‹ Contribution à l'étude du sarcome de la parotide (sarcome pur)Chapitre 6 sur 13 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Les symptômes du sarcome parotidien doivent être distingués en symptômes physiques et symptômes fonctionnels.

Du play dit : « Suivant que l’affection a son point de départ dans les grains glanduleux superficiels, ou dans le centre même de la glande, on observe une petite tumeur mobile sous la peau et sur les parties profondes, ou bien une tuméfaction mal circonscrite, profonde, peu mobile ».

« A cette période, les douleurs sont nulles et le malade iVest frappé que de la légère difformité. La tumeur grossit très lentement, elle met des semaines, des mois et même des années à acquérir le volume d une noix ou d’un œuf de pigeon. Chez les femmes, au moment de la menstruation et surtout pendant la grossesse, elle est soumise à des poussées qui la font légèrement augmenter de volume. »

Nous rapportons ce passage parce que toutes nos observations le confirment pleinement.

Le volume de la tumeur peut acquérir des proportions considérables. Si nous examinons les faits que nous avons recueillis, nous voyons que dans un cas (obs. XVII) le néoplasme a, quand le malade vient consulter le chirurgien, le volume d’un marron, c’est là une exception ,

dans la plupart des cas, les malades réclament l’intervention quand la tumeur a acquis les dimensions du poing (obs. VI, VII^ XI, XIV), d’un œuf de poule (obs. XIII, XIX), ou même des dimensions plus considérables encore, celle d’une tête de fœtus à terme, (obs. III), d’une noix de coco (obs. XXI). En résumé, les sarcomes de la parotide sont des tumeurs qui atteignent de grosses proportions.

Quant à la forme elle est le plus souvent ovalaire, à grand axe vertical, parfois arrondie; elle défie quelquefois toute description, quand elle a acquis un volume énorme.

La peau dans les sarcomes purs est le plus souvent normale, mobile sur la tumeur, d’autres fois distendue (obs. III, VII) sans perdre sa mobilité. Parfois elle présente encore sans adhérer, une vascularisation insolite, surtout veineuse (obs. I, XII). Ce n’est qu’à une période avancée de la maladie qu’elle devient adhérente à la tumeur (obs. I, XI), qu’elle s’ulcère (obs. VI, XV).

Dans les sarcomes mélaniques la peau est souvent adhérente (obs. XXIII, XXIV), on y trouve quelquefois des taches noirâtres (obs. XXIV, XXVII), qui peuvent faire soupçonner la nature du néoplasme.

Les sarcomes purs de la parotide se présentent souvent avec des bosselures, d’autres fois, ils sont lisses à leur surface, comme dans les observations V,XVII. La consistance est très variable; elle est tantôt dure partout (obs. II, III, VII, XIII, XVII), d’autres fois inégale; dure en un point ; on sent de la fluctuation dans un autre. On peut même à côté de points assez durs, assez limités,

reconnaître la présence de kystes volumineux; c’est le propre du cysto 'Sarcome (obs. XXII).

La mobilité de la tumeur, sur les parties profondes, est un caractère très important des sarcomes purs de la parotide.

Dans l’immense majorité des cas, même si la tumeur a envahi toute la glande, elle conserve un certain degré de mobilité, quelquefois cependant elle est immobile (obs. XVII, obs. VI).

On comprend facilement qu’une tumeur d’un petit volume, soit fixée, si elle est enclavée dans la loge parotidienne. Dans le cas de tumeurs très volumineuses, il y a toujours de la mobilité, la partie qui fail hernie en dehors de la loge de la glande peut toujours être soulevée en différents sens.

La mobilité parfaite est surtout un caractère du début. Il semble qu'on ait sous le doigt explorateur, quand la tumeur est encore petite, un ganglion qui fuit sous la main, mais ce caractère appartient aussi bien aux adénomes, aux fibromes qu’aux sarcomes qui commencent à se développer.

Dans le sarcome mélanique, nous voyons que la tumeur peut être mobile sur les parties profondes (obs. XXIII), peu mobile (obs. XXV), complètement immobile (obs. XXVI). La mobilité de la tumeur difière selon l’attitude que l’on donne à la tête. Si on fait contracter le sterno-mastoïdien du côté de la tumeur, on peut constater qu’une tumeur très mobile le devient à un degré moindre lors de cette contraction. « Ce fait s’explique facilement, si on songe que l’aponévrose qui ferme en dehors

la loge parotidienne se continue avec la gaine fibreuse qui enveloppe le muscle et que cette gaine adhère ellemême aux fibres musculaires. Ces deux plans fibreuxsont ainsi solidaires et se tendent à mesure que le muscle se contracte, puisque la tumeur est moins mobile à ce moment, c^est qu’elle est bridée par l’aponévrose » (Gaz. hop,, 22 oct. 1885, Tillaux).

Il est rare que les muscles voisins soient déplacés par les tumeurs-parotidiennes, ils peuvent dans quelques cas encore plus rares, il est vrai , être envahis par le néoplasme, comme nous l’avons déjà vu à propos de fanatomie pathologique.

