‹ Contribution à l'étude du rachitisme foetalChapitre 8 sur 17 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

La jeune femme dont les diverses péripéties de la fin de la grossesse et de l’accouchement ont été gracieusement mises à notre disposition par M. le Professeur LE GaL LA SALLE à qui nous avons ici l'honneur d’exprimer nos respectueux remerciements entra à la maternité de l’Hôtel-Dieu de Rennes le 11 janvier 1936. C’est une femme âgée de 18 ans, dont les dernières règles ont apparu en fin mai 1935. La hauteur de son utérus à son entrée est trouvée égale à 29 centimètres. Elle porte donc une grossesse d’un peu plus de huit mois.

Il n’y a aucun antécédent pathologique à signaler du côté des ascendants qui ont eu trois autres enfants qui sont encore vivants et en bonne santé.

Elle même n’a marché qu’à l’âge de 3 ans. Vers âge de 5 ans elle a été atteinte d’une fracture de la jambe gauche qui fut provoquée par un traumatisme peu intense. Ce sont déjà des signes qui, pour le moins qu’on puisse dire, ne vont pas à l’encontre de lexistence chez elle d’un syndrome rachitique.

Elle a été réglée à l’âge de 13 ans, et elle l’a toujours été régulièrement depuis cette date jusqu’à l'apparition de la grossesse actuelle.

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Ce qui frappe l'attention dès l’examen général de cette femme c’est d’abord sa petite taille. Elle ne mesure en effet que 1 m. 37.

À l'examen plus approfondi des divers segments squelettiques, il est facile de mettre en évidence lexistence de nombreux et très prononcés stigmates de rachitisme :

Les bosses frontales sont très saillantes, et l’occipital est très manifestement aplati du côté droit, signe qui est sans doute dû à ce que, à son séjour prolongé au lit durant son jeune âge, la pression a été plus forte de ce côté et a diminué la convexité normale de cet os grâce à une mollesse anormale de l'os, qu’il faut attribuer à un trouble de l’ostéogénèse, ce qui cadre bien aussi avec le rachitisme.

Il y a en outre de multiples malformations dentaires, la voûte palatine est très ogivale : deux autres signes qui se trouvent aussi fréquemment dans le rachitisme.

Le thorax est aplati et nettement élargi à sa base. Les chapelets chondro-sternaux sont assez manifestement saillants.

Les cuisses sont anormalement courtes et il existe une grosse exagération de la courbure habituelle des deux fémurs à convexité antéro-externe.

Les tibias présentent une incurvation et une torsion sur leur axe. Du côté gauche existe une angulation nette de la partie moyenne et qui est le lieu de la fracture qu’elle fit dans sa jeunesse. Elle est atteinte d’un génu-varum très accentué : en effet la

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malade, étant les talons joints dans la position du garde-à-vous, ses genoux sont distants l’un de l’autre d'environ 10 centimètres. Les malléoles sont volumineuses et font ressortir davantage la petitesse de ses pieds.

L'examen obstérical du bassin nous montre que lui non plus n’est guère épargné par le processus rachitique. Le promontoire est très facilement accessible au doigt explorateur et le diamètre utile promonto rétro-pubien est trouvé égal à 8 cm. 5. Le bassin est donc nettement aplati. Une investigation générale nous fait voir qu’il est en outre annelé et que le sacrum est en hameçon.

Du côté des membres supérieurs les troubles sont bien moins prononcés. Les deux humérus, un peu courts, ont cependant une forme à peu près normale. Mais l’avant-bras est le siège d’une nette incurvation et les poignets comme les cou-de-pieds sont augmentés de volume.

Au point de vue obstétrical nous avions à faire à une présentation céphalique en Ol.G. Mais la tête est très mobile, ce qui n’est pas tout à fait normal pour une telle présentation chez une primipare dont la grossesse a légèrement dépassé huit mois. Le palper mensurateur de PINARD montre en outre dès cette époque un empiètement assez net de la tête sur le pubis, ce qui, ajouté à l’étroitesse du diamètre utile (8 cm. 5) à la hauteur utérine (29 cm.) et l’absence complète d’hydramios nous décide à

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