‹ Contribution à l'étude du poumon radiothérapiqueChapitre 16 sur 39 · CAD · texte numérisé non relu

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En 1943, Boys et Harris étudient la pathogénèse des lésions post-radiothérapiques, au niveau du poumon. Ils pensent que les néoformations sont secondaires à la coagulation de la fibrine de l’exsudat. En empêchant la coagulation de cette fibrine, on peut espérer éviter, ou tout au moins réduire dans de grandes proportions, l’apparition de fibrose et spécialement celle que l’on voit apparaître localement au niveau de l’exsudat inflammatoire.

Pour vérifier cette hypothèse, Boys et Harris utilisent l’héparine chez des lapins qu’ils irradient localement au niveau du thorax.

Les constantes du rayonnement sont les suivantes :

200 kv 25mA 0,5Cu et 1Al 50cm. focus-peau.

Il est administré 700 r. sur tout le thorax. La dose totale sera de 4.200 à 4.700 r. Les animaux pèsent environ 2 kg. 500.

Un premier groupe comprena 11 lapins de contrôle. Le second, 12, auxquels on injecte de l’héparine au cours du traitement radiothérapique expérimental.

L’étude des réactions précoces se fait avant le quinzième jour. Il y a peu de différence au niveau de la plèvre des sujets de l’un et de l’autre groupe.

Les poumons sont augmentés de volume ei de poids, mais beaucoup moins dans le second groupe que dans le premier. Les animaux sous héparine présentent également une meilleure ventilation, et, à la coupe, l’exsudat sanglant est bien moins abondant.

L'étude des suites éloignées révèle des adhérences ou des épanchement au niveau de la plèvre des animaux de contrôle, tandis que les autres ne présentent pas ces troubles. De même, l’aératior du parenchyme des lapins hépa-

rinisés est bien plus satisfaisante que celle des animaux témoins.

Les artérioles des lapins de contrôle sont le siège d’artérite, dégénérescence de l’intima et épaississement de la média. Toutes ces lésions se retrouvent sur les sujets du second groupe, mais un peu moins marquées,

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Au niveau des bronches, la différence des lésions est là aussi assez peu marquée.

C’est donc surtout le parenchyme qui bénéficie de l’action de lhéparine, puisqu'il est nettement plus aéré, que l'œdème y est bien moins marqué et qu’il n’y a pas de dé-

pôts de fibrine. Il n’est pas, ou peu s’en faut, le siège de fibrose.

Les essais analogues, pratiqués en pathologie humaine par Macht et Perlberg, donnèrent des résultats fort encourageants.

Les multiples expériences, qui permettent l’étude de l’action des radiations sur l’appareil pulmonaire, souffrent de la dispersion des efforts de recherche.

Assez rares sont les travaux dignes d'intérêt. Trop souvent, les conditions d'irradiation sont très éloignées de celles utilisées en clinique, et il semble dangereux de vouloir en transposer les résultats sur le plan humain.

Cependant, plusieurs auteurs ont su s’entourer de garanties suffisantes : dose, étalement, grandeur des champs, constantes du rayonnement. Et il semble qu’alors on puisse suivre Engelstad lorsqu'il affirme la grande similitude entre les réactions pleuro-pulmonaires de l’homme et celles de l'animal, après fortes doses de R.X.

Et c’est en se basant sur les résultats expérimentaux qu’il est possible de présumer du caractère histologique des lésions précoces observées en clinique humaine.

Les documents où le rôle de l’irradiation dans l’évolution d’un tableau radioclinique pulmonaire peut être discuté sont nombreux.

Nous avons pris pour principe d’éliminer toutes les observations douteuses, où le Poumon Radiothérapique ne pouvait être affirmé avec suffisamment de certitude, en tenant compte de critères précis, tels que l’aspect radiologique, l’évolution dans le temps, ou, pour un cas, l’examen anatomo-pathologique.

Nous avons refusé toutes les observations de néoformations bronchiques irradiées, où, en toute honnêteté, il n’est pas possible de faire la part des troubles de la ventilation initiaux et des altérations purement rœntgenthérapiques.

Se trouvent, également, exclus de ce travail les cas de cancers du sein précocement irradiés, dont l’évolution métastatique tardive permet d’avoir quelques doutes sur l’origine cancéreuse ou mixte des modifications parenchymateuses.

