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de préparation chimique ou de technique opératoire, autrefois constants et devenus évitables maintenant.
C’est ce que nous allons étudier.
Propriétés physiques et chimiques.
Le protoxyde d'azote, de formule N°0, est un gaz incolore, inodore et de saveur sucrée, qualités qui rendent son absorption plutôt agréable.
son poids spécifique est 1,52. Il est comburant, mais non combustible, légèrement soluble dans l’eau, beaucoup plus dans l'alcool et décomposable par l'étincelle électrique. |
Depuis que Faraday l’a obtenu liquide, on l’emploie souvent ainsi pour le transporter facilement en obus
d'acier. À ‘Oo, il se liquéfie sous une pression de 30 at.
et à la température ordinaire, aux environs de 50 at.
On le prépare en chauffant à 400 du nitrate d’am-
moniaque pur selon la formule :
NOSNH#— N'O+ 2 (H20)
mais pratiquement, à 2500, il se forme un autre oxyde très toxique, le bioxyde d'azote NO°.et le protoxyde l’entraîne ainsi que de l’acide sulfurique, de l’acide azotique, de l’ammoniaque. Il est donc nécessaire de le purifier et pour ce faire on lave le gaz impur dans une solution de permanganate de potasse qui détruit les oxydes toxiques: puis on le fait passer dans des fours à coke, sous une pluie de lessive de soude, pour fixer l'acide azo-
tique; dans des laveurs à l'acide sulfurique pour enle-
ver l’ammoniaque et dans de l’eau pure pour éliminer
les traces d'acide sulfurique.
On voit combien est difficile l’obtention d'un gaz offrant toute garantie. Cependant, le produit commercial étant livré en tubes pour le remplissage desquels il a été comprimé à 30 atmosphères environ, le bioxyde s’y trouve à l’état gazeux à la surface du protoxyde - liquide et s’élimine rapidement dès qu'on ouvre le tube. Lorsqu'on n’est pas certain de la pureté du contenu, de Vobus, il est donc prudent de faire un peu fuser le gaz
avant de l'utiliser.
Propriétés physiologiques.
Nous ne saurions traiter de l’anesthésie par le protoxyde d'azote, ses avantages, ses inconvénients, son mode d'administration, sans avoir préalablement étudié son action physiologique au moins dans les trois ordres de fait qui intéressent l’anesthésiste :: sensations éprouvées par le patient, action anesthésique, toxicité.
Davy, respirant un mélange d'air et de N°9, trouvait au gaz une saveur sucrée, et ressentait, après quelques inhalations, une sensation générale de bien-être. Cessant les inspirations au moment où commençaient quelques bourdonnements d'oreilles, il revenait rapidement à son état normal après une phase d’analgésie suivie d'une crise de rire sans cause psychique.
Absorbant du N°O pur, le même expérimentateur éprouvait une augmentation de toutes les perceptions sensorielles dès le début et une exaltation intellectuelle qui se prolongeait dans le sommeil par des rêves sublimes. Au réveil, il restait quelques instants indifférent aux choses du monde extérieur... et ces mêmes phéno-
mènes se reproduisaient à toutes les lentatives.
à Ur udtéen ist)
Dans son auto-observation, Pictet ressent un grand calme et dit éprouver la sensation de l'existence sans déformations de nature, mais « exaltée ». Il se sent vivre, il existe : les sensations sont plus. nettes, les impressions plus vives, Les réflexions plus profondes. Bientôt surviennent quelques bourdonnements d'oreille, une Sensation de gonflement de la tête, le pouls devient irrégulier, c’est à ce moment qu'il retire le masque.
Plusieurs expérimentateurs disent avoir « vu bleu » avant que le début du sommeil leur ait fait perdre la perception nette des ‘objets environnants. Quant aux impressions ressenties pendant le sommeil, elles sont sous la dépendance étroite de l’état psychique habituel et plus encore de l’état immédiatement antérieur à la narcose. Tous les anesthésistes qui ont employé le protoxyde d’azote savent combien le calme et les encouragements du début ont d'influence sur la quiétude de Panesthésie pendant toute sa durée. Laborde allait jusqu'à faire jouer des airs gais pendant le début de ses narcoses au protoxyde d'azote et ses patients entendaient de la musique jusqu'à leur réveil. Nous avons constaté fréquemment aussi, au point de vue moteur, l’agitation de sujets, parfaitement inconscients d'ailleurs, qu'un réflexe de défense avait fait se débattre pendant la première phase analgésique. Les rêves érotiques attribués
à l’action du protoxyde nous semblent plus imputables
cette prolongation des idées du début de la narcose qu’à l'influence directe du gaz.
