On rapporte, d'après Abou Horaïra, que l'Envoyé de
Dieu à dit: € Un homme, pendant qu'il marchait, ressen-
(1) On retrouve ce hädits, dans Yahya ibn Adam, p. 74. On \ voit nettement l'homme des Ançâr réclamer justice au Prophète dont il n'a pas compris la décision bienveillante et qu'il accuse d'avoir favorisé al Zobaïr ; devant cette allitude, l'Envoyé de Dieu autorise al Zobaïr à aller jusqu'aux limites extrêmes de son droit d'irrigation,
(2) Cf, supra, p. 28.
EXTRAITS DU ÇAHIÏH D'AL BOKHARI 141
tit une soif très vive. Il descendit dans un puits et y but. Quand il sortit du puits, il vit un chien qui haletait de soif et mangeait de la terre humide: « Cet animal, dit l'homme, se trouve éprouvé comme je l'étais moi-même.» [Il descendit dans le puits|,remplit {d’eau| sa chaussure,et, la Lenant par la bouche, remonta hors du puits, et donna à boire au chien. Son acte fut agréable à Dieu qui lui accorda le pardon de ses péchés. » Et comme on demandait : «€ O Envoyé de Dieu, aurons-nous une récompense [dans l'autre monde} pour [avoir abreuvé] des animaux ?», le Prophète répondit: « Il y aura une récompense pour quiconque aura abreuvé un être animé. »
2. On rapporte, d’après Asmä bent Abou Bekr, que le Prophète, après avoir fait la prière de l’éclipse, dit : « Le feu |de l'Enfer] s’est approché de moi, au point que je me suis écrié : à mon Dieu,suis-je donc avec eux (1) ? » Survint une femme — et je crois, dit Asmà, qu'il ajouta : qu’une chatte égratignait ; — Le Prophète demanda : « Qu'a donc celte femme ? » — On lui répondit : «Elle a enfermé cette chatte et l’a laissée mourir de faim. »
3. ‘Abdallah ibn ‘Omar rapporte que l'Envoyé de Dieu a dit: « Une femme a été punie pour avoir enfermé une chatte et l'avoir laissée mourir de faim : à cause de cela cette femme est allée en enfer. » Etil ajouta : « [Dieu|(2) — et Dieu est plus savant ! — lui a dit : tu ne lui à pas donné
à manger ni à boire, après l'avoir enfermée, et tu ne l'as
(4) Avec les gens de l'Enfer, (2) Ou le Gardien de l’Enfer, dit le commentateur,
1/42 APPENDIÎCE À
pas laissée chercher, pour se nourrir, les insectes de la
terre. »
Commentaire. — L'idée essentielle que Bokhäri a voulu mettre en lumière dans ce chapitre, c'est que le don de l’eau est un acte particulièrement méritoire : il constitue, au plus haut point, une de ces bonnes œuvres à l’aide desquelles l’homme cherche à se concilier la faveur de Dieu, et à se faire pardonner ses fautes. L'eau doit donc être donnée, avec une égale générosité, à tous ceux qui en ont besoin, hommes ou animaux. « Si en effet il a paru méritoire au Prophète d’abreuver les animaux, à plus forte raison est-il louable de donner à boire à ses semblables : c'est une des actions les plus agréables à Dieu (1). »
Le lien qui rattache les trois hadits cités à la rubrique apparaît clairement, sans qu il soit utile d’insister. CHAPITRE X, — Chapitre de celui qui croil que le propriétaire
d’un bassin ou d’une outre a seul droit à {l'usage de] son
cau,.
1. On rapporte que Sahl ibn Sad a dit: « On apporta au Prophète une coupe, et il y but. Or à sa droite se trouvait un jeune homme, le plus jeune de l'assistance, et, à sa gauche, étaient les hommes âgés. L'Envoyé de Dieu dit : « Jeune homme, me permets-tu de donner [la coupe; aux hommes âgés ? — O Envoyé de Dieu répondit le jeune homme, je ne suis pas homme à céder à qui que ce soit la
(1) 'Aïni, VI, 24, 1. 4.
EXTRAITS DÜ ÇGAHÏH D'AL BOKHARI 143 faveur qui doit me revenir par ta main. » Alors le Prophète lui donna la coupe.
>. Abou Horaïra rapporte que le Prophète a dit : « Par celui qui tient mon âme entre ses mains, {je jure que| je repousserai cerlains hommes (1) de mon bassin (2), comme on repousse du bassin une chamelle étrangère au troupeau. »