‹ Contribution à l'étude du rôle des microbes du groupe du bacillus subtilis dans l'épuration des eaux d'égouts: Leur action sur les matières azotées et hydrocarbonéesChapitre 28 sur 38 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Utilisation de l'acide lactique par le “ B. subtilis ” et le “ B. lactis arogenes ”

Le B. subtilis et les microbes voisins sont extrêmement sensibles à l'acidité des milieux et pour leur faire oxyder l’acide lactique il faut le leur fournir sous forme de sels neutres. J’ai employé successivement le lactate d'ammoniaque et le lactate de soude, à la concentration de 2 0/0.

J'ai cherché tout d’abord à obtenir des cultures de ces bactéries dans des milieux minéraux où les lactates étaient les seuls composés organiques. Les résultats furent mauvais: on bien le microbe ne poussait pas, ou bien son développement était extrêmement lent et restait très faible. J'ai eu alors recours à un milieu minéral additionné de 0,5 0/0 de peptone de CnaporeauT. Les cultures obtenues furent très belles. Alors que les milieux analogues dépourvues de lactate, donnaient des voiles minces, fragiles, à peine plissés, ceux contenant de l’acide lactique présentaient des voiles épais, très plissés, presque aussi beaux que ceux qui se forment en présence de glucose.

Cette première observation qu'ilest facile de faire soit avec du lactate d’ammoniaque, soit même avec du lactate de sodium qui n'apporte pas un aliment azoté supplémentaire, prouve nettement que l'acide lactique est utilisé par le B. sublilis. Le

B. mesentericus ruber et quelques autres bactéries du même groupe me donnèrent des résultats analogues.

Mais cette constatation est trop vague et pour préciser en quelle mesure et surtout d’après quel processus l’acide lactique peut être assimilé par ces organismes, j'ai étudié les échanges gazeux en cultures faites en présence de lactate.

La technique expérimentale et les méthodes analytiques furent analogues à celles que j’ai employé pour étudier la respiration du PB. subtilis en milieu sucré.

Chaque flacon contient 50 cc. de bouillon minéral peptoné additionné de 2 grammes de lactate d’ammoniaque par 100 cc. Ce bouillon est ensemencé avec le 2. subtilis et mis à l’étuve à 30°, Le

tableau suivant donne les résultats obtenus.

I IT Age de la culture jours 3 8 Volume d’air ce. 3.167,00 3.707,09 : N — 2 O9 TS 2,002,73 Composition ls de absolue CT Ho Pr 00 ; L (DEC 141,25 427,53 Volume initial — 9-271,02 3.700,28 De ces données on tire les résultats suivants : ‘02 Durée Oxygène absorbé Acide carbonique dégagé Rapport Re Jours CC: cer à 185,87 EAU 0,76 8 470,16 L27,33 0,91

A côté de ces résultats je rappellerai les essais faits dans les mêmes conditions, avec le même milieu mais sans lactate et avec ou sans sucre.

Expérience sans sucre :

Durée Oxygène absorbé Acide carbonique dégagé Rapport = Le Y: v

> jours CL CG:

Expériences avec saccharose :

; ! 2 Durée Oxygène absorbé Acide carbonique dégagé Rapport nee

; DE Jours CC. CC.

Ces résultats montrent tout d'abord que l'acide lactique est bien un aliment puisque sa présence a augmenté beaucoup les échanges gazeux. Mais cependant il est moins facilement attaqué que le glucose : le B. subtilis absorbe en effet plus d'oxygène en milieu sucré qu'en milieu avec lactate. Donc l'acide lactique est assimilable par ce microbe, mais résiste plus à son action que le saccharose : il est plus stable. Cela est en accord avec ce fait que le B. subtilis ne pousse pas bien dans un milieu minéral où l’acide lactique est le seul aliment carboné.

D'autre part la nature des échanges gazeux est tout autre que celle que nous avons constaté dans les milieux sucrés. La quantité d'oxygène absorbé est toujours supérieure à celle qui est dégagée sous forme d'acide carbonique. Le rapport

reste toujours inférieur à l'unité. Or le quotient respira-

O2 toire dans la combustion complète de l'acide lactique est égal Bt le C#HfO® + 30° — 3C0? + 3H°0 es te ou Tes LE

La valeur du quotient respiratoire dans la combustion de l'acide lactique par le B. subtilis peut s'expliquer en partie par une combustion partielle de la peptone. Mais cela ne peut suffire et il faut qu'il y ait formation d'un produit plus oxydé que l'acide lactique ou ce qui revient au même plus oxydé que le glucose. Donc, tandis que dans l'oxydation au saccharose, l'étude des échanges gazeux permettait de mettre en évidence deux stades; un de fermentation, l’autre de combustion, on ne peut voir dans le cas de l’acide lactique par cette

méthode qu'un phénomène de combusuon.

Pour expliquer ce fait deux hypothèses sont admissibles :

1° L'acide lactique est brûlé sans qu'il y ait fermentation préalable. C’est la combustion directe avec production d'un produit plus oxydé autre que l'acide carbonique ;

20 L'acide lactique subit une fermentalion, mais par suite de la stabilité de cet acide, la fermentation est lente et ses produits sont oxydés au fur et à mesure de leur formation ce qui explique l'intensité des phénomènes d’oxydation et la

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