800 ec. en se laissant guider sur les pressions intrapleurales finales et sur les sensa-

üons éprouvées par le malade. Une fois créé, l'entretien du pneumothorax n'exige que d’assez rares injections,

toutes les 3 semaines environ où même tous les mois. La durée du traitement ne peut être fixée d'une facon absolue. En nous basant sur les faits, nous avons trois cas de guérison clinique après 29 mois (Obs. XVIII) et 25 mois (Obs. X) de traitement; un cas très favorable na pu être suivi que pendant 15 mois (Obs. XI): Ja guérison s’est maintenue pendant 3 ans après la fin du traitement malgré des conditions d'existence très pénibles, mais l’état général de la malade revue pat hasard semble avoir décliné récemment, Avec M. Dumarest nous estimerôns done que la cure ne doit jamais durer moins de deux ans. Pour le choix du moment où l’on

peut Pabandonner, il faudra se baser sur la gravité des

lésions anciennes et surtout sur la façon dont le malade supporte la réexpansion progressive de son poumon. Aux différents degrés de la réalisation de ce traite-

ment local, la radioscopie nous a toujours été d'un si grand secours que son He nous apparaît indispen-

-sable.

L'auscultation ne saurait suftire et elle est impuissante à nous renseigner sur l’état du poumon après chaque intervention, sur la localisation des adhérences S'opposant au collapsus, sur la position du médiastin, la mobilité du diaphragme. Si l'examen elinique peut nous révéler l'existence d'un épanchement, seuls les rayons X nous fixeront exactement sur son volume et son niveau. Aussi, pour l'instant, celle AAPRRCNANE

ne peut-elle entrer dans la pratique courante et-doil rester une méthode de sanatorium.

Nous devons enfin ajouter que nous n'avons obtenu aucun renseignement intéressant de l'étude de la: pression artérielle prise au Pachon avant. et. après chaque injection.

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