‹ Contribution à l'étude du rachitisme foetalChapitre 9 sur 17 · MIO · texte numérisé non relu

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porter le pronostic d'accouchement prématuré provoqué dès cette date.

Le 24 janvier, après une injection de 15 grammes d'huile de ricin, on injecte à la femme toutes les deux heures une demi-ampoule d’hypophyse et on administre dans l'intervalle un cachet de 30 centigrammes de sulfate de quinine. Il lui est ainsi donné deux ampoules et demi d’hypophyse et 1 gr. 50 de quinine. On note dans l’après-midi de très légères douleurs soit utérines, soit intestinales, qui demeurérent d’ailleurs peu intenses et très passagères.

Le lendemain matin, le Docteur PHILOUSE, chef de clinique à la Maternité, devant l’inopérence des prescriptions purement médicamenteuses, procède sous anesthésie générale au chloroforme au décollement du pôle inférieur de l'œuf. Mais fortement gêné par les membranes se voit dans l’impossibilité d'introduire une sonde pour provoquer une dilatation artificielle. On décide alors d’attendre patiemment le terme et même l’épreuve du travail et sil y a lieu une césarienne basse.

Et la femme remonte au dortoir des expectantes où il ne se passa absolument aucun incident jusqu’au moment où elle fut à terme et où l’accouchement naturel se fit annoncer par des contractions utérines normales.

Elles surviennent le 22 février, à 6 heures. A 14 heures un toucher montre une dilatation équivalente à une grande paume de main et une poche des eaux très volumineuse où il est impossible

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d'arriver au contact de la présentation. Au palper abdominal l’on est en présence d’une tête toujours très mobile qui au premier abord déborde assez franchement sur le pubis. Mais en redressant l’axe de l’utérus et poussant bien la tête au contact du sacrum, on se rend compte que l’empiètement, qui existe, n’est cependant pas considérable. Et devant une dilatation aussi avancée et aussi rapide on se confine dans l’expectative avec même l'espoir que l'épreuve du travail, par le phénomène du modelage de la tête, grâce en outre à un empiètement des pariétaux l’un sur l’autre sera peut-être suffisante pour réduire l’incompatibilité apparente qui existe entre les dimensions du bassin et celles de la présentation fœtale. Monsieur le Professeur LE Gaz La SALLE décide donc de continuer cette épreuve et fait placer un bandage de corps pour redresser l’utérus et faciliter l’engagement.

À 15 heures la poche des eaux se rompt spontanément et aussitôt s'opère rapidement l’engagement de la tête. L’expulsion du fœtus se fait naturellement à 16 h. 30.

Dès Papparition de l’enfant on est frappé par les multiples déformations dont il est atteint au moment de la naissance. Ce sont ces symptômes que nous allons maintenant étudier en détail et nous allons nous efforcer de montrer qu’ils s'accordent bien avec le diagnostic de rachitisme, qu’ils présentent tous les caractères classiques qui sont géné-

ralement admis par tous les auteurs comme étant pathognomoniques de cette affection.

Nous nous occuperons d’abord des phénomènes anormaux que la clinique seule nous a fait observer. Puis nous étudierons l’aspect qu’a donné la radiographie qui fut faite deux jours après la naissance de l'enfant. Enfin les examens de laboratoire que nous avons aussi fait opérer viendront confirmer notre thèse montrant qu’ils coïncident bien avec ceux que l’on a coutume d’observer dans le rachitisme en général.

Les anomalies du crâne sont très importantes, bien que moins manifestes à un examen superficiel que celles qui existent au niveau des membres inférieurs. Et le fait s’explique aisément en ce cas de rachitisme ultra-précoce. En effet l’augmentation de volume de la masse cérébrale, et par suite de son contenant le crâne, n’est jamais aussi rapide que pendant la vie intra-utérine et elle l'emporte de beaucoup sur l’augmentation de volume de tous les autres segments squelettiques à cet âge. Les fontanelles et les sutures sont très élargies, ce qui explique un retard ou du moins un trouble important de l’ossification du crâne, symptôme très caractéristique du rachitisme. Et ce phénomène prend d'autant plus de valeur que nous avons eu l’occasion de revoir l’enfant à l’Hôtel-Dieu de Rennes au mois de mai 1938. L'enfant était donc âgé de 2 ans environ et à cette époque les sutures et fontanelles étaient encore très évidentes. Or l’absence de rétré-

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