OBSERVATION III
Inédite, recueillie à la Maternité de Rennes dans le service de M. Véron
L..., 28 ans, IT pare. La première grossesse est survenue dans le courant de l’année 1901. La femme est envoyée à la Maternité de Rennes, le 12 février 1901 en plein travail et subit une basiotripsie : le rétrécissement du bassin ne permettant pas le passage spontané du fœtus mort depuis la veille.
‘ Elle redevient enceinte en 1906 et nous l’examinons le 6 mars de celle même année à la Maternité de Rennes où
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elle est entrée pour faire ses couches. Elle est alors parvenue aux environs du terme de sa gestation. C'est une femme de taille petite (1 m. 29), présentant de nombreux stigmates de rachitisme : front olympien, voûte palatine ogivale, prognathisme de la mâchoire inférieure, épiphyses volumineuses. Son bassin est un bassin rachitique, canaliculé, dont le diamètre promonto sous-pubien mesure 9 cent. 1. M. le Pr Véron décide, devant la disproportion marquée entre la tête de l'enfant et le bassin de la femme, indiquée par le palper mensurateur, de pratiquer chez elle une opération césarienne. On la prépare dès ce moment pas des bains chauds savonneux et des irrigations vaginales fréquentes. Le 13 mars 1906, il semble, d’après les renseignements fournis par la femme et les s'gnes constatés, qu’elle doit arriver à la fin de sa grossesse. M. Véron, aidé du docteur Marquis, pratique une césarotomie.
1° Anesthésie chloroformique. Désinfection minutieuse du champ opératoire au savon, alcool, antiseptiques usuels et teinture d’iode ;
2° Avant l’incision de la paroi, on pratique une injection sous-cutanée d’un centimètre cube d’ergotinine Tanret ;
3° La paroi est sectionnée sur une longueur de 15 à 18 centimètres, dont les deux tiers environ au-dessus de l’ombilic ; - 4° On incise l'utérus in situ, sur une étendue de 10 cent. environ en s’efforçant de ne pas atteindre le segment inférieur. Malgré cette précaution, il se produit une hémorrhagie assez abondante ; Be Le placenta est inséré sur la paroi antérieure de l’utérus, aussi a-t-il contribué à, alimenter l’hémorrhagie ;
6° Extraction immédiate de l'enfant en saisissant d’abord un pied puis un second et en ébauchant une sorte de manœuvre de Mauriceau pour le passage de la tête der: nière ;
7° La délivrance est faite avec soin ; les membranes saisies avec une pince sont tordues et détachées à l’aide de compresses abdominales, pendant que l’aide comprime les pédicules vasculaires ;
8° La suture utérine est faite au catgut par points séparés et suivant deux plans, l'un profond, l'autre superficiel. Le premier comprend toute l'épaisseur des tuniques utérines sauf la muqueuse ; le second est une suture séroséreuse qui complète l'affrontement ;
9° Pour la paroi abdominale, nous employons trois plans de suture : deux au catgut (pour le péritoine et l'aponévrose), un pour la peau aux crins de Florence.
L'opération a duré 30 minutes. L'enfant, une fille, du poids de 3 kilogs 550 grammes, n’a pas eu besoin d'être ranimée.
Suites opéraloires. — Après l'opération, pas de vomissements ; la malade se réveille et le pouls est bien frappé. Le soir, la température monte à 38 degrés. Le pouls bat à 100. La malade a une miction spontanée. Les jours suivants sont marqués par des élévations thermiques et de la rapidité du pouls, signes évidents d'infection. Jusqu'au 26, c'est-à-dire pendant 13 jours, la température vespérale se maintient entre 38 degrés et 40 degrés, tandis que la température matinale oscille entre 37 et 38° 5. On met en œuvre toutes les médications appropriées : sérum artificiel, collargol, huile camphrée.
Le 26, on enlève les crins de Florence, la cicatrice cutanée est en grande partie parfaite, mais à l'extrémité inférieure existe une solution de continuité, un orifice laissant sourdre du pus. Par cet orifice on peut extraire la totalité du surget au catgut qui réunissait les deux lèvres de la section aponévrotique. On introduit dans la plaie deux petits drains.
L'infection avec température oscillant le soir entre 40 et 38°, le matin entre 37 et 38° 5 persiste encore longtemps ;