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purulente. Rapidement survinrent la perte des forces et de l'appétit, les sueurs et une diarrhée abondante. Au moment de son admission dans notre service (15 juillet 1880), le malade présentait les symptômes suivants : fièvre hectique, sueurs nocturnes, diarrhée, amaigrissement prononcé, toux fréquente, crachats abondants, verdâtres, remplissant environ la moitié du crachoir dans les 24 heures. A l’auscultation nous constatons, au sommét … du poumon droit, une respiration soufflante et quelques râles souscrépitants; au sommet gauche, du souffle caverneux et du gargouillement surtout prononcé à sa partie postérieure; matilé à la percussion de ce même côté; submatité à droite; murmure vésiculaire à peu près normal dans le reste de l'étendue des deux poumons. Le trailement consista en potion diascordium et au sousnitrate de bismuth, vin créosoté, vésicatoires et cautères volants au sommet gauche, badigeonnage de teinture d’iode au sommet droit, viande crue, etc...
Le malade passa la fin de juillet et le commencement d'août à peu près dans le même état. Le 10 août, en faisant un mouvement brusque, il fut pris soudain d’une douleur vive au côté gauche et d'une oppression extrême.
Le lendemain à la visite, le visage était pâle, anxieux; le malade était pelotonné sur lui-même, et dans le décubitus latéral gauche ; la dyspnée était interne. L'examen direct de la poitrine permit de constater la sonorité tympanique dans toute l'étendue du côié gauche, excepté à la partie inférieure et postérieure, où existait de la matité dans une hauteur de 4 à 5 travers de doigt.
A l’auscultation, souffle et voix amphoriques, tintement métallique, bruit d’airain, abolition des vibrations thoraciques. Succussion hippocratique, facilement perçue même par le malade.
L'état général, à partir de ce moment, s’aggrava d'une façon alarmante; la fièvre fut plus vive, la diarrhée incessante, les selles involontaires, l’œdème parut aux membres inférieurs.
Pendant plusieurs jours nous crûmes que le malade allait succomber. Il n’en fut rien. Après une lutte qui dura plusieurs semaines, on vit se dessiner vers la fin de septembre, un changement favorable, et à partir de cette époque, l'amélioration alla chaque jour en augmentant. Peu à peu, la dyspnée diminua, le malade reprit des forces, de l'appétit, du sommeil, le teint redevint meilleur, les chaïirs plus fermes. Le fait le plus remarquable fut la
na) QUE dÉinution de la toux et la cessation presque absolue de l'expulsion, autrefois si abondante.
Les signes physiques étaient les suivants : à gauche, en arrière et en bas, matité et résistance au doigl; sonorité exagérée dans
les autres parties de la poitrine; plus de souffle amphorique, ni de tintement métallique, mais succussion hippocratique toujours
perçue ; le soufile caverneux et Les râles sous- -crépitants sont très notablement diminués; le cœur reste déplacé à droite, ajoutons que le malade se lève, qu'il se promène dans la cour de l'hôpital, et que vers la fin de novembre, il se sent tellement bien qu'il veut retourner dans son pays. Je cède à son désir, tout en regrettant que sa position sociale ne lui permette pas de passer l'hiver dans un de ces climats favorisés, où, j'en ai la conviction, il aurait retrouvé complètement la santé, tandis que sous le ciel froid et humide de Montargis, sa ville natale, nous avons à redouter un retour offensif de l'affection tuberculeuse, momentanément enrayée.
Observation XI
Rapportée par M. Revilliod (Congrès de Montpellier 1898.
S... Charles, 25 ans, typographe.
Pas d’antécédents héréditaires ni personnels. Sœur tuberculeuse. Rougeole dans l’enfance.
En avril 1896, pleuro-pneumonie droite, dont il ne se remet pas complètement.
3 août, — Thoracentèse faite en ville, 2,500 grammes de liquide verdâtre. Bruit de glouglou dans le tube, sur la fin de l'aspiration.
Quelques jours après, Le malade perçoit lui-même le bruit de
‘succussion.Ïl continue à se faire soigner en ville jusqu'au 22 décem-
bre, jour de son entrée à l'hôpital.
Grand jeune homme pâle, amaigri.
Pyo-pneumothorax droit, craquements humides sous la clavicule droite. Abcès froid sous la clavicule gauche. Pas de fièvre. Etat général bon.
26 décembre, —Thoracentèse, 600 grammes de pus. La suceussion
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persiste, L'orifice de la ponction reste humide. Néanmoins l'élat général reste excellent. Ni dyspnée, ni toux, ni crachats.
