EME
consiste à « rendre » sous forme de planimétrie et d’altimétrie ce que l'on a «pris» et fixé sur une plaque sensible. La place que tient le redressement dans la restitution est done variable et nous pouvons la caractériser de la facon suivante: a) Si le terrain est plat, une photovraphie simplement redressée et mise à l’échelle par projection constitue une restitution de la planimétrie; b) Si le terrain est accidenté, cette même photographie n’est qu’une image qui ne pourra s'appeler restitution qu'après avoir été corrigée, par un procédé à déterminer 1) des déformations dues aux dénivellations; c) Nous remarquerons cependant que, toujours dans le cas de clichés considérés isolément, certaines solutions opèrent la restitution sans redressement préalable.
IT. Remarques préalables intéressant le redressement.
Dans l’état actuel des choses, le redressement s'opère généralement par voie de projection optique; les conditions à remplir sont les suivantes: image géométriquement correcte et optiquement nette. Deux conceptions, dont il n’est pas inutile de parler afin d’en laisser apparaître les difficultés: Projection directe, projection indirecte.
a) Projection directe. On utilise un objectif unique (du même type que celui de la prise de vues de préférence). Le principe initial semble avoir été énoncé en premier lieu par Abbe: « À un plan de l’espace où se trouve l’objet correspond un plan de l’espace où se trouve l’image». De plus, il aurait fait remarquer ensuite (et si l’on en croit la bibliographie allemande Sheimpflug en aurait le premier trouvé les applications pratiques) que, lorsque la correspondance projective est établie, le plan objet, le plan principal de l'objectif et le plan image $'intersectent suivant une même droite. Et, si l’on admet un objectif exempt de distorsion, il faut aussi que l'équation dite des points conjugés soit satisfaite, c’est-à-dire que l’on ait:
p—1) pi) =
La condition de la droite d’intersection et celle des points conjugués sont nécessaires et suffisantes pour que la projection soit correcte et nette. À noter que dans certains appareils de redressement, des appareils (inverseurs) réalisent automatiquement ces conditions pour deux plans quelconques.
b) Projection indirecte. Ici la première condition disparaît ; les plans sont parallèles; avec un objectif identique à celui de la prise de vue on reconstitue le faisceau inverse. Comme, dans ces conditions, la netteté sur l’écran de projection ne pourrait être réalisée qu’à très grande distance, il faut avoir recours à un système optique additionnel. Nous pensons qu’il est intéressant ici de formuler quelques réserves à ce sujet: 1. Non seulement l'objectif de projection mais aussi le système additionnel doivent être exempts de toute distorsion: 2. Le faisceau émergeant de la pupille de l'objectif de prise de vues étant limité, il faut que la pupille d'incidence du système additionnel soit aussi près
1) Voir plus loin : Problème connexe No 1) (Contribution à l'établissement de plans photographiques en terrain accidenté).
Eole
que possible de l'objectif pour que tout ce faisceau soit réfracté sans vignettisation ; 3. Le coefficient d’agrandissement de l’image par rapport à l’objet (cliché) est fonction de la focale du système additionnel. Nous attachant plus particulièrement à l'examen critique de ce dernier point, nous ferons remarquer, — comme c’est d’ailleurs le cas dans l'appareil français à double projection Gallus-Ferber, — que seul un système optique à distance focale variable permet d'opérer la variation du coef- ; ; :
ficient d’agrandissement, et que, d'autre part, le champ de ces systèmes est restreint si l’on veut éliminer toute distorsion. Ce n’est que dans certains cas particuliers que l’on a pu jusqu'ici projeter l’ensemble d’un cliché dans un plan par la méthode indirecte; mais, par contre, il est relativement facile d'effectuer une projection fractionnée (bandes rectilignes par exemple) parce que, à ce moment, on peut se contenter d’un petit angle de champ, la distorsion imputable au système additionnel n'étant plus à craindre.
L'appareil dont il va être question, et dont un examen un peu plus détaillé s’impose, puisque certains points particuliers de cette thèse s’y rapportent, est basé sur la projection directe.