Nous n’avons pas trouvé dans une^eule de nos observations de symptômes de compression des gros vaisseaux du paquet vasculo-nerveux du cou.

Un fait à signaler et qui est un bon signe distinctif entre le cancer et le sarcome est le suivant : le pavillon de foreille est envahi, surtoutdans le squirrhe; au contraire, dans le sarcome la peau du lobule peut être distendue par la tumeur, d’où une certaine fixité de ce lobule, mais il n’y a pas envahissement proprement dit.

Les signes fonctionnels sont presque tous négatifs.

Les douleurs sont rares dans le sarcome de la parotide. Il n’y en a pas dans nos observations (I, II, III, IV, XIII, XVII); quelquefois les malades accusent une tension gênante au niveau de la tumeur (obs. III); d’autres fois cependant ils souffrent. Le malade de Inobservation VI accuse des douleurs assez vives. Mais il est à remarquer que ces douleurs ne se manifestent souvent qu’à une période assez avancée de la maladie. On peut cependant en obser-

ver dès le début^obs. XV), encore est-il qu'il s’agit ici d’un homme jeune (24 ans), atteint d’un sarcome à marche très rapide, puisqu’au bout de quatre mois il y avait ulcération de la peau Nous voyons aussi dans l’observation XV, où il sfogit d’un sarcome mélanique, le malade tourmenté pardesdouleursatroces qui décident le chirurgien à intervenir.

La paralysie faciale , si fréquente dans les tumeurs malignes ne s’observe presque jamais dans le sarcome pur, sans pigment. Nous n’en trouvons qu’un seul cas (obs. XV) ; dans le sarcome mélanique au con- ' traire, elle est beaucoup plus fréquente, puisque sur cinq faits, nous la trouvons deux lois expressément notée.

Nous n’avons jamais dans notre pratique rencontré de troubles salivaires, aucun des faits que nous rapportons n’en fait mention.

J o us trouvons dans quelques cas clés troubles de la mastication et de la déglutition . Dans l’obs. III et l’obs. IV il est dit que la mastication et la déglutition sont difficiles.

Les troubles de V audition sont également rares dans le sarcome pur de la parotide. Iis peuvent du reste se présenter dans des conditions biendifférenles.

Parfois le volume de la tumeur est tel qu’il y a refoulement, oblitération par le produit néoplasique du conduit auditif externe. D’où surdité plus ou moins accentuée.

Dans d’autres circonstances (obs. XXVI, sarcome mélanique) le rocher était envahi, l’aqueduc de Fallope avait servi de voie d’envahissement au néoplasme, la

surdité s’explique donc facilement par la compression ou la destruction du nerf de la 8e paire.

D’autres fois enfin il v a des bourdonnements, des sifflements d’oreilles, sans qu’il soit possible de donner une interprétation satisfaisante de ces symptômes gênants.

A une période avancée de l’évolution des sarcomes purs de la parotide, il peut y avoir ulcération de la peau.

Celle-ci, dit Duplay : ce s’ulcère par un mécanisne spécial et diffère complètement comme aspect des ulcérations du cancer.

La peau distendue et comprimée par la tumeur se mortifie dans une étendue très variable parce que sa circulation se trouve suspendue.. Les bords de l’ulcération sont alors à larges (estons et n’adhèrent pas à la tumeur, au fond de la plaie on observe des lobules rosés, qui ne saignent pas facilement comme la granulation du cancer et ne sécrète pas un ichor fétide. »

Si ce mécanisme est le vrai dans la plupart des cas de sarcome parotidien, il n’en est pas toujours ainsi. Nous avons déjà montré quhl y avait quelquefois adhérence de la peau au néoplasme. Dans ce cas la peau fait partie intégrante de la fumeur. Les bords de l’ulcération au lieu d^être décollés bourgeonnent comme le reste de la tumeur avec laquelle ils font corps.

Dans les sarcomes purs, comme nous l’avons déjà dit, à propos de l’anatomie pathologique, il est excessivement rare que les ganglions soient envahis. Toutefois, dans un cas qui fait le sujet de l’observation VII, deux ganglions sont sarcomateux, et nous savons aussi que dans le sar-

corne mélanique,, deux fois sur cinq, les ganglions étaient dégénérés. Il est bien entendu qu’on retrouve dans les ganglions les mêmes éléments que ceux qui caractérisent le néoplasme parotidien.

L'état général reste bon dans le sarcome de la parotide. Ce n’est que dans le cas de généralisation qu’il s’altère, encore faut-il ajouter de généralisation viscérale. Nous rapportons à ce sujet un fait des plus probants (obs. XVII, Luther Holden). Le malade présente sur plusieurs segments des membres, des sarcomes qui acquièrent pour quelques-uns au moins un gros volume, l’état général reste bon, ce n^estque quand les ganglions pelviens sont envahis, ce qui se traduit par une constipation opiniâtre, que le malade meurt au milieu des plus grandes souffrances.

Il ne faudrait pas croire toutefois que les malades ont un aspect florissant quand ils viennent consulter le chirurgien. Thiriar note expressément dans son observation (XXVI de la thèse), l’aspect cachectique du malade atteint de sarcome mélanique et qui venait réclamer ses

soins.

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