DIAGNOSTIC
Les signes cliniques et radiologiques constituant la symptomatologie du Poumon Radiothérapique n’ont rien de véritablement spécifique. Comme nous l’avons vu, il n’y a pas de syndrome très caractérisé.
Une bronchite catarrhale, une congestion pulmonaire, une bronchopneumonie, une pneumonie, tels sont les différents aspects que peut revêtir la phase aiguë.
La sclérose de la période tardive ne présente aucun caractère particulier qui permette de déceler d’emblée son étiologie. C’est surtout l’anamnèse qui met sur la voie du diagnostic.
Un grand nombre des manifestations pulmonaires, aiguës ou subaiguës, qui surviennent dans les semaines suivant un traitement intensif par les R.X. ne sont pas rattachées à leur véritable étiologie. Elles sont considérées par les malades comme une affection banale due à un « refroidissement » par exemple. Lors des visites de contrôle ou de surveillance ultérieurs, les patients omettront souvent de les signaler au radiothérapeute, si celui-ci n’oriente son interrogatoire avec précision sur la recherche d’accidents pulmonaires éventuels. Lorsque l'intensité de l’atteinte broncho-pulmonaire a été suffisante pour que le malade fasse appel à son médecin habituel, ce dernier la considérera également, le plus souvent, comme banale. L'évolution favorable dans la très grande majorité des cas, même sans traitement, ne l’incitera pas à poursuivre plus avant ses investigations étiologiques.
L'examen radiologique de l’appareil pulmonaire n’est pas spécialement évocateur. Les images observées se rencontrent dans nombre d’affections sans rapport avec les
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R.X. Cependant l’étude de la topographie de ces images ne manquera pas de surprendre. Leur localisation ne permet pas une schématisation, une systématisation, comme il est habituellement possible de la faire par rapport à un - territoire bronchique ou vasculaire. Par contre, elles correspondent tout à fait aux champs d'irradiation, ou aux régions où se croisent les faisceaux à l’intérieur du thorax. Les zones voisines, non soumises aux doses élevées de radiations ionisantes, se révèlent indemnes.
En fait, le diagnostic de Poumon Radiothérapique habituellement ne se pose pas. Malgré le caractère atypique non spécifique des images radiologiques et de la scène clinique, la notion d’irradiations intensives dans les mois qui précèdent, les séquelles cutanées inévitables, suffisent à signer l’origine des troubles survenus à un parenchyme pulmonaire, auparavant intact. En effet, son intégrité aura toujours été vérifiée avant le début d’un traitement radiothérapique au niveau du thorax, par un examen radiographique. Ceci pour contrôler l’absence de lésions bacillaires ou de métastases.
Parfois, cependant, les films mettent en évidence pendant la période qui suit le traitement, des opacités polymorphes avec des aspects pseudo-cavitaires. D’autres fois, comme pour la malade de notre observation n° 4, des images nodulaires. Or, ces signes alarmants à localisation sus et sous-claviculaire, le plus souvent, s’observent au sein d’un tableau clinique qui n’a rien de rassurant. Il s’agit de femmes jeunes, à l’état général déficient, avec température peu élevée, légère tachycardie, sueurs, inappétence, et troubles du sommeil. L’on est alors en droit d'évoquer un processus d'infiltration tuberculeuse. Tel était le cas d’une malade examinée par Lamy. Après opération d’Halsted, elle avait reçu une irradiation intensive de complément sur la cicatrice et les territoires lymphatiques tributaires. Au cours du traitement rœntgenthérapique, elle avait présenté des images suspectes posant un délicat pro-
blème : Etaient-elles imputables aux R.X. ou à la bacillose ?
Plusieurs cas d’extension rapide d’un processus tuberculeux diffus ont été signalés à la suite de l'exposition du thorax, à l’action de hautes doses de radiations ionisantes. Ces radiations ont également été accusées d’être à l’origine de réveils de foyers bacillaires anciens qui paraissent éteints. Il semble que ces risques aient été exagérés. Le malade de notre observation 12 par exemple, reçut une très forte irradiation pour néoplasme de l’œsophage. Or il était porteur de cicatrices apicales importantes et aucune modification n’apparut au niveau de ses sommets.
Lorsqu'un doute existe, la recherche des B.K. dans les crachats et dans le liquide gastrique, permettra d’infirmer ce diagnostic. D’autre part, la topographie des altérations radiothérapiques est calquée sur celle des champs d'irradiations. Une telle constatation permettra d’éliminer la tuberculose, sans grand risque d’erreur. Enfin l’étude de l’évolution radiologique et clinique pourra dans les cas les plus difficiles préciser la nature de l’affection en cause. La labilité et la régressivité des signes sera en faveur de l’étiologie radiothérapique.
En dehors de rarissimes observations, le poumon radiothérapique s’observe chez des cancéreux. Aussi la surveillance de tels malades se fait, légitimement, dans la crainte de voir se développer une évolution maligne : récidives, envahissement par propagation ou métastases. L’apparition de modifications suspectes au niveau du tissu pleuropulmonaire sera attribuée, le plus souvent, à un processus malin. Lorsque les signes radiologiques sont plus marqués que ne le laissait prévoir la clinique, l’on sera encore davantage porté à les imputer au cancer.
Quand il s’agit de néoplasme bronchique, il est à peu près impossible de faire la part de ce qui est secondaire aux radiations et de ce qui revient à la lésion originelle.
La surveillance minutieuse de l’évolution peut, seule, préciser l’étiologie des altérations observées.
Si la tumeur siège au niveau de la glande mammaire, la date d’apparition des manifestations radiologiques, par rapport au traitement, peut mettre sur la voie. Mais cela n’a qu’une valeur très relative. Il faut garder présente à