‹ Contribution a L'etude du Régime des eaux En droit musulmanChapitre 57 sur 82 · On rapporte que Zaïd ibn Khälid a dit: Un homme · texte numérisé non relu

On rapporte que Zaïd ibn Khälid a dit: Un homme

vint trouver l’'Envoyé de Dieu et l’interrogea au sujet des

(1) Dieu a des droits sur « le co! » de l’animal, dont le propriétaire doit payer la zakd (la dîme : chacun a le droit de s’enrichir autant qu’il le peut à la seule condition de payer un impôt (zakà) qui doit servir à venir en aide aux pauvres); Dieu a également des droits « sur Je dos » de l'animal, auquel son propriétaire ne doit pas imposer de trop lourdes charges.

(2) Le Prophète dit ailleurs que l’orgueil est une tentation ordinaire aux possesseurs du cheval qui est un animal de luxe (Lamnens, Fâtima, 82, note 6).

Les hadits s’attardent souvent à enregistrer les dictons du Prophète en l'honneur de la race chevaline. La rarelé de cheval, dans l'Arabie, en avait fait par excellence € un animal noble », — Cf. Lamenens, Félima, p. 82 ets. !

objets trouvés. Le Prophète dit : « Observe attentivement l'enveloppe de l’objetet son cordon ; puis annonce publiquement ta trouvaille pendant un an. Si le propriétaire de l’objet vient [remets-lui l’objet]; sinon, fais-en ce que tu voudras. » L'homme continua : «Et si c’est un mouton égaré? — Il sera pour toi, ou pour ton frère, ou pour le chacal. — Et si c’est un chameau égaré ? — Cela ne te regarde pas ; il a son outre et la plante de ses pieds (1); il ira s'abreuver et manger des plantes jusqu’à ce que son maître le retrouve. »

Commentaire. — Ce chapitre aurait pu logiquement figurer en tête de notre livre : il consacre en effet le droit pour l’homme et pour l’animal de s'abreuver de l'eau des fleuves, qui constitue une res nullius. Nous avons consacré à ce sujet des développements étendus (2), aussi n'y reviendrons-nous pas. Remarquons simplement que les deux hadils qui précèdent, et qui constituent des récits assez longs, sont, dans leur ensemble, tout à fait étrangers à la question qui nous occupe. Conformément à un procédé qui lui est familier (3), Bokhäri n'hésite pas à citer en entier des hadits d'une certaine longueur, même quand ils ne contiennent qu'une petite phrase incidente

se rapportant au sujet. C'est uniquement parce qu'il est

(1) Allusion à l'extrême sobriété du chameau et à la conformation de ses pieds (Qastalläni, IV, p. 234).

(2) CF. supra, pp. 17-33.

(3) Cf. Peltier, Le livre des Testaments du Çahih d'al Bokhäri, et le Livre des ventes.

EXTRAITS DU ÇAHÎH D’AL BOKHARI 149

dit, dans le hadits n° r, que le fait de laisser un cheval s abreuver librement aux cours d'eau, constitue une bonne œuvre à l'actif de son propriétaire, et, dans le hadits n°5 que le chameau à la faculté de se désaltérer aux eaux cou-

rantes, que ces traditions sont rapportées ici.

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