‹ Contribution à l'Étude du Protoxyde d'azoteChapitre 7 sur 33 · SARA · texte numérisé non relu

SARA

joindre une préparation morale plus difficile encore. C’est à tel point qu’en lisant certains ouvrages anglais un anesthésiste au protoxyde ne peut s'empêcher de sourire à la pensée qu'ils sont écrits ä l'usage des arracheurs de dents et un profane doit se demander si toutes ‘les manettés, tubulures et soupapes servent plus à introduire le gaz dans les poumons du patient qu’à faire pénétrer dans son esprit une fanatique certitude de linsensibilité. Faisant la part des choses, nous ne croyons guère à l’analgésie par persuasion, mais savons que le calme moral est favorable aux inspirations- profondes, qui font les bonnes imprégnations, et hâte la résolution musculaire des anesthésies profondes. Il est donc indispensable de ne pas brusquer le début et de laisser le patient s’habituer À l’ambiance et au port du masque avant de lui donner du gaz. Après les premières inspirations de protoxyde, le sujet se trouve dans un état nommé par les Anglais « don't care » qu’on pardonnera à notre souci de l'exactitude de traduire par l'expression populaire : « il ne s’en fait pas. » L'opérateur peut alors lui donner tous les conseils et avertissements qu’il lui plaira, le sujet les recevra sans appréhension, et, par suite, sans réaction.

Le masque enlevé, le patient récupère of toute sa lucidité, mais reste atone et cette atonie doit être respectée pendant les quelques minutes nécessaires à l'élimination totale du gaz inhalé. Demander au malade le moindre effort, vouloir le réveiller plus vite par inhalation d'oxygène, c'est l’exposer à des vomissements et parfois à de la céphalée, faits très rares autz rement, même chez un homme anesthésié au sortir de table.

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