‹ Contribution à l'étude du rachitisme foetalChapitre 12 sur 17 · ETUDE BIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE BIOLOGIQUE

Lors du retour de l'enfant à l’Hôtel-Dieu de Rennes en mai 1938 il a été procédé à des examens de laboratoire en vue de confirmer ou d’infirmer le diagnostic qui avait été porté au moment de la naissance et que la clinique faisait encore porter à l’âge de 2 ans.

La calcémie fut trouvée à peu près normale:

O gr. 092 pour cent. On est tenté de croire que le rachitisme, dont le symptôme majeur est la décalcification osseuse, très visible d’ailleurs à l’examen radiographique, doit aussi s'accompagner d’une baisse de calcium dans la masse sanguine. Or il n’en est rien. L’hypocalcémie n’est pas un Signe de rachitisme; elle n’existe en général que si la tétanie y est surajoutée, ce qui n’était pas le cas dans nos observations. Cette absence de proportion entre le calcium osseux et le calcium sanguin peut s’expliquer par le fait que les os accaparent pour ainsi dire tout le calcium de l’organisme : 97 à 99 %, le calcium sanguin ne faisant dès lors plus figure que de fraction infinitésimale.

Il n’en fut pas de même pour le phosphore, le taux que l'examen nous révèla fut : 0 gr. 0038 %, chiffre

notablement ‘inférieur à la normale qui est de O gr. 005 %. Cela s'explique par le fait que seul 65 % du phosphore entrent dans la composition du squelette et qu’il en existe une notable partie dans la masse sanguine. Cet abaissement du taux du phosphore organique du sang, que les auteurs IVER- SEN et LENSTRUP ont pour la première fois signalé est actuellement considérée comme un test très remarquable et très sûr de rachitisme. Ces auteurs disent même qu'il est très précoce et GYôRGY va jusqu’à affirmer qu’il est antérieur aux altérations radiologiques qui précèdent elles-mêmes déjà les manifestations cliniques. Il est probable qu’on l’aurait trouvé positif si on avait fait l’examen aussitôt après la naissance.

Il se vérifie sinon de façon constante et nette à tous les stades de la maladie, du moins pendant les périodes actives. Il indiquait ici que le processus n'était pas encore complètement terminé au moment de sa rentrée à l’Hôtel-Dieu. Ce fut l’un des éléments qui intervinrent pour différer de quelques temps le traitement chirurgical pour lequel on avait faït venir l'enfant.

L'on a voulu aller encore un peu plus loin et GYôRGY a prétendu que l'amélioration clinique serait toujours annoncée par une hausse de la phosphatémie qui permettrait de contrôler l’activité anti-rachitique de tel ou tel agent thérapeutique employé.

MarFAN a critiqué les excès auxquels étaient parvenus les adeptes de cette théorie et il dit que si

dans le rachitisme il y a souvent de l’hypophosphatémie, son degré est très variable et n’est nullement en rapport avec l'intensité des lésions osseuses.

Il n’en est pas moins vrai que, avec la majorité des auteurs, nous considérons ici l’existence de ce signe comme un symptôme venant confirmer encore le diagnostic de rachitisme congénital que nous avons posé.

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