‹ Contribution à l'étude du rythme urinaire chez les hépatiquesChapitre 12 sur 23 · INTERPRÉTATION OÙ PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DU SYMPTOME · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION OÙ PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE DU SYMPTOME

L'examen de la courbe urinaire des hépatiques, en particulier des cirrhotiques, fait sauter aux yeux l'existence des deux symptômes qui, quoique essentiellement différents, sont liés l’un à l’autre par tant de points communs : l’anisurie et l’isurie. La constatation en est donc facile, mais il en est autrement de l'interprétation physiologico-pathologique.

Les deux auteurs qui ont découvert ces symptômes et les ont mis par leurs travaux à la place importante qu'ils doivent occuper dans la clinique, ont émis une théorie fort claire et basée sur un grand nombre de points admis aujourd’hui sans discussion. Nous ne pouvons mieux faire que de les suivre pas à pas dans le développement de cette théorie magis trale et pleine d'intérêt.

L'on sait, disent-ils, que le foie malade réagit sur le rein avec une extrême fréquence et cela par un double processus : soit par insuffisance en laissant aux agents toximicrobiens toute liberté d’aller léser la cel-

lule rénale, soit mécaniquement en provoquant des troubles de la circulation dans le domaine de la veine porte avec modifications secondaires au niveau

du rein.

Il ne peut y avoir de doute sur l'existence des dégéné-

rescences rénales d'origine hépatique et d’ordre toxiinfectieux. MM. Gilbert et Lereboullet ont publié en 1900 la néphrite d’origine biliaire (1). MM. Chauffard et Castaigne suggèrent un mécanisme identique pour les intermittences dans l'élimination du bleu de méthylène, intermittences constatées par eux dans certains états hépatiques, en particulier l’ictère infectieux (2). MM. Gilbert et Lippmann ne croient pas que de semblables éléments puissent appartenir à la pathogénie de l’anisurie et de l’isurie. Mais ils inclinent à penser que ces troubles, qui sont surtout des troubles de l’élimination aqueuse, pourraient bien relever pour une large part d’une origine mécanique et circulatoire :

« L'évolution du processus cirrhotique réalise en effet, petit à petit, au niveau du foie, une véritable écluse pathologique interposée sur le courant sanguin porto-cave. À mesure que les lésions se prononcent, le barrage hépatique s’accentue et consécutivement apparaissent, d’une part de la stase, puis de l'hypertension portale, d'autre part de l'insuffisance

1. Gilbert et Lereboullet, La Néphrite biliaire (Société médicale des Hôpitaux, 1900).

2. Chauffard et Castaigne, Journal de Physiologie et de Patholog'ie générales, maï 1899.

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