‹ Contribution à l'Étude du Procédé Synchronne d'Amputation Abdomino-Périnéale Combinée du RectumChapitre 14 sur 21 · DER · texte numérisé non relu

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PSS ans, une entéro-colite durant laquelle la malade passe vingt Jours

sans aller à la selle.

Examens : Les douleurs sont accusées à la palpation seulement en un point situé au niveau de la huitième dorsale, douleur plus costale que vertébrale. Les mouvements sont possibles en tous sens.

APPAPEIL piGestir : La langue est sale.

L'abomen souple, avec un point douloureux haut situé dans la fosse iliaque gauche.

Au toucher rectal, on trouve à bout de doigt, une masse arrondie multilobée en choux-fleur, du volume d’un œuf de pigeon. Elle descend peu à la poussée abdominale, semble implantée sur la paroi postéro-latérale droite du rectum.

Au toucher vaginal, le cul-de-sac de Douglas est irrégulier, fixe, un peu cartonné. Le col utérin est normal. Rien ‘par ailleurs.

APPAREIL CARDIO-VASCULAIRE : Pouls petit, rapide. A l’auscultation, on trouve un souîfle systolique à propagation axillaire.

Tension artérielle : Mx = 13; Mn = 7; lo = 4; Pe = 10.

SYSTÈME NERVEUX : Papilles en myosis réagissant peu à la lumière.

Rien par ailleurs.

EXAMENS DE LABORATOIRE : Urée = 0 gr. 18 Cholestérol — 2 gr. 81 Bordet-Wassermann Meinicke négatifs Kabn

Selles — Kastle Meyer très positit. Nombreuses hématies. Nom-

breux leucocytes non altérés. Nombreuses eellules épithéliales.

REGTOSCOPIE, — À 11 centimètres de l’orifice anal, sur la paroi l intenne du rectum, on aperçoit une masse bourgeonnante du volüme d'une prune, grisätre, dure, fixée, produisant un suintement sanguinolent abondant.

Draëxosrie, — 11 s'agit évidemment d’un cancer du rectum, déjà très avancé, évoluant depuis plus d’un an. Localement, il ‘y a de

10e l'infiltration très nelle postéro-latérale droite, La masse est fixée en arrière sur le sacrum. Le doigt ne dépasse pas la limite supérieure du cancer qui s'élend assez haut vers la partie supérieure du: rectum.

Il s’agit donc d'un Urès mauvais cas au point de vue local et d'un non moins mauvais cas au point de vue général, La malade, âgée de 62 ans, paraissait beaucoup plus que son âge et présentait un mauvais état général. On se décide cependant, en désespoir de cause, à tenter l'opération.

Intervention pratiquée le 27 novembre 1936.

Opérateurs : du côté périméal, le Professeur Guyot, aidé du docteur Courriades, chef de Clinique; du côté abdominal, le docteur J. Villar, aidé de Bénelli, interne.

Anesthésie à l’éther à l’ombrédanne.

La malade est placé en position gynécologique avec un petit coussin plat, surélevant le périnée, qui déborde largement le bout de la table. Les deux jambes sont en flexion abductton légère. Les épaulières permettent un trendelenburg suifisant pour que l’exposition des deux champs opératoires soit excellente, pour la région périnéale, et simplement suffisante pour le champ abdominal.

PREMIER TEMPS. — Laparotomie médiane. Protection soiïgneuse.

La tumeur est énonme à la partie supérieure de l’ampoule rectale. Elle est peu mobile mais on a l'impression d'une exérèse possible.

L'opérateur périnéal, le Professeur Guyot, commence alors le temps périnéal qui s'exécule rapidement et avec une excellente hémostase.

Pendant ce temps, section par le docteur Villar de l’anse sigmoïde, Ligature et section de l’'hémorroïdale supérieure. Section des deux lames du méso-rectum.

Les tractions hautes sur la tumeur y produisent une légère déhiscence. On a l'impression très nette qu'une amputation périnéale simple décapitant, par suite des tracfions aveugles, la masse néoplasique en son milieu.

L’entr’aide des deux opérateurs est très importante et surtout pour les points suivants

Ouverture de l'espace rétro-rectal;

Ouverture du cul-de-sac péritonéal antérieur;

Hémostase.

Bientôt le rectum est complètement dégagé. Il est extrait par la région périnéale.

L'amputation de la tumeur à duré exactement vingt-cinq minutes.

Deuxième TemPs. — l'opérateur abdominal procède alors à une péritonisation parfaite grâce aux deux ligaments ronds et au fond utérin, conservés, qu'il vient accoler au périfoine pariélal postérieur par un surjet solide et facile. Cette péritonisation est un des temps les plus satisfaisants du procédé synchrone. A condition de garder l'utérus on arrive à fermer hermétiquement, grâce à un abondant

matériel, l'hyatus périnéal.

TROISIÈME TEMPS, — L'écarteur de Ricard étant enlevé, courte imcision de décharge iliaque gauche par où est extériorisé en un anus définitif le bout supérieur de l’anse réséquée.

Fermeture au fil métallique de la laparotomie médiane, La plaie périnéale simplement rétrécie est bourrée de mèches. Une sonde de Petzer est mise dans la vessie.

Durée totale de l'opération quarante-cinq minutes.

Malheureusement au moment des derniers points cutanés, la malade, qui était restée lès cyanosée sous l’anesthésie à l'éther, se cyanose de plus en plus et cesse de respirer, le visage violacé comme dans une syncope anesthésique bleue banale, Son pouls est bon, son cœur bat normalement.

Cependant, malgré tous les moyens mis en œuvre, on ne peut obtenir le retour à la conscience de la malade. Après une heure d'efforts elle est rapportée dans son lil, comaleuse, sans pouls, avec une respiration périodique du type Cheyne-Stokes, Mort deux heures après.

Cette malade, malgré quelle soit morte en fin d'opération et presque sur la table, ne semble pas avoir présenté cependant le véritable signe de shock (refroidissement, pâleur, abolissement du pouls). Cette malade tarée au point de vue général a semblé faire des accidents bulbo-encéphaliques d'ordre plutôt anesthésique.

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