LIT DS
trôle sur des animaux témoins, mais, le plus souvent, l’expérience ne porte que sur la moitié de la poitrine : ce qui
lui permet de comparer avec l’autre hémithorax du même sujet.
Les doses employées équivalent à la dose d’épilation définitive, et, dans un cas, apparaît une épidermite du 3° degré. Cet auteur signale à ce sujet que la peau des animaux d'expérience est moins sensible aux R.X. que le tissu cutané de l’homme.
La partie moyenne de l’hémithorax droit d’un lapin est irradiée cinq fois à des intervalles de 20, 7, 30 et 104 jours : quatre fois par un champ antérieur de 3 X 3 cm. et une fois par un champ postérieur de 3 X 4 cm.
Jusqu’au huitième jour après la dernière irradiation, on n’observe rien d’anormal.
A ce moment, apparaissent : dyspnée, anorexie, chute de poids. Huit jours plus tard, l’animal est sacrifié.
La cavité pleurale droite contient 25 cc. de liquide, et les feuillets pariétaux et viscéraux présentent de nombreuses zones d’adhérences. Au niveau du péricarde, on note aussi un léger épanchement et quelques adhérences fibrineuses.
A gauche, il y a intégrité macroscopique et histologique de la plèvre et du poumon.
A droite, on trouve une densification importante, surtout au niveau du lobe moyen, correspondant à la zone irradiée. Il s’est rétracté considérablement. Son volume n’est plus que 1/5 de son volume normal.
L'étude microscopique met en évidence: épaississement marqué des parois alvéolaires avec diminution, ou même disparition, de l’espace aérien. Epithélium des alvéoles sensiblement normal. Augmentation du tissu conjonctif autour des bronches et des vaisseaux sanguins. Gros épaississement des parois et surtout de la média des vaisseaux sanguins situés dans le champ d’irradiation.
Tous les animaux soumis à des irradiations identiques présentent des résultats semblables.
De ER
L'auteur poursuit ses travaux en faisant varier soit la dose, soit les intervalles entre chaque exposition.
Les résultats demeurent toujours assez voisins : épaississement des parois alvéolaires réduisant l’espace aérien. Parfois, desquamation de l’épithélium de l’alvéole. Epaississement des parois des vaisseaux sanguins, augmentation marquée du tissu conjonctif périvasculaire et péri-
bronchique, ainsi que du conjonctif sous-séreux de la plévre.
Et Davis de conclure que l'irradiation excessive du thorax peut entraîner une inflammation plus ou moins sévère des poumons et des plèvres, qui peut conduire à
la sclérose et entraîner une altération de la fonction respiratoire.
Tsuzuki publie, en 1926, les résultats de ses études expérimentales sur le lapin.
Il irradie localement, et non pas par petit champ comme Davis. Toute la face dorsale de l’animal est soumise à l’action des R.X. Il répartit ses lapins en trois séries : les doses totales, ainsi que leur répartition dans le temps, varient dans les deux premières. Le débit « r >» par minute varie lui aussi. Dans la troisième série, l’irradiation est ininterrompue jusqu’à la mort.
Schématiquement, les résultats, en fonction de la dose, sont les suivants :
Au-dessus de 200 r., il y a atteinte des lymphocytes dans le tissu périvasculaire.
Avec une dose de 400 r., on constate, en plus, une hyperhémie modérée, la destruction des lymphocytes, l’apparition de pseudo-éosinophiles. Le tour à l’état normal se fait très rapidement en dix heures.
Une dose de 600 r. provoque d’abord de l’hyperhémie, puis une desquamation partielle des cellules épithéliales bronchiques et alvéolaires, et enfin une exsudation séreuse dans les alvéoles. A partir de la 18° heure, ces phénomènes s’atténuent et, 36 heures après, ils ont totalement disparu.
Si la dose administrée dépasse 800 r., on observe des manifestations à peu près semblables dans les heures qui
suivent, mais souvent elles sont plus accentuées et le retour à la normale se fait beaucoup plus lentement.
Trois ans plus tard, Warthin et Pohle, étudiant expérimentalement la sensibilité du cœur de rat et de lapin aux radiations, ont observé des lésions bronchiques et parenchymateuses dans le territoire irradié.
En 1930, paraît un très important travail sur la sensibilité du parenchyme pulmonaire soumis aux R.X. Ludin et Werthemann s’attachent à conduire leur expérimentation dans des conditions aussi voisines que possible de celles de la Rœntgenthérapie humaine.
Ils administrent par de petites portes des doses très élevées au poumon de lapin : deux champs de 4 cm. X 4 cm. l’un antérieur, l’autre postérieur. 500 r. par séance sur un champ. Chaque porte est irradiée alternativement tous les
huit jours. La quantité totale de rayonnement administré va de 8.500 r. à 21.000 r.
Macroscopiquement, l'œil le moins averti peut délimiter les zones iradiées. Le poumon est plus pâle, sa consistance plus ferme en regard des portes. À la coupe, le secteur irradié montre une surface grise avec des granulations pneumoniques. La lumière des bronches contient un exsudat blanc jaunâtre, visqueux, purulent, sans qu’on puisse y déceler des germes. Il n’a été observé que deux fois des lésions pleurales : épanchement et adhérences.
Histologiquement, on relève des lésions dans les zones saines en apparence : ventilation insuffisante ou parfois totalement absente, septa alvéolaires anormalement épaissis, capillaires gorgés de leucocytes, groupe d’alvéoles remplies d’exsudat, zones d’emphysème.
Les auteurs notent aussi une desquamation de l’épithélium bronchique, une augmentation de sécrétion de mucus.
Toutes ces modifications se retrouvent encore plus marquées dans la zone irradiée : l’épithélium alvéolaire est en voie de dégénérescence, protoplasme vacuolaire, anomalies du noyau et parfois picnose, quelques cellules desqua-