‹ Contribution à l'étude du prolapsus de l'utérus gravideChapitre 5 sur 20 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

M°° O..., 33 ans, 51 bis, cours de l’Yser. Espagnole habitant un quartier populeux et se livrant à des travaux pénibles.

Mère de 3 enfants.

Première grossesse en 1922 : enfant mort de gastro-entérite.

Deuxième grossesse en 1924 : application de forceps, enfant bien portant.

Troisième grossesse actuelle. La malade à eu ses dernières règles le 18 mars.

Vers la fin d’août, après une longue marche et un travail fatigant, elle eut la sensation que sa matrice descendait. Cette chute s’accentue progressivement et, au bout de quelques jours, elle arrivait entre les cuisses, gênant la marche et provoquant une sensation douloureuse fort accentuée. Pas de constipation. La malade urine normalement, en un seul temps.

La gêne de la marche et la douleur s’accentuant, la malade se présente, en août, à la consultation de la Clinique Gynécologique.

A l’inspection, on constate un prolapsus utérin du troisième degré. -

On le réduit facilement et on le maintient en place avec un pessaire. On ne constate ni cystocèle ni rectocèle. Le plancher périnéal semble avoir une tonicité bonne.

On détermine mal la hauteur du fond de lutérus.

Depuis, la grossesse s’est poursuivie normalement.

L'accouchement a eu lieu le 27 décembre, 51 bis, cours de lYser, avec l’assistance d’une sage-femme.

A 5 heures, la parturiente ressent les premières contractions utérines.

A 9 heures ?, l’accouchement a lieu. L'enfant se présente pamdartéteren OT: G.7A

Les membranes se sont décollées normalement. Suites de couches régulières. La malade s’est levée le 4 janvier 1927 et, depuis, elle n’a pas remarqué que sa matrice ait redescendu.

Aucun antécédent personnel ou héréditaire intéressant.

DB

OBSERVATION V (Personnelle.)

M": T... Marguerite, 27 ans, cultivatrice en Gironde.

Réglée à 15 ans. Règles normales, mais apparaissant cependant toujours avant la date escomptée.

A présenté 3 grossesses. La première, normale (en 1920). L'accouchement s’est fait normalement après un travail plutôt difficile, qui dura deux jours (du 18 au 20 novembre). La malade se lève 8 jours après.

La deuxième grossesse a lieu en 1922. Elle est normale. Le travail dure à peine 3 heures et l’enfant nait le 31 mai de la même année.

La malade se trouvant bien, et pressée par son travail, se lève le troisième jour !

En juin 1926, elle souffre du bas-ventre, surtout au moment de ses règles. Elle a des envies fréquentes d’uriner, présente de la constipation, toutes choses qui l’amènent à consulter son médecin au mois d’août 1926. Celui-ci lui dit « qu’elle a une chute de matrice » et lui ordonne le repos et le port d’une ceinture; et aussi des injections chaudes avec du borate de soude.

Ses règles, qui sont apparues en dernier lieu le 20 août, ne reparaissent plus, et la malade se considère comme enceinte.

Le 22 décembre 1927, au cours d’un travail pénible dans la vigne (elle transportait des fagots), elle ressent une violente douleur au ventre et perd connaissance. On la transporte chez elle et on appelle un médecin.

Le lendemain, à l'examen, on constate: la vulve est entr’ouverte et, si on fait pousser la malade, le col apparaît et la paroi antérieure du vagin fait hernie à l’extérieur.

Le col est ramolli et bosselé, se réduit facilement, mais douloureusement pour la malade.

L’utérus est augmenté de volume. Le fond paraît remonter à 10 ou 12 centimètres environ au-dessus de l’épine du pubis.

La malade est mise au repos et la grossesse se poursuit sans incidents.

a 7 RE

État normal de l’utérus gravide.

À l’état normal, l’utérus est en quelque sorte suspendu au mlieu de la cavité pelvienne entre le rectum en arrière et la vessie en avant. Il présente plusieurs modifications au cours de la grossesse normale. Il augmente progressivement de volume et cette augmentation pent être mise en évidence par la méthode usuelle qui consiste à mesurer la hauteur du fond de la matrice à partir du point fixe osseux formé par la symphyse pubienne.

Des statistiques différentes ont été publiées.

Waldeyer fut un des premiers à donner des renseignements précis à ce sujet. D’après Fabre, Professeur à la Clinique Obstétricale de Lyon, l’utérus augmenterait en moyenne de 4 centimètres par mois. D’après le Professeur agrégé Péry, les causes d’erreurs moyennes de ces mensurations proviennent de l’antéversion qui est plus ou moins grande dans les premiers mois de la grossesse.

Les mensurations pratiquées à la Maternité de Bordeaux indiquent les hauteurs suivantes

A la fin du 1* mois le fond de l’utérus est à 4% au-dessus,

Page 1