Cet état se maintient bon tout l'hiver.
2 avril. — Il va à Saint-Cergues. Vie au grand air, promenade, bon appétit, bonne nourriture.
12 juin. — Il revient se montrer. On retrouve la succussion, le bruit d’airain, des craquements et froissements pleuraux aux deux sommets. L'abcès froid n’a pas bougé.
Ilne se considère pas comme malade et va se remettre à son travail. Nous ne nous faisons pas trop d'illusions. Ce pyo-pneumothorax tuberculeux, à coup sür,ne va pas se guérir spontanément; cependant,tant que l'état général se maintient, comme c'est le cas, nous n'y touchons pas. Ce que nous faisons remarquer, c'est la tolérance de l'organisme et l'arrêt de la tuberculose au point de vue subjectif et objectif. |
Observation XII (Personnelle)
Prise dans le service de M. le Professeur agrégé Vires.
F... Delphine, enfant assistée, âgée de 22 ans, née à Besançon, entre à l'hôpital le 21 novembre 1899. |
Comme antécédents héréditaires, rien de particulier à signaler.
Antécédents personnels. — La malade a été atteinte, il y a quelques années, de typho-bacillose avec présence de bacille de Koch dans les crachats.
(Voir Montpellier médical, Villard et Kiener).
Etat actuel. — La malade entre à l’infirmerie de l'Hôpital Général, dans le service de M. le professeur agrégé Vires, le 21 novembre 1899. :
Depuis quelque temps, elle se plaint d'un malaise général, de courbature, de lassitude, présente de l’anorexie et une toux légère avec un peu d’essoufflement,.
Actuellement, tous ces troubles se sont accentués.
La malade se sent brisée, abattue, sans forces. Elle a perdu l'appétit et le sommeil. Elle est oppressée, accuse une douleur intense au côté droit ; elle présente une toux douloureuse, quinteuse, suivie
Ie d’une expectoration muqueuse avec rares crachats muco-purulents striés de sang. La veille au soir, elle a été secouée par un frisson intense.
Examen de la malade. — A l’examen de l'appareil respiratoire, on trouve :
A gauche : Rien d'anormal.
À droite : À la percussion, sonorité normale au sommet, mais matité au niveau du tiérs moyen et à la base.
À la palpation: Vibrations exagérées au tiers moyen de la base en arrière.
A l’auscultation : Respiration rude et soufflante, expiration prolongée, râles sous-crépitants fins, bronchophonie sur toute l'étendue
de la matité.
Au sommet, en avant et en arrière, on trouve une respiration rude avec expiration prolongée, sans bruits anormaux.
Autres appareils : Anorexie et dégoût général, pas de vomissements ni de diarrhée. nn
Au cœur, pas de bruits anormaux. Pouls fréquent (85 pulsations
à la minute), mais régulier et bien frappé.
. Etat général relativement satisfaisant.
Température, 39.
Eo présence de tous les signes fournis par la malade et étant donné ses antécédents bacillaires, M. le professeur Vires porte le diagnostic de pneumonie caséeuse et ordonne une ponction à l'ipéca
. et des vomiques.
22 novembre. — Même état.
Température, matin, 38°; soir, 38°7 ; pouls,;74 pulsations.
23 novembre. — Après une quinte de toux, la malade ressent à droite une violente douleur thoracique, la respiration s'accélère, la dyspnée est extrême (64 respiralioms par minute). La malade, assise sur son lit, est en orthopnée et fait entrer en jeu ses muscles inspiratoires accessoires pour lutter contre l'asphyxie imminente. Ses lèvres se cyanosent, ses extrémités se refroidissent, sa parole est faible et entrecoupée.
A l'examen de la malade, on est frappé par la voussure que présente à droite la paroi thoracique au niveau des fausses côtes.
Le côté droit du thorax est immobilisé en inspiration forcée. Le foie est abaissé et la pointe du cœur bat en dehors du mamelon,
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A gauche : Respiration rude, inspiration prolongée.
A droite, palpation : Vibrations abolies sur toute la hauteur.
Percussion : Douleur à la partie postéro-externe. Tympanisme.
Auscultation : Respiration absolument obscure. Egophonie. Toux et voix amphoriques. Succussion hippocratique très évidente.
Température, matin, 37% ; soir, 39 2) ; DouIs. 250 ; respiration, 64.
M. le professeur Vires pose le diagnostic de pneumonie caséeuse compliquée de pyopneumothorax et ordonne desinhalations d” ae gène et des injections de morphine.
Le soir le pouls est à 120, mais la dyspnée persisle aussi alarmante.