‹ Contribution à l'étude du Pseudo-Parkinsonisme Consécutif à l'Encéphalo-Myélite ÉpidémiqueChapitre 21 sur 29 · ST LES · texte numérisé non relu

ST LES

L’attitude du malade est ligée, il a perdu ses mouvements automatiques, ses mouvements sont lents avec des arrêts. Il ne peut arriver à enlever son col, parce que, dit-il, il ne peut forcer avec la pointe des doigts.

La tête n’est pas fléchie. La marche se fait à petits pas, les jambes un peu fléchies, en traînant les pieds, les bras immobiles en demiflexion; le tronc est un peu fléchi en avant. Léger degré de festination. Rétropulsion et latéropulsion très accentuées.

Le malade peut très bien courir, il court bien plus facilement qu'il ne marche et si on lui demande d'accomplir des mouvements rapides il les exécute très bien.

Il dort bien la nuit.

La face ne présente pas de rides au front, elle est immobile, figée. 11 existe un tremblement rapide des paupières inférieures par intermittences. Ce tremblement aurait diminué. Il augmente après l’occlusion des yeux pour la recherche du réflexe à la lumière.

Les réflexes à la lumière et à l’accomodation sont lents. Il n'ya pas d’inégalité pupillaire, pas de nystagmus, pas de troubles de la vision. Il existe un tremblement accentué de la langue à mouvements rapides, s’accompagnant d’un tremblement de la lèvre inférieure.

La salivation est abondante, le malade dit que la salive s’échapperait facilement. Il n’y a pas de troubles de la déglutition. La parole est lente monotone, mais d’une façon peu accentuée. Les membres supérieurs ont leur force active et passive bien conservée. Les réflexes sont un peu vifs. Les mouvements rapides sont bien exécutés. Très peu de contracture. Etat un peu cireux. Les mains sont dans l’attitude parkinsonienne, le pouce en opposition avec les autres doigts I existe un tremblement léger surtout à la main gauche, mais pas de mouvement pilulaire. Pas d’adiococinésie, pas de dysmetrie. Le signe de Romberg est négatif.

Les membres inférieurs ont leur force conservée. Les réflexes patellaires et achiiléens, sont forts. Pas de clonus. Pas de Babinski à gauche, à droite aucun mouvement des orteils après excitation de la plante. Une légère contracture existe. Pas de tremblement. La sensibilité est normale. Le malade accuse souvent des démangeaisons, des picotements surtout le soir quand il va au lit.

lie

L'écriture n’est pas tremblée, elle est lente et présente une diminution de la hauteur des lettres à mesure qu'on se rapproche de la fin de la ligne. Le psychisme paraît intact. La mémoire est bonne, le malade se rend très bien compte de son état. L’ appétit est bon. I n° a pas de troubles des sphincters. Le malade craint le froid, il n’a pas de sueurs. En résumé, l'état est stationnaire, sauf une maladresse

croissante des mains.

Observation III. Inédite. Service du professeur Verger.

Fernand T..., 41 ans, manœuvre, ne présente rien de particulier dans ses antécédents. H fit 3 ans de captivitéen Allemagnesansautre maladie qu’une grippe ayant duré 15 jours. Sa femme n’a pas fait de fausses couches. Il a un fils actuellement soldat. Il nie tout antécédent vénérien. T. avait donc toujours été bien portant Jusqu'en septembre 19207

Septembre 1920. — A ce moment il fut pendant quelques jours somnolent et eut un fort mal à la tête. Il s'arrêta de travailler. Il n’eut pas de troubles de la vue. Au cours de cet état, T. a senti ses jambes devenir faibles. Il ne pouvait marcher que quelques minutes et était obligé de s'arrêter sans quoi il serait tombé. Il entre à l'hôpital. Il y reste 1 mois 1/2 et en sort au moment où on allait commencer une série de piqûres.

Il à alors voulu recommencer à travailler, mais il n’a pas pu. Il reste Chez lui, passant la majeure partie de ses journées au lit, lisant un peu. Des renseignements fournis par sa femme il résulte qu’au cours de la période qui s'étend d'octobre 1920 à avril 1921 le malade a Changé de caractère, il est devenu indifférent à tout ce qui l'entoure, ses facultés d'affection ont diminué, mais il ne se mettait pas en colère, il n’était pas désagréable, ni violent. Il essayait de travailler. Parfois, il s'embauchait et malgré la faiblesse de ses jambes, il faisait son travail pénible de manœuvre. Le plus souvent il ne s’'embauchait pas, peutêtre parce qu’on ne le trouvait pas normal et il rentrait au logis à la fin

de la matinée après avoir erré sur les quais. Souvent il se mettait au

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