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LE PURPURA, ELEMENT DU SYNDROME CUTANE DES STAPHYLOCOCCEMIES

En regard des observations de purpura d’origine staphylococcique où les éléments cutanés sont nettement individualisés, se traduisant par des taches purpuriques plus ou moins nombreuses, sans aucune ou presque sans aucune lésion vésico-pustuleuse surajoutée, il existe un grand nombre d’observations de staphylococcémies où les manifestations purpuriques ne forment plus qu’un des éléments du syndrome cutané si fréquent au cours de telles infections aiguës. Ces faits ayant l’avantage d’être bien connus actuellement, nous passerons donc assez rapidement.

Dans ces cas, les manifestations hémorragiques de la peau revêtent l’aspect suivant :

Les éléments purpuriques peuvent siéger en un point quelconque du corps ; on peut en distinguer deux sortes : Les unes, purpuriques (pétéchies ou ecchymoses), sans siège électif particulier ; elles font partie intégrante du syndrome infectieux. Les autres siègent plus volontiers à la face et aux extrémités,

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revêtant deux formes différentes, suivant le stade de leur évolution.

Au début, ce sont des taches ecchymotiques siégeant sous une pellicule épidermique intacte, facilement visible à jour frisant. Leur couleur est rouge vif ou rouge foncé ; leur centre étant souvent plus coloré que leurs bords ; leur dimension est restreinte, dépassant rarement celle d’une lentille.

A côté de ces éléments, il en existe d’autres à un stade plus avancé. Ce sont des taches ecchymotiques semblables mais présentant à leur centre une petite vésicule ou une véritable bulle pemphigoïde contenant un liquide citrin au début, franchement purulent à une période plus tardive, réalisant alors une véritable vésico-pustule. L’examen de ce liquide montre, avec des polynucléaires altérés, des staphylocoques en culture pure.

Enfin, il existe un stade évolutif plus accentué ; la pustule s’est ouverte spontanément et s’est recouverte d’une croûtelle. Ce dernier stade est rare en raison de l’évolution rapide vers la mort.

Autre fait : la peau à la périphérie des taches présente une teinte cyanique intense.

Vaucher et Woringer insistent sur la fréquence de ce syndrome cutané. « Chez un malade de Lesieur, disent-ils, on constate d’abord une éruption à aspect purpurique ; puis 3 jours après, aux mains et sur le thorax, s’élèvent de petites phlycténules contenant un liquide citrin ; on en voit sourdre aux pieds de plus larges, et pendant que ces phlyctènes augmentent de

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dimension et se généralisent, que l’éruption purpurique proprement dite semble régresser, s’installe une pneumonie à grands fracas ; le malade mourut ; la culture du liquide des phylctènes donna du staphylocoque ».

Chez deux malades observés par l’auteur, de petites faches siégeaient, très nombreuses, sur le tronc et les membres ; d’abord constituées par des papules ayant un caractère hémorragique, elles devinrent très rapidement des pustules ayant les dimensions d’une tête d’épingle ou d’une lentille. La culture y révéla du staphylocoque doré.

Jakob a beaucoup insisté sur l’importance de ces petites hémorragies cutanées qui se transforment en pustules. Elles se rencontreraient surtout dans les cas graves de staphylococcémie.

Achard, dans ses Cliniques médicales de l'Hôpital Beaujon (1923), insiste également sur les éléments cutanés.

A. Lemierre les décrit, en 1926 (conférence faite dans le service du Professeur Sergent, à la Charité), de la même façon : « Certaines éruptions cutanées peuvent se montrer d’une façon précoce. C’est parfois un purpura, soit à petites taches disséminées sur toute la surface des téguments, soit sous forme de macules, localisées sur les membres. Mais la lésion cutanée la plus caractéristique consiste en des taches ecchymotiques surélevées et centrées par une bulle purulente dont le liquide fourmille de staphylocoques ».

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