ENS
Huguenin, Lemoine et Fauvet ont pratiqué des bronchoscopies sur 14 malades présentant des manifestations pulmonaires nœntgenthérapiques.
Une seule fois, l’arbre pulmonaire était normal. Dans tous les autres cas existaient des anomalies unilatérales, limitées souvent à un territoire bronchique correspondant au champ d'irradiation.
La muqueuse était épaissie, rouge, très vascularisée. Le gonflement allait jusqu’à la sténose chez un des malades. La lumière bronchique contenait en excès des sécrétions fluides ou épaisses, et chez 3 malades ceci n’avait aucune traduction radiologique.
L'état général reste assez satisfaisant, en général, la température ne s’élevant dans de fortes proportions que lors d'infections surajoutées.
En deux à trois semaines, tout rentre dans l’ordre et le malade paraît guéri.
La température oscille vers 37°, le cœur reprend un rythme normal, l’expectoration tarit, la dyspnée s’atténue. La toux devient de moins en moins fréquente, finit parfois par disparaître.
Ainsi se traduit cliniquement la première phase du Poumon Radiothérapique, que Desjardins appelait « rœntgenpleuropneumonitis ».
Elle sera suivie d’une phase tardive, chronique, débutant en général après une période de latence.
Pendant cette phase aiguë, la surveillance radiographique des malades peut surprendre. La diversité des images observées, et surtout la fréquence des cas où la disproportion entre symptomatologies clinique et radiologique est flagrante.
Il est impossible de définir une ou un groupe d’images radiologiques pathognomoniques du Poumon Radiothérapique.
Durant la période clinique aiguë précoce, on voit apparaître sur les films un foyer exsudatif correspondant à la zone soumise aux irradiations,
Di
Les images sont polymorphes.
Tantôt, il s’agit de foyers denses sans structure visible, à contours flous. Tantôt ce sont des zones d’opacités plus faibles à travers lesquelles on voit se dessiner des travées bronchovasculaires et de petits foyers acineux.
Parfois, on observe des travées irrégulières, tortueuses, anastomosées en réseau, délimitant des zones de tonalité inégale avec foyers acineux disséminés. On se trouve, alors, en présence d’un tableau assez voisin de celui de certains cancers métastatiques du poumon.
Huguenin, Lemoine et Fauvet ont schématisé les images du Poumon Radiothérapique en plusieurs catégories :
— Opacité nuageuse, d'apparence diffuse, en coup d’estompe, occupant une fraction d’un lobe, réalisant une « grisaille >» du poumon faite d’aspect micro-nodulaires et de travées pénicillées.
— Groupe de nodules fins, plus importants, plus isolés, souvent localisés au voisinage d’une scissure et groupés en triangle à sommet hilaire.
— Association de nodules plus gros et plus opaques, avec des images aérolaires évoquant la tuberculose ulcéronodulaire. À ces ombres se surajoutent fréquemment un élément pleural manifeste : bande scissurale transversale, ombre bordante au niveau de certaines parties des contours thoraciques, coupole diaphragmatique surélevée, déformée, à contour interne flou.
Toutes ces images présentent, cependant, des caractères communs : leur localisation et leur instabilité.
Les modifications radiologiques sont toujours unilatérales en cas de néoplasme du sein, et on ne peut leur définir une topographie zonaire ou lobaïire.
Elles sont limitées au territoire qui a été irradié et correspondent à la surface du champ.
Dans les cas de Poumon Radiothérapique après rœntgenthérapie rotatoire discontinue, il en est de même.
Du fait de la situation des champs, elles prennent souvent un aspect particulier.