‹ Contribution à l'étude du Pseudo-Xanthome ElastiqueChapitre 28 sur 42 · ÉTUDE DU FRAGMENT CALCIFIÉ · texte numérisé non relu

ÉTUDE DU FRAGMENT CALCIFIÉ

À l'examen à la loupe (hématoxyline) on observe que l’épithélium amincei se sépare du derme également aminci suivant un contour presque linéaire; les papilles sont aplaties. Tout le derme, accollé à une étroite bande de tissu cellulaire sous-cutané, apparaît comme une couche compacte. Dans le tiers supérieur du derme on ne reconnaît à un faible grossissement aucune structure tissurale: il apparaît comme, homogène. Dans la « couche réticulée », on distingue des fibres conjonctives à peine ondulées et à disposition parallèle, sans aucune tendance basophile du tissu conjonctif. Ce qui est frappant c’est la dis-

parition presque complète des poils et des glandes sébacées; quelques glandes sudoripares subsistent.

En plusieurs endroits des zones profondes du derme, on aperçoit des formations assez bien délimitées et irrégulières qui se colorent d’une manière inégale par l’hématoxyline, et ne montrent aucune structure reconnaissable, Le tissu graisseux sous- cutané forme la limite inférieure de la coupe.

Les colorations électives du tissu élastique montrent une augmentation remarquable des fibres élastiques particulièrement dans la couche papillaire et sous-papillaire du derme.

A un fort grossissement, l’épithélium est atrophié : il est moins riche en cellules, les filaments d'union manquent, la couche basale est moyennement pigmentée. La limite entre l’épiderme et le derme est franche et à disposition horizontale. Les fibres collagènes dans tout le derme sont gonflées, mais elles ne présentent aucune modification importante de leurs affinités tinctoriales, en particulier pas de basophilie. Seules les fibres qui sont en contact avec l’épiderme prennent une coloration légèrement différente de la normale par le Van Gieson; elles sont rouge intense au lieu de rose tendre. Le tissu collagène de la à couche réticulée » est fortement tuméfié. Par place on remarque une nécrose et une tuméfaction trouble; cette dernière est peut-être artificielle,

Toutes ces parties malades sont comme incrustées de masses réfringentes, se colorant en bleu par l’hématoxyline et calcifiées comme nous le savons déjà par l’examen clinique.

On observe dans cette zone des fibres élastiques exagérément développées dont le siège est plus spécialement le tiers supérieur du derme. Là encore on observe aussi une augmentation de cellules conjonctives. Ces dernières se présentent plus ou moins dissociées, de taille moyenne,

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Elles possèdent un noyau pâle d'apparence vésiculeux et présentent pour la plupart un aspect fusiforme ou triangulaire.

Les fibres élastiques présentent sur leur trajet des formations nodulaires et se terminent souvent en s’effilochant. La plupart de ces fibres restent parallèles et peuvent être facilement suivies; quelques-unes disparaissent ou se segmentent.

Dans la « couche réticulaire » il n’y a qu'une légère augmentation du tissu élastique. Dans les zones nécrosées ce tissu est détruit; on en aperçoit par places quelques vestiges altérés. On ne peut saisir aucun rapport entre les fibres élastiques et les foyers de calcification.

En résumé on observe : une atrophie de l’épithélium, unie augméntation marquée du tissu élastique surtout dans le tiers supérieur du derme. Il n’y a pas de dégénérescence morphologique ou tinctoriale des fibres élastiques. Parallèlement à l’augmentation de ces dernières existe une augmentation sensible des cellules conjonctives. Le tissu collagène est tuméfié; par place nécrosé et calcifié. Les zones calcifiées sont nettement séparées des zones où le tissu élastique est augmenté, et ne paraît y avoir aucune relation entre les fibres élastiques et les phénomènes de calcification.

L'examen histologique confirme done le diagnostic clinique en montrant une augmentation notable du tissu élastique associée à quelques signes de dégénérescence de ce tissu. La dégénérescence du tissu collagène est, elle, au contraire, indiscutable. L'augmentation du nombre des cellules conjonctives est mentionnée par presque tous les auteurs. Nous y reviendrons dans la description de la deuxième biopsie.

Des calcifications ont été observées par Tannenhain et Friedmann. Ce dernier est revenu sur cette question récemment, il conclut : « La question de savoir si la calei-

ses #9 CAR fication doit-être rapportée au pseudo-xanthome élastique ou non, reste ouverte ». Bien que dans notre cas d’in-, -crustation calacaire ait pris une importance relativement

grande, elle ne permet pas cependant de trancher le problème puisqu'elle n’intéressait pas le tissu élastique.

2° ÉTUDE DE LA DEUXIÈME BIOPSIE (nodule au début du creux axillaire).

Au centre de la coupe on aperçoit déjà à un simple examen macroscopique, une formation ayant l'aspect d’une petite tumeur, assez bien délimitée, mais non encapsulée, ovale, de 1 millimètre et demi de long sur un demi-milkmètre de large. Le reste de la peau ne montre aucune modification de la peau appréciable; nous nous bornerons écne à décrire cette petite production tumorale.

A un examen microscopique rapide d’une coupe colorée par l’hématoxyline on croit avoir à faire à un simple petit fibrome; mais à un examen approfondi, en examinant une série de coupes diversement colorées, on se rend compte que le petit nodule (abstraction faite des glandes sudoripares, des muscles lisses et des vaisseaux), est constitué de ‘trois éléments différents :

Cellules, Fibres collagènes, .

Fibres élastiques.

Les cellules sont prédominantes; leur nombre est si important que la petite tumeur comme il a été mentionné plus haut donne l'impression d’un fibrôme.

La plupart des cellules présentent l'aspect conjonctif typique, c’est-à-dire qu’elles sont ovales, fusiformes, étoilées, triangulaires, bref irrégulières avec un gros noyaux pâle. On aperçoit en outre, particulièrement dans la zone supérieure, de nombreuses cellules géantes, sans couronne de noyaux, mais au contraire accumulation d'une

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douzaine et même davantage de noyaux entourés d’une zone protoplasmique mince:

Le tissu collagène forme simplement un fin réseau délicat qui englobe les cellules, soit à l’état isolé, soit en groupe.

Le caractèré tumoral apparaît d’une façon particulièrement évidente après coloration par le Weigert. Les fibres élastiques isolées sont minces et délicates, mais leur nombre est considérablement augmenté. Quelques-unes sont effilochées et leur trajet est difficile à suivre. Par-ci, par-là, elles présentent des bourgeonnements des formations nodulaires. Entre l’épithélium et la tumeur existe une mince trainée de tissu conjonctif à cellules clairsemées.

En résumé, on peut dire que le nodule à aspect clinique xanthomateux siégeant dans le tiers supérieur du derme est séparé de l’épithélium par une mince bande conjonctive. Il est constitué en majeure partie par de nombreuses cellules conjonctives jeunes entre lesquelles s’observe des fibres élastiques modifiées dans leur apparence morphologique. En dehors de ces caractères fondamentaux signalons l’existence de cellules géantes et d'un délicat réseau collagène.

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