‹ Contribution à l'étude du rôle des microbes du groupe du bacillus subtilis dans l'épuration des eaux d'égouts: Leur action sur les matières azotées et hydrocarbonéesChapitre 19 sur 38 · NS ES · texte numérisé non relu

NS ES

Donc dans le vide, l’acétylméthylcarbinol se concentre dans le liquide résiduel contrairement à ce qui se passe pendant la distillation à la pression atmosphérique.

Ces chiffres indiquent également que l'entraînement de ce produit se fera d'autant mieux que ce dernier sera plus concentré dans la solution,

Mais ils n’indiquent pas si l'extraction peut être complète.

90 cc. d’une culture de subtilis en milieu sucré sont distillés dans le vide à 45-5a° jusqu’à siccité.

Le distillat contient 35 milligrammes d’acétylméthylcarbinol.

J'ajoute un peu d’eau, 10 cc., et je distille à sec. Je mets une seconde fois 19 cc. d’eau et je distille à nouveau. Ces 20 cc. d’eau ont encore entraîné de l’acétylméthylearbinol ; ils en contiennent en effet 7 milligrammes.

La première distillation n’a donc pas donné la totalité de ce produit.

J'ajoute une quatrième fois ro cc. d’eau et je distille dans le vide. Je n’obtiens que des traces d’acétylméthylcarbinol.

Le distillat ne réduit en effet que 1 milligramme 5 de cuivre. J'ai résumé dans le tableau suivant la marche de cette

extraction.

acétylméthylcarbinol Cuivre réduit 0/0 TASD:SIIATION- ANR. CE ET 1 gr. 003 07:91 2eRet 9 dis tIlAtiOnS O0 — 0199 1,99 AD IE OM ENE Oo — 0019 0,19

Une nouvelle distillation n'a plus donné de produit réducteur.

Donc on peut par distillation dans le vide extraire la totalité de l’acétylméthylcarbinol contenue dans la culture mais il faut, pour que l'entraînement soit assez rapide, laver de

nombreuses fois le résidu et chaque fois avec peu d’eau.

Méthode analytique. — Ces notions me permettent d'établir

une méthode analytique.

Je distille dans le vide, sans dépasser une température de - 45°, une quantité exactement mesurée de culture : 50 ce. par exemple. Le résidu est repris par un peu d’eau et si l'extrait en estabondant, j'ajoute quelques boules de verre et j agite fortement de manière à dissoudre tous les produits solubles du résidu. Je distille dans le vide. Je répète cette opération quatre à cinq fois puis je vérifie qu’une nouvelle distillation ne donne plus de produits réducteurs. S'il n'en était pas ainsi je ferais encore quelques lavages. Les distillats sont réunis et amenés à un volume exactement déterminé. Je dose lacétylméthylcarbinol sur une portion aliquote suivant la méthode que j'ai indiquée précédemment.

Cette technique donne des résultats absolument concordants Elle est assez longue mais présente sur les autres un grand avantage : c’est que l'extraction est faite à l'abri de l'oxygène et à une température qui ne dépasse pas 45-50°. Dans ces conditions on a la totalité de l’acétylméthylcarbirol sans risquer de provoquer son altération.

IT

La possession d'une méthode analytique suffisamment précise permet maintenant de rechercher si la présence de l’acétylméthylcarbinol explique les valeurs que j’ai trouvées pour le quotient respiratoire.

Si l’on admet que cet alcool cétonique provient directement

de l'oxydation du glucose, on doit obtenir un rapport . égal à 2.

(A) ŒHPO® + 0? = CAO? + 5 CO? + > H20

CO? ; 4 vol. Fe Donc —- est égal au rapport oi O0? ‘ 2 vol.

Je ne pouvais pas doser l’acétylméthylcarbinol dans les cultures quim'ont servi à faire l’analyse des gaz. J’ai donc ensemencé, en même temps, avec la même culture de Bacillus

sublilis, des bouillons identiques, contenus dans des ballons

LRO ES

de même forme et de même contenance. Ces cultures furent mises ensemble à l’étuve. Les unes me servirent à l'étude des ‘échanges gazeux, les autres me permirent de doser l'acétylméthylcarbinol formé. Les résultats obtenus peuvent donc être rapprochés.

J'indique ci-dessous les chiffres qui se rapportent à 5o cc. de culture.

Acide carbonique

Durée Acétylméthylcarbinol Oxygène absorbé dégagé co? jours mer. ec cc. 02 2 99 147,86 259,46 1,70 6 508 478,69 730,37 1259 12 362 567,09 820,42 1,45

Calculons d’après la formule A les quantités d'oxygène absorbé et d'acide carbonique dégagé pour produire respectivement 99 ; 508 et 362 milligrammes d'acétylméthylcarbinol. Le tableau suivant donne les résultats.

Acide carbonique

Acétylméthylcarbinol Oxygène absorbé dégagé jours mer. cc. cc.

2 99 25 50 6 508 129 257 ne 362 92 183

Ces chiffres montrent que la formation de l'acétylméthylcarbinol n’explique pas à elle seule les échanges gazeux observés. Si l’on retranche de ceux du tableau précédent on obtient les quantités d'oxygène absorbé etles quantités d'acide

carbonique dégagé sous l'influence d’une autre réaction.

Acide carbonique

Oxygène absorbé dégagé Rapport co?

jours ec. CC: O2 2 123 210 1,70 6 390 479 1597 12 479 637 Al

Les valeurs du quotient respiratoire sont encore supérieures

à l’unité. Donc cette autre réaction n'est pas purement et

simplement la combustion du glucose qui exige un rapport COS ARTE Re égal à r.

Par conséquent à côté de la fermentation qui produit l’acétylméthylearbinol, il y en a nécessairement une autre qui donne naissance à un autre corps également plus réduit que le glucose. Un pareil composé n’a jamais été signalé.

D'ailleurs l’expérience que j'ai faite en privant rapidement d'oxygène une culture de B. subtilis me permettait de prévoir ce résultat et de dire en outre que le composé qui doit exister, doit être plus réduit même que l’acétylméthylcarbinol.

En effet dans cet essai le quotient respiratoire était égal à 2,21 ce que ne peut expliquer la formule A.

Page 1