‹ Contribution A L'étude Du Polype Solitaire Des Fosses NasalesChapitre 16 sur 27 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Etude macroscopique.

Depuis Zuckerkandl on connaît l'existence des tumeurs des sinus, qui ne s’étant point révélées pendant la vie, ont été souvent des surprises de dissection.

Dans son atlas il fait figurer un polype du type solitaire inséré sur la paroi postéro-externe du sinus maxillaire et dont le pédicule franchissait l’ostium maxillaire.

Caboche nous donne une bonne description du polype solitaire. « Après extraction, si on examine on constate qu’il se présente sous la forme d’une masse principale ovoïde, gris-bleuâtre, molle, gélatineuse, vaguement translucide, suspendue à un pédicule dépassant souvent en longueur deux ou trois fois le grand diamètre de la masse principale.

Juste au-dessus de la masse principale, ce pédicule présente une structure serrée, le « collet » du polype et sur l'extrémité distale se termine par une membrane mince, translucide, agencée en une sorte d’entonnoir ouvert vers l’extrémité distale, mais

fermée à son extrémité proximale, ses parois se

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continuent avec celles du restant du pédicule.

La masse principale est de volume variable : une grosse fève, une prune, une noix ; nous en avons extirpé un qui présentait 7 cm. de long, 4 cm. de large et 3 cm. d'épaisseur ».

Le pédicule présentant le « collet » au niveau de l’ostium maxillaire, se continue dans l’antre par une formation qui le relie à la muqueuse du sinus et qui peut être :

{9 Soit polypoïde rappelant en tout la masse intranasale et remplissant entièrement la cavité du sinus ;

20 Soit polypoïde ou fibro-kystiqr2, mais de volume bien plus réduit ;

30 Soit enfin complètement réduite à un tractus fibreux, qui va s'implanter sur Île plancher de

l’antre.

Fig. I Fig. [I è Fig. IT

Dans la bibliothèque du service de notre Maitre, le D' Grivot, il existe une pièce de Lermoyez, représentant un gros polype solitaire en bissac, rappelant notre schéma n° 1.

Le polype solitaire est le plus souvent unique, surtout dans sa période nasale.

Mais parlois, ilest possible qu’il y ait coexistence dans l’antre d'Highmore et dans les fosses nasales d’autres polypes de nature différente.

C’est un fait sur lequel a déjà insisté Hirsch dans une de ses observations et depuis lui plusieurs auteurs ont publié des cas semblables. Nous rapportons aussi deux observations où il s’agit d’un polype solitaire survenant chez des malades qui présentent en même temps des polypes banaux à insertion ethmoïdale (obs. 16 et 18).

Au point de vue du contenu de la masse polypeuse, on y trouve dans la plus grande majorité des cas, un liquide œdémateux.

Parfois il y a des kystes inclus dans le polype ; ce sont des kystes par rétention glandulaire. Leur for. mation est due à l’obstruction du conduit excréteur d’une glande, par l’infiltration œdémateuse interstitielle. La glande continuant de sécréter, la cavité glandulaire se dilate jusqu'au moment où le fonctionnement de la glande sera arrêté par la pression intérieure.

La grosseur de ces kystes inclus varie de celle d’une lentille à celle d’un œuf de pigeon. Ils sont remplis d’un liquide séreux, incolore, qui est de la mucine.

Parfois ces kystes sont inclus profondément à l'intérieur du polype, d’autres fois ils font hernie à

leur surface.

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On rencontre parfois sur ces polypes des foyers hémorragiques.

La gène de la circulation du retour dans le polype, par suite de Îla stricture sur le pédicule au niveau de son passage à travers l’orifice du sinus, détermine un liquide d'œdème dont la pression dissocie et fait éclater les mailles du tissu conjonctif. E

Des cavités de dimensions variables peuvent ainsi être constituées et c'est à ce genre de cavités qu’on donne parfois le nom de pseudo-kystes.

Nous verrons d’ailleurs, lors de l'exposition des hypothèses du professeur Citelli, au chapitre de la pathogénie, que la présence en abondance de ce liquide œdémateux de stase, dans le polype formé par le prolapsus de la muqueuse du sinus à travers l’ostium, constitue un des caractères de la

maladie.

Étude microscopique.

Le polype est formé d’un tissu conjonctif lâche, tapissé à l’extérieur par un épithélium.

