HISTORIQUE
Découvert en 1776 par Priestley, le protoxyde d’azote a longtemps été préparé, dans de très défectueuses conditions de purification, par les dentistes euxmêmes et c’est à la mauvaise qualité du gaz ainsi obtenu qu'il doit d’avoir si peu connu la vogue qu'il mérite, comme la démontré le chimiste marseillais Livon.
Nous verrons aussi plus loin que le protoxyde d'azote ne donne pas habituellement le « silence abdominal », indispensable à l'opérateur qui pratique des laparotomies. C’est pourquoi les chirurgiens lui ont toujours préféré l’éther ou le chloroforme et n'ont rien fait, jusqu'à une époque récente, pour assurer à ce produit une notoriété qui dépendait d’eux.
C’est en 1790 que Beddoes et Humphry Davy reconnurent le pouvoir anesthésique du protoxyde d'azote, mais c’est seulement en 1844 qu'Horace Wells, retrouvant cette propriété du gaz hilarant et découvrant l’'analgésie par inhalations de ce gaz, l'employa dans la pratique. Bien que, la même année, le physiologiste Hermann ait prétendu que des animaux soumis au protoxyde pur étaient asphyxiés, et, par adjonction d'une trace d'oxygène, redevenaient entièrement sen-
sibles, Colson fit, avec succès, près de 100.000 appli-