MOTS
| - AT — un trouble si profond de la circulation et de la respiration que la mort avec collapsus cardiaque et insuffisance pulmonaire en est souvent la conséquence. Tel est le mécanisme ‘ si simple qui fait passer avec tant de rapidité Le malade de Ja vie au trépas.
% Du PYOPNEUMOTHORAX QUI TUE LENTEMENT
à Voiei maintenant un nouveau malade qui, comme le pré- cédent, éprouve tout à coup une violente douleur dans le côté; qui asphyxie et se cyanose et qui, pendant quelques jours, va rester dans une épouvantable agonie. Mais il résiste à ce premier choc, et peu à peu les douleurs, la cyanose, l'asphyxie disparaissent. Le pyopnéumothorax devient alors chronique, mais on ne constate aucune amélioration. Le malade reste toujours abattu, morne, dyspnéique et s’affai- : blit de jour en jour. L'appétit disparaît complètement, les forces s'en vont, l'amaigrissement augmente, etles symptômes du pneumothorax sont très accusés. Cet état traînera ainsi pendant de longs jours, peut-être pendant des semaines, Jusqu'à ce que la cachexie et la consomption aient enfin raison du malade, qui meurt autant de son pyopneu- - mothorax que de sa tuberculose. Dans ce cas, la mort est causée, soit par la pyohémie, soit par la coagulation du sang due à la rétraction et à la compression du poumon. R Ce tableau, quoique moins dramatique que le précédent, nous montre, cependant, fort bien que le pyopneumothorax doit encore être fortement incriminé dans la mort du sujet, et qu'il joue un grand rôle dans cette terminaison fatale. Sans pouvoir établir d'une manière générale une règle fixe pour séparer le pyopneumothorax qui tue lentement, de celui qui guérit, nous pouvons, cependant, dire-qu'un pyo-
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pneumothorax doit rentrer dans la variété de ceux qui tuent lentement, quand le malade ne se relève pas de cet accident, quand au bout de quinze jours ou un mois environ, la mort l'emporte sans qu'il y ait eu la moindre amélioration dans son état.
Aïnsi, dans la statistique de Weil, nous voyons que 11 tuberculeux sont morts de leur complication au bout de deux à quatre semaines; 6 pendant le premier septenaire, et 5 pendant le quatrième ; de même, dans le relevé de West, 21 meurent pendant le second septenaire et 8 sans date précise dans la première quinzaine. Tous ces cas rentrent donc dans la seconde variété et sont des pyopneumothorax tuant lentement.
Revenons maintenant sur nos observations :
M... Etienne fait, le 26 juin 1899, un pneumothorax à droite; la respiration est amphorique, àtimbre métallique, on perçoitle bruit d’airain, on fait une ponction, mais le malade ne se relève. pas, ses forces diminuent de jour en jour, et, finalement, il meurt, après avoir trainé un mois environ une existence misérable. Ce cas nous donne bien l'exemple d'un pyopneumothorax à évolution lente, n'ayant aucune action favorable sur la tuberculose, donnant, au contraire, à la santé déjà bien chancelante du malade un coup funeste.
La troisième observation, qui nous est personnelle, offre, elle aussi, un grand intérêt et apporte un nouveau jour sur l’évolution de cette complication à marche lente. Notre malade, déjà affaiblie par sa tuberculose et par son anorexie, faitun pneumothorax auquelelle résiste cependant. Que va-t-il arriver ? Cet accident va-t-il avoir une influence favorable sur la marche du bacille. Va-t-l, au contraire, accélérer la cachexie et la terminaison fatale ?
Pendant trois semaines, nous la voyons s’affaiblir continuellement, elle ne mange plus, et la fièvre s'établit d’une
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façon continue. La succussion et le tintement métallique dénotent toujours un épanchement qui ne se résorbe pas, et on s'attend tous les jours à la mort de la malade. Ici encore, nous avons l'exemple d’un pyopneumothorax à évolution lente, mais à pronostic très sombre, et au moment où nous sommes forcés d'abandonner notre observation, on désespère complètement. |
Enfin, pour en finir avec cette variété, rappelons, en quelques mots, l'observation [V, où nous voyons un homme de 24 ans faire, le 10 avril, un pneumothorax; une ponction n'améliore guère son état, qui se maintient mauvais, et, après une agonie d’une vingtaine de jours, le malade succombe de par son pyopneumothorax et du fait de la tuberculose. Ces deux premières formes de pyopneumothorax étudiées, voyons un peu la troisième, qui doit faire l'objet principal de notre thèse et que nous appelons le pyopneumothorax curable. |
3° Du PYoPNEUMOTHORAX QUI GUÉRIT
Le tuberculeux survit, il résiste au premier choc, et les signes aigus du pyopneumothorax vont peu à peu disparaître. Son état vas’améliorer notablement et faire changer en quelques jours la face des choses. Aussi M. Révilliod a-t-il pt dire à ce sujet: « Après avoir accordé au pyopneumothorax comme au pneumothorax toute la gravité que ces états comportent, l'expérience nous apprend que, lorsque le moment dangereux est passé, ces complications représentent une
bonne condition pour la survie du poitrinaire ; aussitôt le | pneumothorax produit, si le malade survit au choc dû à la perforation, un étrange spectacle s'offre aux yeux de l’observateur. La toux, l’expectoration, etc..., en un mot tous les signes subjectifs eLobjectifs de la consomption disparaissent.
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Après une sorte d'étonnement, le malade éprouve un sentiment de mieux-être, une détente, un repos de Fanette el
de l'organe lésé ».
Nous entrons donc maintenant dans le vif de notre sujet,
et nous allons voir que, si le pyopneumothorax tue souvent,
il peut aussi quelquefois avoir une action favorable sur la marche de Ia bacillose et procurer à au tubereuleux une survie parfois considérable. Nous allons voir, d’après quelques observations, que, au moment même où l’on portait un pronostie absolument sombre, l'apparition d’un pneumothorax venait tout à coup changer ce pronostic et faire du tubercu-
leux immédiatement condamné, un malade dont la guérison est possible à plus ou moins longue échéance. |
Prenons d'abord le fait rapporté par M. Hérard : Un jeune soldat est à la troisième période de Ka tuberculose pulmonaire, il est en pleine consomption : émaciation considérable, sueurs profuses, fièvre hectique, quand tout à coup on constate la formation d'un pneumothorax gauche. Pendant 4 jours, le malade agonise, puis, lentement et contre toute attente, il se relève, la fièvre disparaît, l'appétit revient, les
sueurs cessent, et l’expectoration de purulente devient glai-
reuse, Ce bon état se maintient pendant 3 mois, on pense à la guérison lorsqu'un second épanchement survient et emporte le malade.
Nous sommes déjà bien loin du pyopneumothorax qui tue incontinent ou de celui qui achève dans un délai relativement
court, le poitrinaire. Nous avons ici un épanchement favo-
rable qui prolonge pendant plusieurs mois la vie d’un malade arrivé à la cachexie la plus profonde et qui, du fait même de la seule tuberculose, n'avait que peu de jours à vivre.
Done, non seulement nous avons l'exemple d’un pyopneumothorax qui guérit, mais qui de plus enraye l’évolution du bacille ét change complètement le pronostic.