L’épithélium forme une couche continue sans aucune interruption. Il est cylindrique, stratifié à cils vibratils, mais en certains points il n’est formé que par une seule couche de cellules cubiques. Un certain nombre de ces cellules est distendu par le mucus.

On trouve dans cet épithélium de nombreux leu-

cocytes en voie de migration. Ce sont tantôt des

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lymphocytes, tantôt des plasmocytes, tantôt des polynucléaires.

Le tissu conjonctif lâche, œdématié, sous-jacent à l’épithélium, constitue le chorion.

Le substratum est formé de l’union de cellules conjonctives fixes anastomotiqueset de fibroblastes, ces derniers résultant d’une transformation des cellules conionctives fixes, sous l'influence de linflammation.

L'intérieur des mailles de ce tissu conjonctif est occupé par le liquide d'œdème,qui dérive du plasma sanguin et dont il se rapproche beaucoup par sa teneur en toutes substances cristalloïdes se trouvant dans le sang : chlorure de sodium, glucose, urée, etc.

Ce liquide d’œdème renferme aussi des albumines (sérine et globuline} et de la fibrine.

On rencontre en outre à l’examen microscopique du chorion, la présence de lymphocytes mononucléaires et des plasmocytes léoèrement ovalaires, à noyau excentrique placé à l’un des pôles de la cellule et à nombreux blocs de hématine.

Les plasmocytes seraient d’ailleurs ‘une transformation des lymphocytes. On trouve encore par endroits quelques polynucléaires.

Les vaisseaux du polype se présentent sous la forme de capiilaires périphériques, quelquefois centraux, à paroi endothéliale mince, bourées de globules rouges de mono et polynucléaires.

On rencontre aussi parfois au centre du polype des vaisseaux à parois plus épaisses,

Il existe aussi de nombreuses glandes, mais irrégulièrement disposées par suite de l’infiltration interstitielle des tissus, qui les a écartées les unes des autres.

Pour mieux illustrer la structure histologique du polype solitaire, il nous semble indiqué de donner ci les résultats de l'examen microscopique d'un cas de Citelli et d’un cas personnel.

OBSERVATION DE CITELLI.

Il s’agit d'une grosse masse polypoïde, gris-rosée, luisante, allongée dans le sens antéro-postérieur, obstruant complètement la choane droite.

Examen histologique. — La paroi de la cavité qui constitue la partie centrale de la néoformation est revêétue extérieurement, comme d’ailleurs tout le reste de la masse, d’un tissu épithélial cylindrique vibratil, en majeure partie bien conservé. La surface interne de la paroi est formée d’un tissu fibreux compacte, à gros faisceaux fortement coilés entre eux et tapissés vers la cavité d'une seule couche de cellules conjonctives, allongées, en certains points bien conservée.

Le reste de la paroi est constitué de tissu conjonctif, hyperplasique, formé d'infiltrations lymphocytaires, contenant encore des plasma cellules et des grosses cellules réticulaires à aspect étoilé, à gros noyau, à protoplasme abondant et différemment ramifié ; le tissu conjonctif est particulièrement abondant aux deux extrémités de la néoformation où s’est fait plus ressentir l’action des facteurs mécaniques

et inflammatoires.

re OBSERVATION PERSONNELLE.

Polype nasal récidivant gauche du type maxillo-nasal. Examen histologique du polype, après extirpation, pratiqué par le D' Delarue, aide d'anatomie pathologique à la Faculté de Paris.

Polype caractérisé par deux faits :

19 L'importance d’un œdème qui dissocie le tissu conjonctiet s’accumule dans de véritables et très volumineuses

logettes arrondies ainsi formées ;

20 L’abondance considérable de cellules éosinophiles disposées surtout en surface, sous un épithélium en voie de métaplasie malpighienne. (11 faut remarquer que. la malade accusait des crises d’éternuements et une rhinorée persistante).

Examen histologique de la pièce enlevée de l'antre par trépanatin du sinus maxillaire. — Même structure histologique générale que sur le fragment biopsié antérieurement.

Cependant: 1° nodules inflammatoires riches et polynucléaires neutrophyles ;

29 Disparition presque complète des cellules éosinophiles;

39 Importance relativement considérable de tissu colla-

gène, électivement systématisé autour des vaisseaux.

Aspect général d'un polype en réaction inflammatoire subaiguë et chronique.

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