Nous nous sommes attaché à ne conserver que des observations où la radiologie, et surtout l’évolution, autorisaient le diagnostic de Poumon Radiothérapique.

Elles ont trait à des malades soignés, soit pour cancer du sein, soit pour cancer de l’œsophage.

Ces observations émanent du Centre Anti-Cancéreux, où un grand nombre de malades ont été traités ou examinés. Pour certains, l’irradiation a été réalisée dans des villes voisines. Les malades ont consulté au Centre pour leurs manifestations pulmonaires, où leur dossier a été aimablement mis à la disposition du Docteur Papillon, en vue de ce travail.

MA

Nous avons groupé ces observations en fonction de la localisation de la tumeur qui a justifié le traitement. Huit cas intéressent des cancers du sein, dont cinq furent traités par rœntgenthérapie intensive, et trois selon la technique des grands champs, à grande distance focale.

Les sept autres survinrent après traitement de cancers de l’æœsophage par rœntgenthérapie rotatoire discontinue. L'un comporte un examen histologique pratiqué sur pièces nécr ;)siques.

OBSERATION N° I

Opération d'Halsted pour cancer du sein gauche. Six ans apres, tumeur du sein droit, avec ganglions axillaires. Traitement ræntgenthérapique cytolytique. En fin d'irradiation, épisode preumonique aigu spontanément curable. Fibrose bénigne de la base droite, suivie pendant quatre ans. Evolution à peine progressive.

Madame DED...

Opération d’'Halsted gauche pour cancer du sein, en 1940. Exérèse d’un noyau de récidive locale en 1946. Quelques mois plus lard apparaît une induration massive du sein droil, avec ganglions axillaires mobiles. La radioscopie met en évidence des cicatrices calcifiées des deux sommets, de nature bacillaire.

Traitement rœntgenthérapique du 25 novembre 1948 au 10 janvier 1947 :

200 kv 1 Cu 3 Al 12 mA F.P. 60 cms.

3.200 r. à lapeau sur la région axillaire droite. 5.200 r. à la peau sur champ direct 12X12 centré sur le sein, rayon non tangentiel.

Le 20 janvier 1947: Apparition d’une radio-épidermite intense de toute l’aire mammaire.

Le 31 janvier 1947 : Tableau clinique de pneumonie de la hase droite, non contrôlé à la radioscopie. Bacilloscopie négative.

Le 16 février 1947 : Guérison quasi complète des phénomènes pulmonaires sans traitement spécial.

Le 28 février 1947 : La radio-épidermite est cicatrisée.

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En mars 1947 : Etat général et local satisfaisants. Pigmentation homogène de la peau.

Radiographie pulmonaire : Légère attraction médiastinale à droite et faible ascension du diaphragme. Les sinus sont libres. Le sommet ne présente pas d’image anormale, mais on note une certaine accentuation des travées hilio-basales droites, avec petites images scissurales.

En janvier 1948 : Petite hémoptysie. Les lésions radiologiques n'ont pas varié depuis neuf mois.

En janvier 1949 : Etat général excellent. Résultat local satisfaisant. Persistance de petits signes fonctionnels. Toux intermittente et expectoration banale sans dyspnée.

Radioscopie pulmonaire : Révèle une stabilité des lésions précédemment observées.

En juin 1950 : Algies de la main gauche. Dyspnée d'effort.

Radiographie pulmonaire : Séquelles fibreuses des deux sommets, avec coque pleurale.

— À droite : Sclérose diffuse du champ pulmonaire avec opacité plus marquée du 1/3 inférieur du poumon, respectant les culs-de-sac pleuro et cardio-diaphragmatiques.

Importante attraction du cœur et de la trachée. Ascension du diaphragme.

— À gauche : Certain degré d’emphysème.

Cancer du sein droit, à forme inflammatoire, avec adénopathies axillaires, traité par rœntgenthérapie seule : 22.000 r. — Découverte, trois mois après le traitement, d’une grisaille rétractile appréciable du poumon droit, sans signe fonctionnel appréciable. — Régression spontanée, disparition de l'image. Aucune signe d’évolution néoplasique.

Me VIV...

Tumeur du quadrant supéro-externe du sein droit, en mars 1950, avec phénomène de la peau d'orange, quelques traînées lymphangitiques et ganglions axillaires homologues,

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