ÉTUDE CLINIQUE
Les troubles observés après une intervention et qui intéresseni la fonction urétérale, se manifestent presque toujours d’une manière identique.
Ils se traduisent par une symptomatologie d'emprunt. |
Schématiquement, on peut distinguer deux formes sous lesquelles ils se présentent :
1° Une forme qui simule la crise d’hydronéphrose intermittente;
29 Une forme pyélo ou pyo-néphritique.
Une période de latence plus ou moins longue précède l'apparition de ces syndromes. Au cours de celle-ci, soit par hasard, soit parce qu’on y a pensé, il arrive qu'on puisse mettre en évidence une lésion urétérale quelconque. C’est qu'on a été amené pour une raison ou pour une autre, à pratiquer un cathétérisme des uretères ou une urétéropyélographie qui seuls peuvent déceler la nature exacte de ces troubles.
Ces lésions post-opératoires de l’uretère : sténose, coudure, déviation ou simple spasme, ne déterminent en effet de signes nets qu'au moment où la compression ou bien la périurétérite qui les déterminent, constituent un obstacle à l'écoulement de l'urine : c'est alors que le bassinet est mis en tension.
S'il n’y a pas d'infection (l’examen des urines.est né-
gatif), on observe des signes d'hydronéphrose intermittente. Si les urines sont infectées, on se trouve en présence de véritables pyélonéphrites, où à un degré plus grave, de pyonéphroses. C’est donc an moment où ces lésions urétérales se compliquent qu’elles déterminent une symptomatologie nette.
I — Forme d’hydronéphrose intermittente.
Elle se caractérise par un "une capital, bien souvent unique, la douleur.
Elle débute, en général, très insidieusement. D’abord sourde, elle occupe la région lombaire, irradiant souvent le long du trajet urétéral.
Par la suite, il se produit des petites crises intermittentes, puis de plus en plus rapprochées et intenses.
Ces crises revêtent le type de Colique néphrétique sans résultat de Turrier. Certains auteurs ont parlé de « Néphralgie » qu’ils décrivent de la manière suivante :
« Cette néphralgie est constituée par une douleur d'apparition brusque extrêmement violente, siégeant dans la région lombaire ou dans la fosse iliaque, sillonnant tout l'abdomen. Elle irradie vers la colonne vertébrale, vers le vagin, quelquefois vers la face antérieure de la cuisse et le membre inférieur. »
Le siège de cette douleur est, en effet, des plus variables, Habituellement il est lombaire. D’autres fois il est nettement dans la fosse iliaque, et la douleur quand elle siège à droite, simule à s’y méprendre une crise d’appendicite.
L'irradiation se fait le long de l’uretère vers l’aine
ner
ou le vagin, quand le siège de la douleur est primitivement lombaire. Quand celle-ci débute dans la fosse iliaque elle irradie au contraire vers la fosse lombaire correspondante, vers la colonne vertébrale et le sacrum. Enfin assez souvent nous avons observé l'irradiation vers la face antérieure de la cuisse, ou même sciatique dont parlent certains auteurs. L'intensité de la douleur est variable elle aussi. Elle peut évoluer avec des paroxysmes parfois très violents.
D’autres fois elle est moins aiguë : c’est alors une dou-.
leur sourde, continue.
Sa durée est souvent courte. Rarement, elle laisse après elle, comme lorsqu'il s’agit d’un calcul, de l’endolorissement lombaire. Une fois la crise terminée, la malade est presque toujours instantanément soulagée. De plus, on n’observe pas de débâcle polyurique, comme on en voit dans certaines hydronéphroses. Cette douleur, nous l'avons dit, est souvent isolée. Mais presqu'aussi souvent elle s'accompagne d’autres symptômes :
Avant tout des signes vésicaux ; de la pollakiurie, de la brûlure aux mictions qui coexistent avec des urines limpides. Leur examen histobactériologique est négatif. Tout au plus, permet-il de mettre en évidence quelques leucocytes, quelques cellules.
Quelquefois on observe une hématurie qui peut d’ailleurs se répéter. Elle serait due à une poussée congestive au niveau du rein.
Ces troubles fonctionnels ont souvent un retentissementsur l'état général de ces femmes. Les auteurs américains insistent sur ce point avec juste raison.
En effet ces malades maigrissent souvent ; elles sont déprimées — neurasthéniques très fréquemment. En