‹ Contribution à l'étude du poumon radiothérapiqueChapitre 14 sur 39 · RO EN · texte numérisé non relu

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Les constantes sont : 180 lkv. 0,5 Cu 3 AL 2 champs de 6 X 8 cm, l’un antérieur, l’autre postérieur symétrique. Et ils prennent pour unité de mesure, la dose de la H.E.D.

A leur avis la répétition de doses, sans danger si elles sont administrées en une seule fois, augmente la fréquence d'apparition et l’intensité des lésions pulmonaires.

Ils consignent, également, des lésions aiguës, telles que bronchites nettes à type nécrotique et broncho-pneumonies avec hémorragies, qu’ils observent après de très fortes doses.

Comme Wintz, ces auteurs pensent que les lésions vasculaires sont le « primum movens » des lésions histologiques consécutives à l’irradiation. Les proliférations conjonctives étant provoquées par les hémorragies primitives et l’induration péribronchique par les réactions inflammaioires secondaires.

L’année suivante, paraît, en 1933, la très importante étude expérimentale d’'Engelstad.

Il prend le lapin comme animal d’expérience.

Sur les 116 sujets, 100 reçoivent l’irradiation au niveau du thorax. La dose administrée est évaluée en fonction de la tolérance cutanée de l’animal. Une dose totale de 1.700 r. ou inférieure sur une porte ne produit pas de réaction cutanée caractérisée, ni d'épilation.

Avec 4.000 à 7.000 r., sur trois ou quatre portes, on obtient une épidermite qui guérit en moins de six semaines.

Les doses de 9.000 r. et au-dessus produisent des réactions très marquées de la peau, et entraînent la mort de l'animal en deux ou trois semaines.

De l’étude des changements observés au niveau du poumon, au cours des trois premiers mois, Engelstad retient :

Dans les heures qui suivent l’irradiation, il y a toujours des modifications, même pour des doses très faibles par rapport à la dose de tolérance cutanée de l'animal.

L'on observe : hyperhémie, petites hémorragies, œdème et dégénérescence marquée des lymphocytes dans les follicules lymphoïdes normaux. Parfois, l’épithélium bronchi-

90) — que est modifié. Dans certains cas, il y a déjà à cette période un début d'infiltration leucocytaire.

Pendant 24 heures, on trouve une infiltration considérable du poumon, sans qu’il soit possible de mettre en évidence la présence de microbes.

Deux mois plus tard, ces modifications provoquées par des doses très minimes persistent encore sous forme d’une sclérose modérée du poumon.

Avec les doses qui entraînent une épidermite rapidement curable, les modifications sont considérables. Souvent, une broncho-pneumonie assez sévère se développe, principalement à partir du dixième jour, broncho-pneumonie capable d’entraîner la mort. En plus des cellules inflammatoires habituelles, il y a un nombre assez élevé de macrophages du vingtième au trentière jour, et parfois pendant plus longtemps.

Avec un recul de 3 mois, on se trouve, après de telles irradiations, en face de changements considérables du poumon : sclérose, infiltration inflammatoire, accumulation de macrophages, remaniements de l’épithélium bronchique qui est squameux et présente çà et là des monstruosités.

L'utilisation de doses plus considérables encore fait apparaître, surtout du dixième au vingtième jour après l’irradiation, des broncho-pneumonies sévères, des bronchites purulentes entraînant la mort dans de nombreux cas.

Trois mois plus tard, l'examen montre une forte augmentation du tissu conjonctif et une infiltration considérable périvasculaire, péribronchique et broncho-pulmonaire. Un nombre énorme de macrophages et de cellules géantes emplit une grande partie du tissu pulmonaire. L’épithélium bronchique prolifère, présente des monstruosités définitives avec zones desquamées. On trouve, aussi, des cellules épithéliales géantes ainsi que des cellules cornées. Les vaisseaux sont peu touchés, les fibres élastiques ne présentent pas de lésions.

La plèvre ne présente des signes d’atteinte que dans 6 % des cas, si la dose est inférieure ou égale à 7.000 r.

DRE, y ES

Avec des doses supérieures, le pourcentage atteint 50 % et la réaction consiste en épanchement ou en symphyse.

Ainsi, Engelstad nous fournit des renseignements de grande valeur sur le caractère anatomo-pathologique des lésions qui suivent de près l’irradiation. En effet, son étude s'arrête à la fin du troisième mois qui suit l’irradiation et

Li LÉ UpRRC , Q .

n'apporte pas de précisions sur l’évolution des modifications tardives.

En 1935, Lucarelli expérimente sur 24 lapins et 8 chiens.

Il évalue la quantité de rayonnement par rapport à la HE: D:

— Le premier groupe reçoit une irradiation de 400 r.

— Le deuxième et le troisième groupes reçoivent, toutes les 48 heures, une dose de 400 r. renouvelée réciproquement 3 fois et 6 fois.

— Les quatrième, cinquième et sixième groupes reçoivent deux, trois et quatre séries de trois irradiations. Les séries sont séparées par 20, 30 et 60 jours.

Les animaux sont sacrifiés une à trois semaines après la fin de l’irradiation.

— Après une seule irradiation : rien à signaler.

— Après deux irradiations : troubles circulatoires régressant en deux semaines.

— Après les troisième, quatrième et cinquième irradiations : petites hémorragies, dilatation des capillaires, infiltration de pseudo-éosinophiles, œdème interstitiel et atélectasies localisées.

Dans les derniers groupes, les lésions sont identiques, mais plus marquées avec atélectasies plus importantes, troubles vasculaires graves. En outre, il y a augmentation du tissu conjonctif interstitiel.

Chez les chiens, les effets sont généralement moins intenses, et Lucarelli attribue cela à une différence d’épaisseur de la paroi : ce qui entraîne une diminution de la dose efficace en profondeur.

En 1940, Engelstad reprend l'étude de ses expériences sur le poumon de lapin.

PSS

Il classe, alors, la réaction du poumon en 4 stades :

— Le premier stade débute une à deux heures après la fin de l’irradiation et dure de 24 à 48 heures. Il est caractérisé par la dégénérescence des follicules lymphoïdes, un changement de l’épithélium bronchique avec grosse augmentation de sécrétion de mucus, hyperhémie, transsudats et infiltration leucocytaire modérée.

— Le second stade dure deux à trois semaines : c’est un stade de latence.

— Le troisième stade, celui des changements marqués tant dégénératifs qu’inflammatoires. La réaction inflammatoire peut être plus ou moins aiguë, et même suraiguë, après de très fortes doses.

L’inflammation aiguë a son maximum environ un à deux mois après l’irradiation. L’infiltration leucocytaire diminue lentement et nous trouvons, alors, de grandes quantités de macrophages et de cellules géantes.

— Le quatrième stade est caractérisé par une tendance à la régénération avec prolifération du tissu conjonctif, sclérose, productions calcaires qui ne sont pas exceptionnelles.

Il y a aussi à ce stade une légère prolifération de l’épithélium bronchique.

Engelstad a classé, aussi, ces manifestations en fonction de la dose administrée :

— Doses inférieures à la dose épidermicide : Yon rencontre des réactions pulmonaires légères et fugaces.

— Doses épidermicides : il y a alors des altérations marquées, laissant par la suite de la sclérose et, parfois, des calcifications.

— Doses beaucoup plus fortes, dangereuses ou léthales : les réactions pulmonaires sont excessivement fortes, et l’on voit souvent survenir la mort.

Engelstad en conclut que le poumon ne réagit pas différemment aux divers types d'irradiation, si la dose totale

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