‹ Contribution à l'étude du rachitisme foetalChapitre 11 sur 17 · ETUDE RADIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE RADIOGRAPHIQUE

Une radiographie du crâne et des membres de l'enfant fut décidée deux jours après la naissance.

Au niveau du crâne elle ne fit que confirmer les signes très nets que la clinique avait déjà révélés, à savoir : l’écartement exagéré des os à l’endroit des sutures et des fontanelles et les troubles de l’ossification de l’occipital surtout et aussi des deux pariétaux.

Aux membres, la radiographie qui permet souvent de déceler les premiers stades de l’affection, avant que ne soient apparents les symptômes cliniques, donna des images très caractéristiques. Elle montra tout d’abord un signe sinon pathognomonique du rachitisme du moins extrêmement fréquent de cette maladie. Il existait en effet d’une façon générale un certain défaut d'intensité des ombres osseuses aux rayons X, ce qui était un indice de décalcification globale qui cadre très bien avec le diagnostic que nous avons porté.

En outre, dans l’ensemble toutes les diaphyses sont incurvées et les clichés présentent l’autre grand caractère des déformations osseuses diaphysaires du syndrome que nous étudions, c’est-à-dire la ten-

one

dance à l’exagération des courbures normales de l'os. Les clichés obtenus montrent qu’il s’agit bien de torsions en masse et que la déformation ne résulte pas, comme dans les ostéites syphilitiques, d’une apposition d’os nouveaux, d’une périostose qui ne fait simplement qu'engaîner l'os et que déformer son profil sans beaucoup modifier l’axe réel de la diaphyse. En suivant le canal médulaire de n’importe lequel des os qui est le siège d’une incurvation, on voit bien que celui-ci reproduit à peu près exactement la forme de la superficie de l’os et même celle du segment de membre recouvert de parties molles.

Les modifications radiologiques des épiphyses à Pexamen radiologique sont un autre argument très important en faveur de notre diagnostic. En effet au niveau des extrémités diaphyso-épiphysaires, surtout du cubitus et du radius, los est très élargi et revêt la forme approximative d’une palette. La ligne d’ossification, à l’extrémité diaphysaire est très irrégulière, ondulée, par endroits même franchement dentelée signe qui est peut-être le plus caractéristique du rachitisme. L’extrémité osseuse est marquée d'un trait plus sombre, los est « bordé » selon l'expression consacrée. Et de ce trait partent de fines pénicillations : c’est le signe de la frange.

Nous avons aussi porté notre attention au niveau de la partie moyenne des deux jambes et au niveau de l’humérus gauche qui à l’examen clinique présentaient une angulation à arrête vive. Et la radio-

graphie montre qu’il existe bien à ce niveau des fractures des tibias et des péronés d’une part et de l’humérus d’autre part avec cal en voie de prolifération nette. Et si le rachitisme est rarement assez prononcé pour provoquer l'apparition d’une fracture, si d’autres affections congénitales sont maintenant bien classifiées comme la dysplasie osseuse congénitale de PorAKk et DURANTE, ce fait de l’apparition de trois foyers de fracture ne va nullement à l’encontre du diagnostic que nous avons posé. Le rachitisme est essentiellement un trouble de l’ostéogénèse, qui entraîne au premier chef une diminution de la résistance de l’os qui n’a le plus souvent pour conséquence, il est vrai, que de produire des déformations. Mais pourquoi une augmentation de l’acuité du processus pathogène ne pourrait-elle aller jusqu’à la rupture des os ? Pourquoi les phénomènes concomittants qui sont ici la présence de très nombreux symptômes de rachitisme, ne seraient-ils pas la cause de ces fractures ?

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