LE DROIT POSITIF
70. L'étude des textes classiques du droit musulman nous a mis en présence des résultats du développement de la doctrine, au cours des siècles qui suivirent l'établissement de l'Islam.
Mais, il ne faut pas l'oublier, les prescriptions du figh n’ont pas, pour la société musulmane, une valeur analogue à celle des lois civiles dans nos civilisations modernes (r). Le droit musulman est très vite devenu extrêmement sévère et rigide. Sans doute, la tradition, de par sa nature même, offrit quelque temps l'avantage d'une certaine souplesse, et favorisa ainsi, dans une certaine mesure, l'adaptation de la loi aux besoins des peuples conquis. Mais cette évolution des Ladits ne dura guère plus de deux ou trois siècles : très vite, l’immobilité se fit dans le droit musulman, et la rigidité même de la loi fit que,dans la pratique, on la tournait assez souvent (2).
(4) Snouck Hurgronje, The Achehnese, IT, p. 271 et suiv.
(2) Les musulmans devaient donc se trouver amenés à détourner les dispositions du figh de leur destination naturelle, Ce danger a été aperçu par certains juristes de lPIslam qui,justement préoccupés
de la finalité des droits et de leur conciliation nécessaire avec les besoins économiques changeants des milieux,ont essayé de faire pré-
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