Pour qui connaît les sensations du sommeil chloroformique ou éthéré, l’anesthésie au protoxyde d'azote pa-
raîtra désirable..… si vraiment elle est possible et nous
De ie
allons voir qu’elle l’est et que lé protoxyde d'azote est
un véritable anesthésique.
S'il est vrai qu'un patient qui respire ce gaz pur se cyanose vite, il ne s’agit pas là d’une intoxication nerveuse centrale qui arrête la circulation, mais d’une simple asphyxie par insuffisance d’hématose. Or, après une très brève administration de protoxyde pur, un sujet peut continuer à dormir sous l’action d’un mélange protoxyde-oxygène, assez riche en oxygène pour assurèr la respiration. Le protoxyde d'azote est anesthésique par lui-même et sans le secours d’un élément asphyxique dont les techniques nouvelles lont entièrement dégagé. Si le mélange air-protoxyde nest pas anesthésique à la pression normale, c’est que la quantité d'air nécessaire à la respiration (avec l’azote inutile qu'il comporte) étend trop le protoxyde qui ne produit la narcose qu'à un fort pourcentage. Sous pression, le protoxyde présentant une lension de vapeurs supérieure à celle du poumon, produit le sommeil à un pourcentage d'autant plus faible que la tension est plus forte (P.
Bert). L’anesthésie, donc, est possible. Est-elle durable ?
Avec un mélange constant : protoxyde plus oxygène, elle dure un temps constant pour chaque titre de mélange, temps en raison inverse du pourcentage d’oxygène. Avec 40 d'oxygène pour 100 de protoxyde d’azote, le patient se réveille après trois minutes de sommeil et reste éveillé même en continuant les inhalations. Avec 20 d'oxygène pour 100 de protoxyde d'azote, il dort six minutes; avec 10 litres, il dort douze minutes;
avec 2 litres et demi, il dort quarante-huit minutes...
RER eus
mails avec des interruptions pour respirer de l'air pur, Sous peine d’asphyxie.
En donnant, au lieu d’un mélange de titre invariable, 2 \ . s .
d’abord du protoxyde pur, puis en ajoutant un peu . d'oxygène chaque fois que le patient se cyanose et un pèa de protoxyde dès qu’il marque une tendance au réveil, on obtient une anesthésie indéfinie... ainsi que
la prouvé CI. Martin.
Le protoxyde d'azote est donc un anesthésique vrai et un anesthésique agréable. A-t-il des inconvénients -et des dangers ?
Son action sur les voies respiratoires est nulle. Les modifications du rythme, au début, sont d'ordre émotif, et le ronflement dû au relâchement de la glotte pendant le sommeil est sans inconvénient pour le patient et ren-
seigne utilement l’anesthésiste.
L'action sur le système nerveux est, subjectivement,
outre l’anesthésie, la sensation de bien-être que nous 1 avons décrite précédemment; quant à l'agitation, elle L n’est fréquente que chez les alcooliques, les femmes nerveuses et dans les cas de narcose à début bruyant ou mouvementé.
Le pouls s'accélère dès les. premières inhalations et ralentit ensuite; cependant que la tension, progressivement décroissante, remonte dès le réveil et quelquefois même avant. Le protoxyde n’a aucune action sur le sang dans le sérum 'duquel il se dissout sans se combiner.
Les vomissements, sans être rares, doivent être tenus
pour des exceptions imputables à des efforts faits par
Es A0 ER
le sujet sans analgésie, efforts qui ont presque constamment ce résultat. \
Les accidents imputés à l’anesthésie : avortements, glycosurie, n’ont jamais été ratlachés d'une façon probante à cette cause. Quant aux suites opératoires, elles se. bornent à quelques minutes d’asthénie, qui cesse dès que le protoxyde est éliminé du sang, c’est-à-dire, d’après les recherches de Nicloux, en moins de cinq. minutes après une anesthésie de trois heures et quart. Ce détail est intéressant à noter quand on sait que, après une narcose à l’éther de quinze minutes, les globules rouges restent anormaux pendant plus de cinq jours.
Entre une infinité de faits prouvant cette rapidité d'élimination, nous rapporterons le cas d’un médecin, anesthésié cinq fois dans le courant de la même matinée, et qui alla faire une visite entre la quatrième et la cin-
quième narcose.