PAL) VESTE
En général, il nous semble, d’après l'exposé des interprétations de Citelli que nous venons de faire, que les idées de l’école de Catane ne sont pas beaucoup différentes de celles des autres auteurs. Tout le monde est d'accord qu'il s'agit d’une formation polypeuse de la muqueuse sinusale à la suite d’un processus inflammatoire,
Quel est exactement le processus initial de la genèse de cette formation ? C’est un point pathogénique encore à discuter.
S agit-il d’une sinusite latente (Caboche), ou d’une inflammation catarrhale œdémateuse diffuse de la muqueuse du sinus, qui finit par faire hernie à travers l’ostium (Hirsch), ou s’agit-il d’un prolapsus de la muqueuse par une distension circonscrite de la muqueuse du sinus, avec en même temps décollement du périoste (Citelli) ?
Si l’on lit attentivement les observations cliniques et les comptes. rendus opératoires et biopsiques, on peut arriver à la conclusion suivante :
Il existe bien des cas, où spontanéme t, ou au cours de l’ablation à l’anse, le polype se rompt et laisse échapper un liquide citrin ; il est ainsi vidé et flétri. Ce cas correspond à la description de Citelli et serait ce que cet auteur appelle le prolapsus de la muqueuse. ;
Une de nos observations rentre dans cette catégorie (n° 11), mais dans ia majorité des cas cliniques il n’y a pas de rupture et de flétrissure du polype
nasal, qui garde, même enlevé, son aspect en grain
Le]
SG
de raisin. L'examen histologique montre que l’exsudation du liquide se produit non pas sous le périoste, comme dans la maladie de Citelli, mais bien entre périoste et épithélium, comme dans le cas de polype banal. A part l'observation du cas précité, toutes nos autres observations rentrent dans cette
catégorie.
ÉRIOLOGIE
Il est classique maintenant de diviser les sinusites en deux grandes catégories : les sinusites suppurées et les sinusites non suppurées ou sinusites œdémateuses catarrhales.
Les premières, très bien connues et étudiées déjà depuis longtemps, s’accompagnent d’un tableau clinique caractéristique et présentent des signes cliniques et radiologiques très précis, qui permettent le diagnostic avec certitude et sans difficulté,
La deuxième catégorie constitue, comme nous l'avons déjà dit au paragraphe précédent, un chapitre pathologique relativement récent, qui se trouve encore à l'étude.
Néanmoins, la question a été déjà beaucouptraitée par des auteurs français et étrangers et l’on peut, à l'heure actuelle, se faire une idée précise sur l’interprétation de ces sinusites œdémateuses. Les travaux de Caboche, de Jacques et de notre maître le Dr Leroux en France, de Watson WikHiams, Kistner, Wood, Sewall, Uffenorde à l'étranger, auxquels nous renvoyons, nous expliquent largement la signification de ces sinusites œdémateuses et ce n’est pas dans le cadre de notre travail de faire leur étude.