‹ Contribution à l'Étude du Protoxyde d'azoteChapitre 13 sur 33 · O0 TR · texte numérisé non relu

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rations en clientèle ne permettent pas de tenter une rachianesthésie et les difficultés de surveillance-ou de secours en Cas de syncope commandent de s'abstenir des agents d’anesthésie trop profonde. En ces occasions, le protoxyde d’azote sera préférable, ainsi que dans les cas où le patient devant être opéré assis, il faut éviter de détruire le tonus musculaire sans lequel il tomberait.

Mais plus encore que toutes les considérations précédentes peut-être, l’état du malade nous fera souvent

pencher vers le choix du protoxyde et le fait est curieux

à noter qu’il est presque uniquement employé dans

Part dentaire, sur des sujets parfaitement bien portants, alors qu’il est l’anesthésique le mieux approprié aux interventions chez des malades très affaiblis ou infectés. Chez ceux-ci, l'insuffisance cardiaque interdit le chloroforme, et les risques d’atteinte hépatique ou d’hémolyse le contre-indiquent aussi, de même que l’éther. Quant au chloréthyle, son absence de toxicité lors d’une intervention de longue durée n’est pas suffisamment établie pour permettre de l’administrer à un grand infecté qu’une opération fait longtemps rester sous le masque.

La persistance de l’analgésie après le sommeil par protoxyde, permet de le dispenser de morphine et d’éviter une cause de plus d'intoxication.

Ces conceptions théoriques sont entièrement confirmées par l'expérience des anesthésies d’anémiques, d’infectés, de vieillards, de cardiaques, et d’enfants, et si

l’on objecte que les nerveux et les alcooliques sont des

sujets -chez lesquels le protoxyde prend mal, parce.

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que l’anesthésie n'est pas rapidement atteinte, il faut convenir que chez ces sujets, en général, elle est beau-

coup plus lente à se produire avec les autres anesthé-

siques.

: Mais que signifient les plus belles démonstrations cliniques si des circonstances d’ordres divers, par exemple une répugnance invincible du patient pour le mode d’anesthésie qu’on lui propose, interdisent à l’opérateur d'imposer son choix. Le cas se produit généralement en faveur du protoxyde d'azote et le patient qui craint la douleur d’une ponction lombaire, les vertiges de l’éther, l’angoisse des premières inhalations du chloro- “orme, ne répugnera jamais à prendre quelques bouf- Tées de protoxyde s’il en a déjà fait l'expérience. S'il ne l’a pas encore faite, il peut s’accouturmer au masque ‘et au gaz en toute confiance, en tenant lui-même le masque et, parvenu vite à l’état de « don't care », accepfera tout ce qu’on lui dira de faire, surtout s’il sait se réveiller sans nausées etsans céphalée après l'absorption du gaz. À

Pour l’entourage, la rareté de la période d’excitation, leuphorie du réveil et la possibilité d'opérer le patient sans qu'il soit à jeun, évitent toute une mise en scène impressionnante que le médecin cherchera toujours à éviter, dût l'opération y perdre un peu du prestige de son rite.

Quand le protoxyde sera mieux connu du public, il est probable qu’on ne verra plus ce spectacle navrant “de malades qu’une intervention chirurgicale peut sau-

er, se laissant mourir par la crainte de l’anesthésie.

-: De ces considérations, se dégagent les indications et

J. Paignon 3

contre-indications de l’anesthésie au protoxyde. Bien que notre avis personnel, confirmé par une certaine expérience, soit l'emploi du protoxyde dans tous les cas où il procure le sommeil (quelques très rares sujets n'étant pas sensibles à son action), nous pensons que la rachianesthésie, l’éther et le chloroforme peuvent lui être préférés pour les laparotomies et les réductions de la luxation. L'absence d’un anesthésiste expérimenté peut autoriser également à courir les risques d’un procédé plus toxique pour éviter des réveils inopportuns au cours de l’opération.

Le protoxyde d’azote peut être dangereux pour les mitraux et les obèses, excitant pour les alcooliques et les hystériques, mais quel est l’anesthésique qui n’a pas ces propriétés ? Les morphinomanes sont peu sensibles au protoxyde d’azote et certains sujets, sans cause apparente, sont réfractaires. Nous connaïssons un cas (Barbedor) où quinze minutes d’inhalation ne produisirent aucun effet anesthésique sur un patient, qui fut du reste difficile ensuite à endormir à l’éther. W.-A. Suthers cite un homme qui, ayant pris 450 litres de protoxyde d'azote sans anesthésie, inhala de l'éther, ensuite, pendant une heure, sans plus de succès.

Si le protoxyde d'azote peut toujours être employé, ilest des cas où l'opérateur doit s’en servir; c’est d’abord chez les sujets shockés, les vieillards, les enfants, les jeunes filles au cours de leurs périodes cataméniales ;! c'est aussi chez les tuberculeux, les cardiaques, les diabétiques, les albuminuriques; c’est encore chez les emphysémateux et les bronchitiques, sur lesquels le

gaz exerce une action sédative. On doit aussi choisir le .

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-protoxyde pour une anesthésie d'urgence chez un patient qui‘vient de manger et dont on n’a pas le temps d’examiner le Cœur, le foie, les reins et les poumons. Enfin, toute analgésie de luxe où l'indication d’une douleur minime est seule en cause, ne justifie pas l’emploi de

l’éther et du chloroforme et doit être faite au protoxyde.

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