‹ Contribution à l'Étude du Protoxyde d'azoteChapitre 14 sur 33 · APPLICATIONS · texte numérisé non relu

APPLICATIONS

Seul, le protoxyde d’azote, nous venons de le voir, peut être employé dans les cas où l’on ne recherche que la suppression d’une douleur tolérable et c’est ce qui a fait sa vogue en art dentaire, bien que la plupart des classiques condamnent cette méthode, disant que le sujet se réveille au moment où le masque est ôté de la face pour permettre l’opération. En réalité, les stomatologistes opèrent avec un masque nasal et le patient respire du protoxyde par le nez, de l’air par la bouche et

reste analgésié. L’anesthésie profonde peut même être

obtenue en interceptant l’arrivée d’air au pharynx par

l'application, dans le prolongement du voile du palais, d’un diaphragme de caoutchouc enveloppé de gaze, qui retient également le sang et les mucosités (Guibourg).

La respiration nasale étant difficile par elle-même,

les appareils à masque nasal sont établis sans rebreathing pour éviter à l’expiration l'obstacle de l’élasticité du sac.

En dehors de la stomatologie, le protoxyde est employé en chirurgie générale dans tous les genres d’opérations, même dans les laparotomies, par des chirur-

giens qui aiment mieux mettre à l’épreuve leur virtuo-

sité pour faire des sutures dans un abdomen mobile

que de risquer une rupture, par les vomissements du réveil, de points fixés en toute tranquillité. En obstétrique dystocique, le protoxyde d'azote est

un très bon agent d’anesthésie, surtout pour les forceps

et les versions, car s’il augmente l'intensité et la durée

de constructions qu’utilise l'obstétricien, il augmente également l'intervalle des douleurs, intervalle pandant lequel on place les branches du forceps ou la main qui pratique la version. Au moment des douleurs subintrantes, l’action myotonique du protoxyde d'azote n’est pas une contre-indication à son emploi, l'expérience a prouvé que si les contractions qu’il produit gênaient les manœuvres, les contractures qu’il évite les rendaieñt dangereusés ou impossibles.

- Et nous en arrivons au chapitre si passionnant pour le public, si important au point de die social, et si discuté des physiologistes..… de l’analgésie obstétricale dans l'accouchement spontané. En 1847, Simpson ayant, avec succès, pratiqué des versions, sous l’anesthésie à l’éther et au chloroforme, Dubois en fit l’essai pour un accouchement eutocique et la reine ‘Victoria bénéficia du procédé et de la technique appelée depuis : anesthésie à la reine.

Mais, comme nous l'avons vu, l'éther et le chloroforme présentent des dangers sérieux et, dans le cas particulier, malgré l’opinion de Blot et de Fochier, Pinard et Pajot estiment que les anesthésiques trop lents à agir et d'effet trop persistant, ne calment pas la douleur à faible dose et, à dose efficace, arrêtent le travail. Les anesthésiques qui produisent la résolution mus-

culaire ne favorisent l’expulsion qu'en empêchant les

contractures, mais ils arrêtent aussi les contractions et ne permettent qu'une terminaison par intervention, qu'ils rendent dangereuse en facilitant les hémorragies d'un utérus atone dont les vaisseaux restent béants.

Le choral, d'action trop lente, et la cocaïne, trop toxique, ne sont pas à conseiller.

Le protoxyde possède une action assez rapide et une élimination assez immédiate pour permettre à chaque douleur une anesthésie vraie et suffisamment rapide pour qu'une accumulation de gaz carbonique dans le sang maieruel, placentaire et fœtal, provoque des inspirations prématurées du fœtus par excitation bulbaire. Gependani, la stabilité de l’analgésie, l'utilité des poussées abdominales volontaires de la parturiente, indiquent de pratiquer plutôt l’analgésie pendant la durée des douleurs; nous n'y voyons que des avantages.

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