ACTION DU RÉACTIF, IODE +- ALCALI, SUR LES HYDRAMIDES
L'action de l’iode et du carbonate de soude sur les hydramides se traduit encore par une oxydation. Cette oxydation nous a permis ({) d'obtenir les cyaphénines correspondantes avec des rendements variant de 30 à 4o 0/0. Nos essais ont porté sur lhydrobenzamide, l’hydroanisylamide, l’hydropipéronalamide. La réaction peut s’interpréter de la façon suivante :
Dans un premier stade il y aurait oxydation de l’hydramide d’après le schéma :
= CHR NeCER R.CHE +02 H0 + R.CIK SG (1) N — CHR N=c/R
D'autre part, les hydramides sont dissociées en aldéhyde et ammoniaque dans les conditions expérimentales où nous nous sommes placés d’après l’équation :
ie — CHR R PH + 34H20 = 3RCHO + 2NH; N = CHR
L'ammoniaque ainsi formée réagirait sur le composé (1) pour donner le composé (2) :
NC N
CR CHE Sos meemo nent NNH (0) N—C/R Nnzc/r
() J. Boucauzr et P. Ron, C, R. CLXIX, 978 (1919).
qui par une oxydation plus profonde donnerait la cyaphénine : | NEC N-C$-R CH DNA O0 = H°0 + RÉ Nx N=CRR N c/R
L'hydrocinnamide, traitée dans les mêmes conditions ne nous à pas fourni de cyanidine, mais seulement une résine amorphe dont il nous a été impossible de retirer aucun produit défini.
Ce fait vient donc à l’appui des conclusions de M. Delépine ({) qui, comme suite à ses propres travaux, range l’hydrocinnamide, non dans le groupe des hydramides, mais dans celui des glyoxalidines.
L'étude des cyaphénines nous a montré que, par hydrolyse ménagée, elles se dédoublenten donnant l'acide et l’amidine correspondante en même temps que de l'ammoniaque :
NICE NH R He D + 4H20 = 2RCO'H + ire + NH° ENT CR NH?
Ce dédoublement est à rapprocher d’un fait signalé par Francis et Davis (?). Ces auteurs qui ont préparé les cyanidines par action du sulfure d'azote sur lès aldéhydes aromatiques (aldéhydes benzoïque et anisique ; pipéronal) ont signalé comme produit secondaire de la réaction les amidines correspondantes. Ils supposent que ces amidines sont des produits intermédiaires de la réaction. Les cyanidines se forment en effet, ainsi que Pinner et Klein l'ont montré (%), par chauffage des amidines.
Nos recherches indiquent que, en se plaçant dans d’autres conditions expérimentales, la réaction inverse est possible. On peut donc trouver les amidines aussi bien dans la synthèse que dans le dédoublement des cyaphénines.
{t) M. Decerine, Thèse docloral. Paris, 1898.
() Francis et Davis, Chem. Soc., LXXXV, 259, 1535 (1904); Davis, Chem. Soc., LXXX VII, 1831, (1905).
(5) Paxner et Kzein, Ber, D. Chem. Ges., XI, 6 (1878).
Ho PAUL ROBIN