‹ Contribution à l'étude du redressement des clichés aériens et à la résolution de quelques problèmes connexesChapitre 5 sur 30 · À. HISTORIQUE ET DEVELOPPEMENT DE LA PHOTOGRAMMETRIE · texte numérisé non relu

À. HISTORIQUE ET DEVELOPPEMENT DE LA PHOTOGRAMMETRIE

Il paraît opportun de résumer en premier lieu l'historique des études et des travaux, qui, depuis plus d’un siècle, ont assuré, tant en France qu’à l'Etranger, le développement de la Photogrammétrie, science dont les applications actuelles sont considérables et dont l’avenir permet les plus grandes espérances.

Les faits principaux qui furent à la base de l’évolution de la photogrammétrie, sont les suivants : a) Etude systématique des lois de la perspective; b) Invention de la photographie et applications presque immédiates du savant français LAUSSEDAT; c) Naissance de l’aviation; ses progrès pendant la guerre; ses applications comme moyen de transport des appareils de prises de vues aériennes.

L'idée d’appliquer les propriétés des perspectives à la représentation des objets remonte à une époque fort éloignée et certains auteurs rappellent que déjà au 15° siècle des peintres employaient « des artifices mécaniques très simples pour constituer le dessin régulier de leurs tableaux ». Mais il faut se reporter au début du 17° siècle avec DESARGUES et au 18° avec LAMBERT pour voir apparaître les premières études systématiques des lois de la perspective, qu’ensuite des savants tels que PONCE- LET, MONGE, CHASLES et plus récemment M. d'OCAGNE ont poussé très loin en même temp que les techniciens en recherchaient les applications.

Cependant, le véritable point de départ de la science photogrammétrique — ou plus exactement à cette époque de la métrophotographie — se situe vers 1845, quelques années après l’invention de la photographie par NiepcE et DAGUERRE; et c’est un savant français, le Colonel du Génie LAUSSEDAT, qui, appliquant les principes de BEAUTEMPS-BEAUPRE à la chambre claire de Wollaston réalise les premières restitutions de photographies terrestres. Il n’entre pas dans le cadre de ce court historique de décrire, ni même de résumer l’œuvre de LAUSSEDAT, travailleur infatigable et savant malheureusement incompris qui eut à lutter pendant soixante ans, non seulement contre les difficultés inhérentes à toute science nouvelle, mais contre l’inertie des Pouvoirs Publics, contre l’obstruction même de ceux qui auraient dû le soutenir, à tel point qu’en 1871 on supprimait la brigade photo-topographique du lieutenant Java- RY, collaborateur de LAUSSEDAT, en même temps que les Allemands appliquaient ses idées aux sièges de Strasbourg et de Paris. Mais nous

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constaterons cependant que ce grand savant, poursuivant envers et contre tous ses recherches personnelles eut des élèves et des continuateurs parmi lesquels, à côté du lieutenant JAVARY, il convient de noter LEBON, BaATTUuT, LEcROS, WENTZ, GAUTIER, et au début du 20 siècle les frères H. et J. VALLOT (1) ainsi que le capitaine SACONNEY, à qui l’on doit les premiers essais systématiques de photographie aérienne par cerf-volant.

A l'Etranger, l’œuvre de LAUSSEDAT ne tarda pas à s’infiltrer : En Italie avec Porro 1863, en Allemagne avec MEYDENBAUER 1867, en Espagne 1862 avec TERRERO sous l’impulsion de LAUSSEDAT lui-même. Et comme toujours cela se produit en matière scientifique, on vit nos idées se répandre, se diffuser, s’appliquer chez nos voisins, avec une

Photo-tachéorètre d’après H et J Varror.

1) Brillants topographes qui s'illustrèrent parmi leurs re du 1/1000 au 1/20.000, la plupart en haute OLA ERES me ee

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allure qui ne tarda pas à nous laisser assez loin en arrière; on vit apparaître :

En Allemagne : Vocez, KoPpPek, HAUCK, FINSTERWALDER.

Au Canada : DEVILLE.

Aux Etats-Unis : FLEMER.

En Autriche-Hongrie : MAURER, SCHIFFNER, DOLEZAL.

En Italie : MANZIL FERRERO, dont les travaux se développent parallèlement à la science photographique, c’est-à-dire au fur et à mesure que les émulsions, les objectifs et surtout les chambres de prises de vues se perfectionnèrent et devinrent de plus en plus des « outils >» permettant de réaliser sur des plaques des perspectives exactes, au sens géométrique du mot.

Soulignons qu’au Canada, l’œuvre de DEVILLE (ancien officier de la marine française, entré par la suite au service topographique d'Ottawa) eut une importance considérable dans le développement de la photogrammétrie en posant le principe de l’application de la stéréoscopie aux clichés considérés par couples pour le tracé des courbes de niveau (1895), et qu’en Allemagne, le Docteur PULFRICH avec son stéréocomparateur (1901) et son stéréoplanigraphe (1903) lançait définitivement la stéréophotogrammétrie terrestre dans la voie des applications précises.

Voici une citation des savants, ingénieurs ou techniciens divers qui depuis 1900 ont contribué au développement de la photogrammétrie et de la stéréophotogrammeétrie (1) :

France : RoOUZET, SACONNEY, H. et J. VALLOT, CALLOT, CLERC, La- BUISSIERE, VAVON, ROUSSILHE, POIVILLIERS, PREDHUMEAU.

Allemagne : SCHILLING, HAUCK, RITTER, KAMERER, HUGERSHOFF, CRANTZ, ZEISs, HEYDE, ACHENBRENNER, BANNERSFILD, VON GRUBER.

Italie : IorIA, RANZA, TARDIVO, CASSINIS, CLEMENTI, SANTONI, NISTRI.

Autriche-Hongrie : SCHEIMPFLUG, VON OREL.

Hollande : VAN RIEL.

Etats-Unis : FLEINER, BAGLEY.

Russie : THIELLE.

Espagne : TERRERO, GALBIS, MAS x ZUALDA, TORROJA, BADEL.

Angleterre. : Mac CAW, HOTINE, WINTERBOTHAM.

Suisse : BALTENSPERGER, WILD, BERTSCHMANN.

Au début du 20° siècle, le problème de la photographie aérienne commença à passionner certains chercheurs et à intéresser les Pouvoirs Publics. Dès 1900, les Officiers du Génie français utilisèrent le ballon comme moyen de transport de l’appareil de prise de vues (campagne de Chine) et jusqu’en 1914, ils ne cessèrent d’étudier la question. De son côté le capitaine SACONNEY se livra à des expériences absolument remarquables, reconnaisant bien vite les inconvénients des cerfs-volants, ballons, voire même dirigeable et préconisait dès 1908 l'emploi de l’avion. Vint ensuite la Grande Guerre au cours de laquelle on vit progresser parallèlement et d’une façon foudroyante l'aviation et les applications de la photographie aérienne. Il était donc naturel qu’en 1918 on cherchât à utiliser pour des buts de paix, pour des buts de reconstitution

1) H. Roussilhe — Emploi de la photographie àérienne pour les levers topographiques à grandes échelles,

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les résultats obtenus pendant les hostilités. La photogrammétrie en bénéficia; des problèmes nouveaux apparurent; dans tous les pays, chercheurs, constructeurs, usagers se multiplièrent. Et aujourd’hui nous nous trouvons en face d’une véritable industrie qui a des perspectives d’avenir brillantes et presque illimitées.

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