OBSERVATION II
(Inédite, due à l’obligeance du Docteur Marcel LELONG, Médecin des Hôpitaux de Paris.)
S.. Raoul, né le 27 janvier 1932. Deuxième enfant, né à terme, bien portant jusque-là. Parents bien portants. Une sœur, âgée de 6 ans, bien portante.
Pendant l'hiver 1933-1934 : rhino-pharyngite à répétition avec présence de végétations adénoïdes importantes dans le cavum. Vers le 27 mars, au moment où l’on venait de décider l’ablation des végétations, la température s’élève et le 31 mars, éruption de rougeole, évoluant normalement. L’éruption étant presque disparue le 3 avril, la température est revenue à 36°7.
Le 5 avril au matin, la température remonte à 39°5, en même temps qu’on perçoit un gros foyer de broncho-pneumonie à gauche (dyspnée respiratoire avec polypnée, battements des ailes du nez, toux, nombreux râles bulleux à la base gauche. Rien à droite. La température oscille irrégulièrement entre 38° et 39°9 du 5 avril au 16). Le 16 au soir, la température est à 38°8 et l’on constate une dyspnée très marquée avec polypnée à 70, battements des ailes du nez, aspect presque asphyxique, pâleur livide de la face avec cyanose du nez, des lèvres, des ongles, turgescence très marquée des jugulaires, tachycardie extréme, toux incessante, quinteuse, exagérant la dyspnée
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augmentée par les mouvements. L'enfant est couché avec persistance sur le décubitus latéral droit.
A l’examen stétacoustique, on constate à droite et en arrière une matité de la moitié inférieure de l’hémithorax, avec abolition des vibrations. Cette matité se continue dans l’aisselle et fait place à du skodisme sous-claviculaire. Souffle dans l’aisselle à timbre lointain, et à tonalité amphorique.
Quelques râles bulleux fins après la toux.
A gauche : ronchus disséminés.
Le pouls est rapide, incomplet, urines rares. L’aspect général est extrêmement mauvais.
EXAMEN RADIOLOGIQUE.
Cliché du 16 avril. — Les deux tiers inférieurs du champ pulmonaire droit sont obscurcis par une ombre foncée homogène, dont l’opacité se confond en bas avec celle du foie et dont la limite supérieure passant au niveau du premier espace intercostal droit, est nettement horizontale et donne très nettement à la radioscopie le phénomène du plat. Cet épanchement refoule le cœur vers la gauche d’une manière très marquée, de telle sorte que l’ombre de l’épanchement apparaît dans l’hémithorax gauche au delà du rachis. l
Il s’agit donc d’un pneumothorax avec épanchement. La ponction exploratrice ramène un pus épais. C’est donc un pyopneumothorax.
Devant l’état précaire de l’enfant, on se contente
d’évacuer l’épanchement par des ponctions répétées, enlevant en plusieurs fois 470 gr. de pus.
Un cliché, fait après décompression, montre un moignon pulmonaire ratatiné en tas de sable dans l’angle costo-diaphragmatique et l’on constate dans le moignon pulmonaire une plage lacunaire de transparence excessive.
À partir de la dernière ponction faite le 30 avril, la température tombe à 37°, niveau auquel elle se maintient définitivement. Des clichés répétés les mois suivants montrent une disparition totale de l’épanchement, en même temps que l’expansion progressive du moignon pulmonaire.
En particulier, un cliché du 23 juin 1934 montre un retour complet à la normale. On note seulement une grisaille diffuse du tiers inférieur du champ pulmonaire avec une diminution de la mobilité diaphragmatique et une oblitération de l’extrême pointe du cul-de-sac costo-diaphragmatique, le médiastin ayant repris sa place normale.
L'enfant est revu le 27 octobre en parfait état, pesant 14 kgr. à 2 ans 9 mois. L’examen clinique est entièrement négatif et le cliché radiographique du
thorax, absolument normal.
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